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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:41

Oh ! Bien sûr pas physiquement, mais elles tuent la confiance, la sérénité, elles fragilisent, elles peuvent tuer psychiquement au moment où on aurait le plus besoin d’être encouragé(e), réconforté(e)

Alors, si ces phrases sont prononcées en votre présence, bouchez-vous les oreilles, bouchez les oreilles de votre chérie, de votre bébé et si malgré tout elles vous ont atteint(e), vite, oubliez-les, remplacez les par des phrases positives !

« Madame, vous faites un FAUX travail ! Rentrez chez vous, Revenez quand ça sera le moment !. ».. ???

et là, vous êtes découragé(e)s, vous n’y croyez plus, vous avez si mal, vous pensiez bien que c’était ça et vous êtes perdu(e)s, ne sachant pas quand…ce sera le moment…

Mais non, ce n’est pas un faux travail, vous n’êtes pas faussaire et vous sentez bien les choses ! Au pire, appelons cela un Pré –travail, un travail d’échauffement mais le plus souvent , c’est le moteur qui chauffe avant de s’élancer ! Bon sang, celles et ceux qui parlent de faux travail n’ont-ils jamais vu les chevaux ou les chiens qui piaffent avant qu’on relève la barrière ? N’ont-ils jamais pris l’avion quand, au départ de la piste d’envol tous les moteurs vrombissent avant qu’il s’élance et décolle ?

Et surtout, gardez votre confiance en vous, en votre ressenti et ne laissez personne le mettre en doute !

« Vous n’avez plus beaucoup de temps pour vous décider à prendre la péridurale, après, il sera TROP TARD ! » !!!

ça veut dire que vous attaquez le dernier sprint, que vous avez été fantastique(s) jusque-là que vous avez la puissance et la force d’aller jusqu’au bout là où le sentiment qui dominera sera un mélange de force et de fierté et il vous accompagnera par la suite!...Ne laissez personne ni rien entamer cette puissance et cette force eni donner un coup de frein à votre exploit et stopper en pleine course l’élan de votre bébé qui, lui, était près de l’arrivée et ne comprend pas pourquoi on suspend son effort…quitte à après aller le chercher avec des instruments !...

il y a encore :

« Menace d’accouchement prématuré » qui va être tellement menaçant que cela va faire vivre ( ?) la femme, le reste de sa grossesse, quasi clouée au lit, en tâtant son ventre d’un air inquiet, le sentant prêt à quelque traitrise et en oubliant de rester dans la tendresse avec son bébé qui lui, dans la plupart des cas, va y regarder à deux fois avant de chercher à quitter ce nid tendre et accueillant…

« en poussant comme ça, vous n’allez jamais y arriver ! » « on ne vous a pas appris à pousser ? » Ben non, sans doute pas…la nature, l’instinct, des centaines de générations avant nous nous montrent l’exemple et vous saurez faire et vous saurez guider votre bébé car un bébé bien accompagné cherche à naitre et se fait naitre ! Pourquoi distendre ce lien au risque de le rompre à ce moment précis et précieux ?

« il tête depuis trop longtemps » « vous n’aurez pas assez de lait »… »on va lui donner un complément » ! Quoi ! Pas assez de lait ? de colostrum plus exactement, pour remplir l’estomac d’un nouveau-né qui a la taille d’une noisette (l’estomac ! pas le nouveau-né !!!) pourquoi introduire le doute sur vos capacités d’allaiter, vous faire oublier que nous sommes des mammifères, que la nature sait guider la mère à pourvoir aux besoins de son petit de quelque espèce animale soit-elle…et nous, les humains, soit disant « supérieurs » serions bien inférieurs dans ces cas-là ?æ

et la liste pourrait s’allonger !

Tiens, si on cherchait tous les commentaires « toxiques » que vous avez pu entendre…

Mais aussi tous les commentaires positifs, encourageants qui vous ont redonné des forces ?

Alors, à vos plumes ou plutôt à vos claviers !

J’en profite pour préciser que tous les commentaires sont modérés avant d’être publiés et les commentaires farfelus, venant de gens que je ne connais pas ou pour faire de la pub sont directement supprimés.

Tous les autres sont les bienvenus !

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Published by irene.marraine - dans Humanité
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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 13:04

Je vous transmets le formidable et très émouvant récit de Mélanie...

ainsi que le lien vers son blog, très fort lui aussi tendre et pétri de spiritualité pour parler à nos âmes...Cela fait du bien de nous sentir tous relié(e)s à la Vie, à l'Amour et de pouvoir entrer en résonance ensemble...

https://tapantarei.org/

Deux mots qui résument ce récit: FORCE et FIERTE

Histoire d’une (re) naissance

C’était il y a un an. Je ne dirais pas que le temps passe vite, car pour moi, il passe, il est là, immuable, ce sont plutôt les choses qui évoluent. Et j’aime être dans la danse de cette vie, qui devient de plus en plus belle, intense, authentique et pleine de sens.

Et cette vie a pris une tournure importante il y a un an, lors de la métamorphose pour une naissance, celle de ma fille, et celle d’une nouvelle version de moi-même, sortie de sa chrysalide. Une version de moi à la fois plus forte et à la fois plus pure, manifestant de plus en plus qui je Suis, qui je redécouvre au fil de mon cheminement. Et l’aventure, la danse de l’enfantement et de la mise au monde de ma fille aura eu cet impact fort en moi-même. Il m’a été demandé de symboliser en deux mots avec du recul comment je me représente cet enfantement. Il m’est venu spontanément Force et Fierté.

De la Force car dépasser mes peurs profondes et les douleurs importantes a été un réel challenge, préparé pendant toute la grossesse avec un travail sur moi, et vécu avec intensité le jour J. J’ai été amenée à puiser en moi toute la force, la foi, la détermination pour dépasser la douleur, les émotions, et garder un calme et sang froid remarqués, pour rester quoi qu’il arrivait dans le moment présent, en intense connexion avec mon corps et cet enfant sur le chemin. En ces instants il n’y avait plus de théorie, de lectures, de rêveries, de pauses contrôlées, mais seulement une confrontation intense et directe avec la Vie incarnée, dense et charnelle qui exécute son ballet pour accueillir un nouvel Être sur cette Terre. Un face à face avec la Vie, la Mort, l’éphémère et l’infini, qui déroute, qui intériorise, qui ancre comme jamais l’ëtre infini dans son corps de matière. Et là, le souffle, les sons, les mouvements, les visualisations, outils magiques invités par l’inspiration, les guidances subtiles, ou les souhaits du corps, ont été d’une grande aide. Oui la Force, car j’ai autant appris par l’expérience inévitable à me dépasser et puiser en moi des ressources, une force de Lionne pour la Vie qui ne s’expriment pas tous les jours, qu’à écouter avec respect et entièreté les signaux de mon corps, de mon âme, Être tout entier, et de cet enfant. Cette force, je sais qu’elle est là en moi, prête à être sortie autant pour déplacer des montagnes, qu’à oser être et assumer qui je suis sans limitations, à oser me battre pour ce en quoi je crois, pour le respect de la Vie et du vivant, de nos libertés. Cette force m’a permis de puiser en moi l’énergie pour affronter des premières semaines très difficiles, avec beaucoup de pleurs, de cris de mon enfant, de doutes, détresse et fatigue intenses, et réussir à dépasser cette situation, retrouver la foi et la paix en moi, et accueillir l’aide, l’intuition, des solutions, en étant en connexion avec moi-même, mes guidances, mon enfant.

Cette force me nourrit également quotidiennement pour créer ma vie en cohérence avec qui je suis, mes valeurs et aspirations profondes et premières. Cette force me donne des ailes pour réussir à vivre cette nouvelle vie, où un élan en moi intense me pousse sans concession à ajuster l’intérieur avec l’extérieur, pour une vie authentique et sublimée.

Et quant à la Fierté, un mot qui sonne mal, que j’ai dû assumer pour oser l’exprimer, et dépasser une réticence polie à le dire, car oui, une part de moi n’ose pas l’avouer, oh que cela fait prétentieux d’être fier. Pourtant cette fierté est salutaire, elle est là, présente, belle et noble. Elle guérit aussi une part de moi qui en a toujours manqué, de confiance en soi, plutôt que de fierté. Nuances des mots, c’est bien de cela qu’il s’agit, une confiance en soi regonflée, par une nouvelle image de soi plus forte et assumée, ayant incarnée dans chaque cellule et souffle ses convictions et aspirations. Sans aucun jugement pour le parcours des autres, je parle bien ici de mon propre regard sur mon histoire. Et je me dois d’oser dire que j’éprouve cette fierté toute simple et forte d’avoir réussi à accomplir mon souhait si cher, de donner la vie à ma fille le plus naturellement possible, dans l’amour, dans l’intensité, dans la connexion et la pleine conscience. Je suis fière d’avoir réussi malgré les difficultés, doutes, peurs, douleurs. Et cette fierté, cette confiance en moi me permet de me sentir plus forte intérieurement, une montagne de soleil et de confiance. Elle améliore l’image que j’ai de moi même pour me donner encore plus d’amour et d’estime.

Je suis également heureuse et immensément reconnaissante d’avoir pu vivre la naissance ainsi, sans problèmes pour ma fille ou moi, et qu’elle m’ait autant transformée intérieurement. C’était mon souhait profond, de vivre cette expérience comme une transformation profonde.

Toute ma gratitude va encore à tous ceux qui nous ont accompagné, et surtout cette formidable équipe que nous avons constituée avec mon compagnon et cette âme naissante. Grâce à l’haptonomie, nous avons noué pendant la grossesse une forte relation physique et subtile tous les trois, créant un cocon de confiance et de soutien, une bulle d’amour autour de nous et de ce cheminement ensemble. Ces liens, cette écoute et connexion ont été le fil rouge de cette aventure de l’enfantement, au cœur de l’action, en toute discrétion et intensité. Une connexion présente. Merci. C’était Beau et Intense. La Vie dans toute sa fougue et intensité. Immense gratitude dans mon coeur d’avoir vécu cela.

Un grand Merci à Mélanie pour ce subtil et très beau témoignage

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 11:44

En ce moment, des communiqués, des articles de syndicats de gynéco

(gynéco "médicaux"= de ville, c'est-à dire non spécialisés pour la grossesse et l'accouchement ou gynéco -Obstétriciens = spécialisés pour la grossesse et l'accouchement et leurs ...pathologies! Je précise cela car peu de femmes font la différence quand elles disent qu'elles sont suivies par un "gynéco")...

Donc articles et communiqués se déchainent actuellement, contre les sages-femmes, ignorant ou niant leurs compétences, souvent injurieux et plein d'erreurs, surtout soucieux d'assurer leur territoire, leurs pouvoirs et parfois aussi entrainant mépris envers les femmes (voir articles sur les arrêts de travail pour une IVG, sur les épisio etc)

L'Association Nationale des Sages Femmes Libérales ANSFL vient de répondre et je vous communique l'article

Je vous le communique d'autant plus facilement que, s'il est bien dit que les sages-femmes assurent, sont capables d'assurer le suivi gynécologique physiologique d'une femme (de sa puberté à la fin de sa vie!) le suivi physiologique d'une grossesse et d'un accouchement, elles sont tout aussi compétentes pour détecter le moindre signe d'une pathologie et d'adresser leurs patientes à qui pourra la traiter...

Les gynécos eux, sont donc à même de "traiter" des pathologies...On ne leur demande pas d'en CREER! Ni physiques, ni psychiques Si j'écris cela, c'est parce que je suis très en colère devant les dégâts que vient de subir une femme (et même un couple et aussi le bébé) lors de l'accouchement par un gynéco pour qui ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre de témoignage.Cette femme, ce couple, ce bébé vont sans doute mettre longtemps à en "guérir" au prix de: consultations (une heure et demie) avec une sage-femme à domicile, une sage-femme 'hapto, un psy, un ostéopathe etc... et de reconstruction fort douloureuse.

Il existe une page sur les réseaux sociaux "Stop aux violences obstétricales" que je lis parfois, mais pas trop souvent, tant les témoignages sont souvent effarants jusqu'à sembler exagérer mais quand je les reçois directement, je me dis qu'il est vraiment urgent d'agir.

Disons aussi que dans le cas que j'évoque, la relation avec l'équipe (sage-femme, auxiliaire) était super bonne et positive jusqu'à l'entrée "gynéco" (où l'équipe s'est "éteinte" selon les mots des parents) et que dès le séjour en suites de couche, sage-femme, pédiatre etc ont entouré le mieux possible le couple et le bébé... Il y a donc des particularités personnelles qui viennent se rajouter (ou diminuer??) les prises de positions corporatistes de certains ? ? mais faire un métier de "soin" (cela concerne aussi les métiers d'éducation etc, tout métier impliquant une relation humaine et comportant une dimension d'empathie!, mais tout métier aussi où le risque de prise de pouvoir est grand, où le choix -inconscient sans doute- de ce métier était pour soigner ses propres blessures, ce qui est une position perverse et non-constructive) en n'y cherchant que la prise de pouvoir , au risque d'être très destructeur et sans être assuré de soigner ses propres problèmes, pose questions! Peut-être faudrait-il envisager une reconversion? dans la mécanique auto? les courses automobiles?

voici le texte annoncé

Mais de quoi les gynécologues ont-ils peur ?

Les associations et syndicats de gynécologues viennent de signer une charge féroce contre les
sages-femmes et les dernières mesures mises en œuvre par la Loi de modernisation du système de
santé.

L’Association Nationale des Sages-Femmes libérales salue l'initiative d’un gouvernement qui a su
se mettre à l’écoute des femmes et leur permettre un meilleur accès aux soins.

La réaction de nos confrères et consœurs gynécologues relève d’un corporatisme d’un autre âge.
Si le domaine d'élection des sages-femmes est bien celui de la physiologie et de la prévention, elles
sont également compétentes dans le dépistage de la pathologie. Les patientes sont alors
réorientées vers un médecin, généraliste ou spécialiste.

Rappelons à nos confrères gynécologues que les sages-femmes sont responsables de leurs actes.
Aucun médecin n’a jamais été condamné à la place d’une sage-femme !

Lors du congrès international des sages-femmes à Prague en juin 2014, le représentant de la
Fédération internationale des gynéco-obstétriciens a évoqué l’exemple de la Suède, pays où les
politiques ont choisi de confier la périnatalité aux sages-femmes. Il a rappelé que la Suède est au
4ème rang mondial du risque fœto-maternel : « Ce choix n’a pas été fait parce qu’il est le plus
économique, mais parce qu’il est le meilleur ».

Nos professions ont chacune leur spécificité mais elles doivent œuvrer ensemble pour la santé des
femmes.
Les représentants des gynécologues français sauront-ils un jour oublier les querelles de territoires
pour se concentrer sur un essentiel qui devrait être commun : la qualité de nos prises en charge ?

CdP Gynéco 29 06 2016

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 22:27

deux réflexions à partir de la présentation faite: Catherine est, bien sûr, la fille de Françoise mais aussi, tout autant, de Boris Dolto, kiné réputé, fondateur d'une école de kiné... elle revendique cette double filiation!... et puis parler de parents et de leur "foetus" quand on sait, surtout en hapto que c'est déjà un bébé, une personne à part entière!... cette émission, je la regarde souvent avec les couples que j'accompagne pour une deuxième grossesse et cela permet de bons échanges...enfin, maintenant, je préfère regarder et échanger avec eux autour de la réunion faite chez nous par catherine Dolto! En bref, l'hapto, c'est super!

https://www.youtube.com/watch?v=RrDkovbuWjM&feature=share

oui, tout le monde peut regarder cette conférence même pour une première grossesse et ça donnera l'occasion d'échanger ensemble à ce sujet

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 20:55

Cet article parait peut-être bizarre sur un blog qui parle surtout de naissance, mais toute prise de position qui méconnait, méprise les femmes dans leurs corps dans leurs choix me révolte

Le désir d'enfant et le non-désir d'enfant se rejoignent souvent et les souffrances engendrées par l'un ou par l'autre, souffrances psychiques ou physiques se ressemblent

Que LA secrétaire (=Femme!!!) du Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens parle comme elle l'a fait d'éventuels arrêts de travail inconsidérés et abusifs (surtout prescrits par une sage-femme!!!) pour une IVG (médicamenteuse (mais qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale, "en ville " comme elle le dit ou aux champs? ne change rien au vécu des femmes) est révoltant et ses propos n'affichent que son mépris pour elles et la couverture pseudo-féministe" qu'elle veut en donner ("si les femmes veulent être égales aux hommes, elles ne doivent pas prendre d'arrêt"!!!) n'en est que plus scandaleuse!

Rappelons que c'est ce même syndicat qui s'oppose aux Maisons de Naissance, aux accouchements à domicile et...à la place des sages-femmes

De plus, des gynéco (femmes) aussi méprisantes et nuisibles que celle-ci j'en ai rencontré d'autres et un couple m'a raconté dernièrement le douloureux vécu d'accouchement qu'ils avaient eu avec une gynéco du même genre!

A l'heure de la disparition de Benoite Groult, une Grande Dame, une vraie Féministe, on mesure tout le chemin qu'il nous reste à parcourir

Pour l'affaire qui suscite ma colère ce soir, à nouveau, consultez:

http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2016/06/20/de-la-misogynie-du-syndicat-des-gynecologues-et-obstetriciens-de-france/

mais aussi les blogs de Baptiste Beaulieu, Martin Winckler et toutes les voix qui se sont élevées contre ces propos et le "rattrapage" du Syndicat n'a pas rattrapé grand chose

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 16:48

Il n'y a pas qu'aux Bleuets que la liberté du choix d'accoucher est remise en cause!

Le Conseil de l'Ordre, le "Corps Médical" se chargent d'imposer leurs diktats aux femmes, aux couples...

La discussion qui a eu lieu après la projection du film "Entre leurs mains" a bien montré combien il était essentiel de s'écouter, d'échanger les points de vue, d'expliquer, de comprendre...La discussion s'est longtemps prolongée dehors quand nous avons dû rendre la salle et la demande apparaissait de la nécessité d'avoir d'autres occasions comme celle-ci

Un nouvel article de "Marie Accouche là" met une nouvelle fois le doigt sur les dysfonctionnements les préjugés du "pouvoir"

Marie accouche là

Ordre des sages-femmes : le règne du catastrophisme, de l’ignorance et du sexisme

Posted: 07 Jun 2016 03:16 AM PDT

J’ai longtemps cru que la médecine était une discipline scientifique. Vu l’importance des sciences et des mathématiques dans les études des futurs médecins, j’ai pensé que les praticiens maitrisaient la démarche scientifique consistant à observer les faits et les éléments, émettre des hypothèses, faire appel à un raisonnement rigoureux, s’appuyer sur des résultats validés, pour conclure par un diagnostic étayé débouchant sur une proposition de traitement rationnel.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’accouchement, j’ai pensé que les mauvais traitements infligés aux parturientes étaient dus à manque d’empathie, de psychologie et d’intelligence émotionnelle chez des scientifiques au cerveau gauche hypertrophié. Mais plus je suis au contact de ces praticiens, plus je dois me rendre à l’évidence : ils ne sont pas des scientifiques. Pour eux, accompagner un accouchement consiste avant tout à appliquer des rituels visant à écarter les mauvais sorts, dans une ambiance de peur, de catastrophisme et d’ignorance.

Le dernier exemple de ce phénomène est la sortie dans la presse de Valérie Denais, Présidente de l’Ordre départemental des Sages-femmes d’Indre-et-Loire, réagissant à un accouchement qui s’est parfaitement déroulé au domicile d’une consœur, et dont l’interview se trouve ici : « L’accouchement doit rester un moment intime » (les plus perspicaces d’entre vous noteront que le titre n’a rien à voir avec le contenu de l’article).

Sans grande surprise, la Présidente de l’Ordre ne cautionne pas les accouchements à domicile. Comme seule argumentation pour étayer sa position, elle dit :

« Attention, danger ! Même dans le cas de grossesses normales, on n’est jamais à l’abri d’avoir à pratiquer une césarienne en urgence pour éviter un risque d’asphyxie du nourrisson ou d’une hémorragie de la délivrance, totalement imprévisible.
Dans certains pays voisins, notamment au Pays-Bas, l’accouchement à domicile est possible mais il est très encadré et soutenu par un dispositif incluant des équipes d’intervention rapide en cas de problème. »

Je ne reviens pas sur le mythe de l’ambulance qui attendrait devant chaque maison néerlandaise où une naissance aurait lieu, mythe largement véhiculé en France, mais faux. Je suis surtout interpellée par le ton catastrophique de l’argumentation et par les termes « totalement imprévisible ». Pour cette professionnelle de la naissance, l’accouchement est un moment où un mystérieux mal peut s’abattre sur la future mère ou son enfant, frappant aveuglément tel un démon surgissant de l’enfer, et dont les seules chances de salut consistent à s’abriter dans un sanctuaire, un temple ou, à défaut, un hôpital.

Dans un billet précédent « le mythe de l’accouchement qui dérape en quelques secondes », j’ai longuement expliqué la différence de prise en charge entre un accouchement à l’hôpital et à domicile, et notamment la présence continue d’une sage-femme capable d’identifier à un stade précoce toute complication lorsque la naissance se passe à la maison. La seconde différence majeure entre ces deux types d’accouchement est précisément la démarche scientifique dont font preuve les sages-femmes qui accompagnent les accouchements en dehors d’un hôpital.

En effet, réagissant à la même interview, la sage-femme blogueuse Dix Lunes dénonçait dans son billet « Consternation » l’attitude de praticiens consistant à appuyer leur point de vue sur un sempiternel « et si… » ouvrant la porte à toutes les peurs irrationnelles, alors que la démarche scientifique impose une évaluation. Cette évaluation doit non seulement s’appuyer sur une comparaison sérieuse des résultats des naissances à domicile et à l’hôpital, mais relève également d’une démarche scientifique à appliquer au cas par cas.

Contrairement à ce que croit la Présidente de l’Ordre, les césariennes, l’asphyxie du bébé et l’hémorragie de la délivrance ne sont pas « totalement imprévisibles », mais constituent des risques bien réels, qu’il faut anticiper, et qui exigent la mise en place de procédures rationnelles pour y faire face. C’est la raison pour laquelle les sages-femmes accompagnant les accouchements à domicile font un suivi de la grossesse lors permettant une connaissance intime de la future mère, maitrisent les gestes à poser au moindre signe de complication, disposent d’un matériel de premiers secours permettant de faire face à bon nombre de situations d’urgence (bouteilles d’oxygène pour réanimer un bébé, doses d’ocytocine injectable en cas d’hémorragie,…) et ont élaboré avec la future maman et le couple un plan affiné en cas de transfert vers l’hôpital. Cette évaluation des risques et la mise en place des réponses à ceux-ci illustrent une démarche basée sur la Raison, bien plus efficace pour accompagner les parturientes que les frayeurs irrationnelles et autres superstitions véhiculées par les praticiens hospitaliers.

Le sexisme pour contraindre les femmes

En plus du catastrophisme et de l’ignorance, la Présidence de l’Ordre professionnel fait preuve de sexisme dans sa conception de la place que les femmes doivent occuper lorsqu’elles accouchent. Elle dit :

« Cette demande d’un retour à des accouchements plus physiologiques, les professionnels l’ont entendue. Les recommandations de santé vont dans ce sens, en limitant les interventions qui ne sont pas nécessaires.
Et, désormais les maternités, même les plus imposantes comme celle de Bretonneau ou du Pôle Vinci, permettent aux femmes de préparer un projet de naissance personnalisé, pourquoi pas sans péridurale, en préservant une liberté de mouvement plus grande, en mettant à disposition des baignoires, des ballons, etc. »

Elle reconnait donc que des interventions médicales ne sont pas nécessaires. Plutôt que de les éliminer, elle prône leur limitation. Dans quel autre domaine médical impose-t-on à l’ensemble des patients, pourtant en pleine santé, des gestes médicaux inutiles ? Il n’y a que le corps des femmes qui est considéré, par essence, comme pathologique, et qui justifie des actes médicaux que les praticiens savent dépourvu de tout fondement.

Elle se réjouit ensuite que les maternités permettent aux femmes de préparer un projet de naissance personnalisé. Les femmes reçoivent donc une permission, accordée tel un prince magnanime aux êtres de basse condition et aux prisonniers. La Présidente se garde bien de donner la moindre garantie quant au respect de ce projet de naissance par l’équipe médicale. Célébrons néanmoins cette idée novatrice qui reconnait désormais aux femmes la capacité d’avoir un point de vue sur quelque chose qui les concerne directement.

Suivent les mots « pourquoi pas sans péridurale », comme s’il était incongru que des futures mères désirent vivre toute la puissance de l’événement. Bien qu’elle soit incompréhensible à leurs yeux, les praticiens, grâce à leur grandeur d’âme, octroient donc aux femmes cette excentricité.

La sage-femme insiste enfin sur la liberté de mouvement plus grande dont les futures mères devraient se contenter. Il est évident que les femmes ne peuvent pas obtenir une liberté totale de mouvement, êtres sauvages et dangereux qu’elles sont.

En une seule phrase, la Présidente de l’Ordre départemental des Sages-femmes assigne donc les femmes à une soumission complète au monde médical qui, lui seul, détermine les faibles marges de manœuvre qu’il est prêt à leur accorder.

Le Journal international de Médecine a également pointé les prises de position de Valérie Denais, nous citant, Dix Lunes et moi-même, comme référence dans l’article « Accouchement à domicile : controverses à demeure ». La journaliste semble de moins en moins dupe par rapport au catastrophisme et au sexisme du monde médical et suggère une certaine remise en question des pratiques autour de la naissance. Dans les commentaires ouverts exclusivement aux médecins, on retrouve malheureusement, pour seule argumentation, les peurs et les sempiternels « et si… ».

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 16:36

J'ai oublié une précision essentielle sur mon billet d'hier sur la Maternité des Bleuets:

Evelyne Petroff y travaille comme obstétricienne depuis des années: elle est haptothérapeute, formatrice en Haptonomie et j'en ai souvent parlé pour ses méthodes merveilleuses pour faire une césarienne, pour en changer le vécu... (elle intervenait plusieurs fois lors du dernier Congrès d'Hapto

Elle est en première ligne pour lutter pour sauver cette maternité, pour sauver ses pratiques et ses valeurs...

Il faut sauver les Bleuets!

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 18:34

http://www.touchepasauxbluets.fr/

Certaines maternités sont des lieux de vie, des lieux de soutien à la parentalité, des lieux de respect pour les femmes, les couples, les bébés...et le personnel

Elles doivent lutter contre une politique de profits, de gestion, de déshumanisation, d'usines à bébés...

La Maternité des Bleuts, depuis depuis plus de soixante ans défend de telles valeurs et est depuis quelques années fortement menacée.

C'est à nous toutes et tous, parents, futurs parents, professionnels mais tout simplement citoyen(ne)s de la soutenir et d'affirmer nos choix de mettre l'humain au centre de la société...

je sais, les Bleuets c'est à Paris, c'est loin!...mais c'est un symbole, une maternité à défendre car si elle s'effondre d'autres la suivront encore plus facilement.

Pensons au Belvédère qui a connu (et connait?) aussi ce genre de difficultés

Alors, soutenez, signez, Partagez...

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 21:11

http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/

JE PENSE QUE CET ARTICLE VA FAIRE ÉCHO À DE NOMBREUX VÉCUS DE FEMMES, DE COUPLES OU À DES ÉMOTIONS MÊME PAR CELLES ET CEUX QUI N'ONT PAS VÉCU CELA

Pour en finir avec le tabou des fausses couches

Posted: 12 May 2016 03:35 AM PDT

Frida Kahlo, Hôpital Henry Ford (1932) Museo Dolorès Olmedo, Mexico, Xochimilco

Une grossesse sur quatre n’aboutit pas. Une femme sur trois fait l’expérience d’une fausse couche au cours de sa vie. Cette réalité est pourtant tue, au point de constituer un des derniers tabous de notre société. Ce silence peut entraîner d’immenses souffrances chez femmes qui y sont confrontées, en les confinant à la honte, à la détresse et à l’isolement. Elles peuvent également peser sur les couples, surtout depuis l’investissement plus important des futurs pères dans la grossesse de leur compagne, renvoyant les hommes à l’échec et à la culpabilité suite à un événement encore moins dicible pour eux.

Le tabou sur les fausses couches est maintenu par la puissante injonction faite aux femmes et aux couples de n’annoncer la grossesse à leur entourage qu’au bout de trois mois de gestation, période durant laquelle les risques de perdre l’embryon sont les plus grands. Cette injonction, entretenue tant par le monde médical que par les livres de grossesse, a pour seul but d’empêcher les futurs parents d’annoncer par la suite une éventuelle fausse couche.

Cette injonction au silence pendant le premier trimestre est paradoxale dans notre monde occidental actuel puisque les futurs bébés n’ont jamais été conçus avec autant de désir, la détection de la grossesse n’a jamais pu avoir lieu dans des délais aussi courts et les contraintes pesant sur les femmes enceintes n’ont jamais été aussi fortes.

En effet, il est fréquent que des couples parlent ouvertement à leurs proches de leur désir d’enfant, voire même que des jeunes femmes annoncent sur les réseaux sociaux l’arrêt de prise de leur contraceptif. Il est ensuite possible de détecter une grossesse dans les jours qui suivent la fécondation, avant la date du début des règles suivantes. A partir de cet instant s’ouvre pourtant une période de plusieurs semaines où les femmes sont assignées au silence quant à l’heureux événement qui se produit, et doivent cacher tant bien que mal les symptômes de leur état, feignant dans leur entourage professionnel divers problèmes de santé pour masquer fatigue, nausées ou vomissements. Cette assignation au secret peut même contraindre les femmes au mensonge lorsque des collègues plus perspicaces remarquent leur refus soudain d’alcool, leur dédain face aux crudités et leurs hésitations devant un plateau de fromages. Si une fausse couche survient, les femmes restent enfermées dans ce même silence sur l’immense peine qui les traverse et la pesanteur de l’inexprimable deuil, puis cachent leurs douleurs physiques, saignements et autres impacts de l’événement sur leur corps.

Enfin, ce tabou tait la grande fréquence des fausses couches, ce qui isole d’autant plus les futures mères face à cette épreuve, tant elles s’imaginent subir un drame extraordinaire, sans avoir conscience du nombre très important de personnes de leur entourage ayant vécu la même expérience.

Et pourtant, en quoi est-ce honteux d’avoir une fausse couche ? Pourquoi un tel événement est-il moins digne d’être évoqué qu’une migraine, une grippe ou une rage de dent ?

La vidange d’utérus, une obsession médicale

Si elles constituent un tabou au niveau de la société, les fausses couches sont néanmoins d’une grande banalité pour les gynécologues et les services de maternité. Ce n’est pourtant pas auprès de ces professionnels que les femmes trouvent du réconfort lorsque leur grossesse prend fin prématurément.

En effet, bon nombre de praticiens, incapables d’appréhender la charge émotionnelle de l’événement, tiennent des propos déplacés, démontrant le peu d’importance qu’ils accordent à un embryon mort ou condamné pourtant intensément désiré par la future mère. C’est ainsi que des femmes effondrées peuvent entendre des phrases telles que « on va vous enlever ‘ça’ du ventre », « (à un confrère) je n’ai pas grand-chose dans mon planning pour l’instant, juste une fausse couche » ou « vous n’êtes qu’à deux mois de grossesse, c’est moins grave que si vous étiez à six mois ».

Dès qu’une grossesse non évolutive est diagnostiquée, l’obsession première des médecins est de vider l’utérus. La femme est alors sommée d’avaler des comprimés hormonaux ou de les introduire dans son vagin, en cocktail avec des antidouleurs étant donné les contractions violentes qu’ils vont produire. L’information qui lui est fournie est souvent lacunaire, notamment sur le volume sanguin qu’elle doit s’attendre à perdre ou sur la taille et la nature des caillots de sang qui s’extrairont de son ventre. L’opération doit parfois être répétée dans les jours qui suivent, jusqu’à ce qu’une échographie de contrôle confirme la vidange complète de l’organe. Si l’utérus n’est pas totalement purgé malgré les douloureuses crampes et les abondantes pertes provoquées par ce traitement, la femme se retrouve allongée sur une table d’opération où il sera procédé au curetage de sa matrice sous anesthésie locale ou générale.

Si la fausse couche se produit après le premier trimestre de grossesse, la femme est immédiatement hospitalisée et l’accouchement est provoqué, que le fœtus soit mort ou vivant.

Qu’importe le retentissement émotionnel de l’événement, qu’importe l’agression au corps et à l’âme consécutive à ces interventions et qu’importent les inévitables douleurs physiques et psychiques qu’elles induisent, les médecins considèrent qu’en faisant disparaitre la grossesse du ventre de la future mère, ils éliminent en même temps toute trace de celle-ci dans sa tête et dans son cœur.

Traitement expéditif

Frida Kahlo, Frida y el aborto, 1932, Litografía, Banco de México Diego Rivera

La prise en charge médicale est caractérisée par sa rapidité. Peu de répit est octroyé à la future mère entre la découverte de sa fausse couche et le traitement proposé, au point que nombreuses sont celles qui ignorent que leur corps est capable d’expulser à lui seul les éléments d’une grossesse non évolutive si on lui en laissait le temps.

Comme la fausse couche est peu gratifiante pour le personnel hospitalier et a même tendance à remettre en question ses prétentions à la toute puissance, elle est rarement accompagnée d’une explication claire sur son processus et sur ce qui justifie le caractère expéditif du traitement. Ce n’est qu’en interrogeant longuement les médecins sur les raisons de leurs promptes interventions qu’ils évoquent les risques d’infection ou d’hémorragie. Les études démontrent pourtant que le risque infectieux ou hémorragique est très faible en cas de fausse couche, voire inférieur à ceux en cas d’intervention médicale. L’Organisation mondiale pour la Santé recommande d’ailleurs que face à cette équivalence des risques, le choix entre l’intervention médicale ou l’attente soit laissé à la femme.

« Ce sont les femmes elles-mêmes qui demandent une intervention rapide ! » affirment les médecins pour justifier leur empressement à s’immiscer dans le processus. Il est vrai que l’annonce d’une fausse couche provoque un choc émotionnel intense chez une future mère, et qu’une réaction très courante est celle d’un rejet. Dans un mélange d’effondrement, de sidération et de colère, bon nombre d’entre elles expriment le souhait de se débarrasser au plus vite de l’embryon qu’elles portent, comme premier acte pour oublier cette épreuve. Il n’en faut pas plus pour que les gynécologues obtempèrent avec médication chimique et instruments chirurgicaux. Cette précipitation n’est pourtant pas toujours judicieuse à plus long terme.

En effet, à l’instant de l’annonce de la fausse couche, les émotions ressenties par la future mère sont comparables à celles d’une violente dispute. Imaginez-vous au début d’une relation amoureuse où vous baignez dans un absolu bonheur. Un jour, votre grand amour commet un fait d’une trahison telle qu’il s’en suit une terrible altercation. Vous éprouvez de la colère et de la haine qui vous incitent à lui hurler « Disparais ! Je ne veux plus te voir ! Sors de ma vie ! » jusqu’à ce qu’il claque la porte. Puis, dans les jours qui suivent, ces émotions s’apaisent, les sentiments amoureux reprennent le dessus, ce qui rend possible une réconciliation. Si, au plus fort de ce paroxysme émotionnel, l’objet de votre amour disparaissait définitivement, il est probable que vous plongiez par la suite dans une grande tristesse, une culpabilité, une mélancolie, voire une dépression.

C’est pourtant ce qui se produit lorsqu’une femme est invitée à évacuer l’embryon qu’elle porte dans les instants qui suivent le diagnostic d’une fausse couche. Il serait beaucoup plus utile qu’elle soit soutenue et accompagnée émotionnellement durant ces premiers moments douloureux, pour qu’elle puisse par la suite choisir ce qui lui convient le mieux, après avoir retrouvé un peu de sérénité et d’apaisement. Lorsqu’il faut dire au revoir celui qu’on aime, il est toujours mieux de se quitter en bons termes.

Moi aussi j’ai fait une fausse couche.

J’en étais à ces réflexions lorsque j’ai moi-même fait une fausse couche il y a quelques semaines.

J’étais enceinte de jumeaux. Lors de la banale échographie du quatrième mois, il s’est avéré que les deux poches étaient rompues et que tout le liquide amniotique s’était écoulé, ce qui ne laissait plus de chance de voir ma grossesse aboutir malgré le fait que les fœtus étaient toujours vivants. Dans la foulée de l’annonce de cette terrible nouvelle, la gynécologue m’a signifié que j’allais être hospitalisée sur le champ afin de provoquer l’accouchement. J’ai à peine eu le temps d’envoyer un message à mon compagnon avant de me retrouver seule dans une chambre, face à un lit d’hôpital, déjà enregistrée à mon insu comme patiente pour plusieurs nuits, et en attente d’examens complémentaires.

Retrouvant peu à peu mes esprits, je me suis symboliquement assise non pas sur le lit, mais dans le fauteuil présent dans la chambre, comme toute personne en bonne santé, et, malgré le choc, je me suis juré de refuser toute précipitation et tout acte médical inutile.

Rejointe par mon compagnon, nous avons longuement interrogé la gynécologue sur les causes possibles de rupture des poches des eaux (probablement une infection) et sur les conséquences d’une attente, sans interruption médicale de grossesse. Les fœtus étaient condamnés puisque, étant âgés de 16 SA, ils étaient non viables. Selon la professionnelle, les études montrent que, sans intervention, 50 % des femmes dans ma situation expulsent les fœtus dans le courant de la semaine, et 70 % dans les 15 jours. Pour les 30 % restant, la grossesse peut se prolonger pendant plusieurs semaines sans pour autant que les fœtus puissent se développer correctement à défaut de liquide amniotique. Dans de très rares cas, ils atteignent l’âge de 25 SA, ce qui soulève les questions éthiques de la naissance de nouveau-nés polyhandicapés dont les chances de survie sont très faibles.

L’obstétricienne était également claire sur les conséquences d’un accouchement provoqué. Alors qu’une expulsion naturelle serait très rapide (probablement moins de deux heures) et peu douloureuse, un déclenchement pourrait allonger l’accouchement jusqu’à douze heures et exigerait une péridurale vu la douleur induite.

En ce qui concerne les fœtus, leur durée de vie serait très courte. S’ils étaient toujours vivants à la naissance, ce qui était peu probable, ils mourraient dans les minutes qui suivent leur venue au monde en raison de l’immaturité de leur système respiratoire.

Quant à ma santé, je pouvais être confrontée, à ce stade, principalement à un risque infectieux, détectable par la surveillance de ma température et une prise de sang quotidienne.

Il n’en fallait pas plus pour que je confronte l’équipe médicale à l’absurdité de m’hospitaliser pour une simple prise de sang. Après moult discussions, il a été convenu que je pouvais rentrer chez moi et revenir à l’hôpital le lendemain pour un prélèvement sanguin, ce qui me laisserait le temps de la réflexion.

Le retour à la maison

Une fausse couche, ce n’est pas seulement une immense tristesse liée à la perte d’un futur enfant. C’est aussi la confrontation avec toutes les petites choses qui ont déjà été mises en place pour accueillir son bébé, et qui perdent d’un seul coup tout leur sens. C’est un chagrin dans chaque pièce, une larme face à chaque meuble, une brisure pour chaque recoin de la maison. En rentrant chez moi, j’ai choisi de me confronter à tous ces petits deuils, en prenant le temps de les vivre un à un, en douceur, alors que je sentais encore mes tous petits bouger dans mon ventre. Je n’ose imaginer la violence de revenir à son domicile après plusieurs jours d’hospitalisation, et être confrontée, le ventre vide, à son foyer plein d’attentes tel qu’on l’a laissé en étant enceinte, en l’ayant quitté un matin pour une simple échographie.

Un regret s’est vite imposé, celui de ne pas avoir pu annoncer ma grossesse à une série de personnes en raison des trépidations de la vie. J’aurais voulu arrêter le temps pour pouvoir donner toute la dimension sociale à mes futurs enfants, crier à tous qu’ils étaient là, encore bien vivants, et laisser une trace indélébile de leur vie éphémère.

Mon compagnon a alors eu la formidable idée de nous rendre chez une photographe et tirer de beaux portraits de famille, avec mon ventre encore bien rond. Puis nous avons utilisé une de ces photos pour accompagner un texte commun sur Facebook afin d’informer tout notre entourage de ce que nous vivions.

J’ai hésité à poster ce message, mesurant le retentissement qu’il pourrait avoir dans la légèreté habituelle de ce réseau social. J’avais conscience de briser un tabou. J’avais le sentiment de faire un geste politique en m’exposant de la sorte, et, du fond de mon deuil, je me préparais à affronter des commentaires outrés et blessants.

A ma grande surprise, notre message a suscité énormément de réactions positives. Nous avons reçu beaucoup de marques de soutien, tantôt un petit mot plein d’empathie, tantôt de longs textes montrant une compréhension fine de ce que nous vivions. Des connaissances perdues de vue se sont manifestées. Des personnes que je savais ne pas être sur Facebook m’ont appelée après avoir appris la nouvelle par le bouche à oreille. Des amis nous ont envoyé des cartes, d’autres des fleurs, d’autres encore se sont mis à notre disposition en nous proposant de l’aide. Comme pour faire écho aux statistiques, près d’un tiers des personnes qui nous ont contactés ont avoué avoir, elles aussi, été confrontées à une fausse couche. En quelques heures, je suis passée de la solitude de mon deuil à une vague de solidarité qui m’a profondément réconfortée. Je ne remercierais jamais assez toutes ces personnes qui m’ont, chacun à leur manière, apporté tant de chaleur.

La préparation à l’accouchement

Pendant les premiers jours qui ont suivi cette terrible échographie, je me suis activement préparée à un accouchement le plus naturel possible. J’ai pris rendez-vous avec ma sage-femme, fait des exercices d’hypnonaissance et de visualisation. Mais malgré mes efforts, il me semblait au-delà de mes forces d’entrer dans un processus d’enfantement en sachant qu’en accouchant, je tuerais mes tous petits.

J’ai donc préféré attendre.

Les jours suivants ont été marqués par une calme routine et une profonde sérénité. Je me rendais à l’hôpital pour ma prise de sang, j’attendais mes résultats en faisant peu à peu connaissance avec l’ensemble de l’équipe soignante, et je passais le reste du temps à la maison, en accueillant auprès de mes proches, en famille, chacune des émotions qui me submergeaient, et en attendant, dans ces moments hors du temps, que mon accouchement se mette en route naturellement.

J’ai également fait des séances d’acupuncture auprès d’une professionnelle de la médecine chinoise spécialisée dans l’accompagnement des femmes enceintes. J’ignorais quelle était l’incidence réelle des aiguilles sur mon corps, mais les discussions libres et ouvertes avec cette soignante qui a elle-même vécu une fausse couche, m’ont été au moins aussi bénéfiques qu’une armée de psychologues.

Une semaine plus tard, j’ai voulu refaire une échographie. Comme pour avoir la certitude de l’inéluctable fin de ma grossesse et ôter mes derniers doutes quant à la possible reconstitution des poches et réapparition du liquide amniotique. Les poches étaient toujours percées. Un des fœtus était mort.

Cette nouvelle m’a soulagée. Il ne s’agissait plus pour moi de tuer mes fœtus en les mettant au monde, mais de leur permettre de me quitter en sachant qu’ils n’étaient plus en vie.

La naissance de mon premier tout petit

Wysokie Obcasy, miscarriage, oct 2006

Trois jours se sont encore écoulés avant que le premier tout petit sorte de mon ventre. C’était un lundi matin, en me levant. En un instant. Sans aucun effort, ni aucune douleur. J’ai pu faire connaissance avec ce petit corps sans vie d’une quinzaine de centimètres, tout rouge, et, bien qu’il soit abimé, présentant un visage et des membres humains bien dessinés.

Après une longue et fascinante contemplation, nous l’avons déposé dans une boîte et placé au réfrigérateur. Je m’attendais à ce que le second naisse dans les heures suivantes et j’ai appelé ma sage-femme.

Le deuxième fœtus s’est fait attendre bien plus longtemps, ce qui m’a entraînée dans une nouvelle phase de pression et de questionnement. Mon utérus contenait toujours un fœtus et son placenta mais aussi le second placenta qui n’avait pas été expulsé, ce qui m’exposait à un plus grand risque d’hémorragie. L’équipe hospitalière insistait une nouvelle fois pour provoquer mon accouchement, et ma sage-femme, bien qu’ayant l’habitude d’accompagner des accouchements à domicile, émettait de plus en plus de réserves sur l’évolution de la situation. Cette dernière pointait aussi les risques de gestes invasifs plus importants et plus agressifs pour mon utérus en cas de prise en charge dans l’urgence, plutôt que lors d’un accompagnement planifié.

Émergeait néanmoins un nouvel obstacle pour moi qui était l’impossibilité de récupérer le deuxième corps si j’accouchais à l’hôpital. En effet, jusqu’à la naissance du premier tout petit, je m’étais plus ou moins résolue à l’idée que les dépouilles soient emportées avec les déchets hospitaliers. Le fait d’avoir un premier corps à la maison a changé les choses en me permettant d’élaborer une cérémonie qui me convenait mieux pour leur dire au revoir. Je ne pouvais à ce moment plus imaginer que les deux fœtus soient séparés, le premier bénéficiant d’un ensevelissement digne et le second envoyé à l’incinérateur avec des aiguilles, déchets médicaux et autres restes humains.

Lors d’une de mes prises de sang quotidienne, j’ai soumis à la gynécologue de service l’idée que, si j’accouchais à l’hôpital, je pourrais mettre à profit un moment où elle me tournerait le dos pour récupérer le corps, sachant que personne n’aurait connaissance du subterfuge, qu’aucun risque pour la société n’était associé, et que par ailleurs, il n’était pas exceptionnel que des soignants transgressent une loi au nom de valeurs éthiques supérieures. Elle a refusé. Quant à mon compagnon, soucieux de la dignité de la situation, il n’envisageait pas un scénario à la James Bond dans lequel une course-poursuite s’engagerait dans les couloirs de l’hôpital jusqu’à ce qu’il s’évade par une sortie de secours ou une bouche d’aération avec un fœtus sous le bras.

J’ai donc décidé d’attendre encore un peu à la maison, en mettant en place une stratégie fine en cas d’hémorragie. Mon compagnon, qui, en plus de ses nombreuses qualités, sait faire des piqûres, ne me quittait plus. Si une hémorragie se produisait, il me ferait une injection d’ocytocine. Au cas où le traitement n’arrêterait pas l’écoulement de sang, je prendrais des cachets de Cytotec à cinq minutes d’intervalle. Quoi qu’il en soit, l’hôpital le plus proche se trouvait à quelques minutes de voiture. Les risques étaient donc maitrisés.

Le déclenchement comme date butoir

Dès l’annonce de ma fausse couche, mon obstétricienne et moi avions convenu d’une date butoir pour un déclenchement, que je pouvais reporter si je le souhaitais. Cette date fatidique tombait le vendredi, soit cinq jours après la naissance de mon premier fœtus.

Ce déclenchement impliquait que, le mercredi matin, je me rende à l’hôpital pour prendre un cachet de Mifégyne censé amollir mon col, en vue d’un l’accouchement provoqué le vendredi par une prise de prostaglandines.

Le mercredi matin, j’ai longtemps hésité à prendre ce cachet. Je n’étais convaincue ni par son innocuité, ni par le processus dans lequel il m’entrainerait. J’ai questionné la gynécologue l’action réelle de cette substance et en particulier sur les risques d’hémorragie. Elle a insisté sur son effet spécifique sur le col et ne lui connaissait pas d’effet hémorragique. Le réseau ne passant pas dans les murs de l’hôpital, je n’ai pas pu vérifier ces informations sur internet. J’apprendrai plus tard qu’il existe pourtant un risque d’hémorragie abondante voire sévère associé à ce comprimé.

D’un autre côté, j’avais hâte d’accoucher. Deux semaines s’étaient déjà écoulées depuis la fameuse échographie, et deux jours depuis la naissance du premier fœtus. Je ressentais un besoin de plus en plus pressent de mettre fin à cette période si particulière, de rassembler en un lieu unique mes deux tous petits, tout en désirant que le deuxième naisse lui aussi à la maison et en préservant au mieux ma physiologie.

La gynécologue m’a rassurée en précisant que si je refusais le déclenchement, il était toujours possible de ne pas me présenter deux jours plus tard pour la prise de prostaglandines, malgré l’ingestion de la Mifégyne. J’espérais que mon tout petit arrive chez moi le lendemain. Je pressentais qu’un col ramolli favoriserait les choses.

J’ai avalé le comprimé de Mifégyne.

La naissance de mon deuxième tout petit

Le jeudi soir, après le repas, j’ai senti une légère pression dans le bas du ventre. Je me suis rendue à la salle de bain. En chemin, j’ai perdu un gros caillot et une flaque de sang. Puis le tout petit est arrivé. Tranquillement. Moi l’accueillant dans mes mains, en souriant, sans aucune douleur, en laissant simplement quelques poussées réflexes se produire. J’étais heureuse qu’il naisse à la maison et qu’il puisse retrouver son jumeau. Mon compagnon a même pu couper le petit cordon.

J’ai continué à perdre beaucoup de sang et de gros caillots, et j’ai fait appeler ma sage-femme. Les placentas ne sortaient toujours pas, et les pertes continues de liquide rouge me semblaient être l’indication d’une hémorragie. Comme convenu, mon compagnon m’a fait une piqûre d’ocytocine, puis, cinq minutes plus tard, j’ai pris un comprimé de Cytotec.

Sur ces entrefaites, ma sage-femme est arrivée. Elle a rapidement confirmé mon état hémorragique et nous avons organisé le transfert vers l’hôpital. Alors que jusque-là, tout le processus s’était déroulé sans la moindre douleur, la conjonction de l’ocytocine et du Cytotec a provoqué des contractions de plus en plus intenses et erratiques.

J’ai très bien été prise en charge à l’hôpital. Alors que je m’attendais à une attitude de défiance quant au choix de mon accouchement à domicile, les membres du personnel soignant ont, au contraire, réagi avec un grand professionnalisme, en mettant leurs compétences et leur art à mon service. Le diagnostic s’est avéré assez simple : un gros caillot de sang bloquait mon col, ce qui empêchait l’évacuation des placentas. J’ai été emmenée au bloc opératoire. Une infirmière prenait le temps de m’expliquer chacun des gestes en me rassurant, une anesthésiste m’a placé une rachianesthésie, puis une obstétricienne a enlevé le caillot puis les deux placentas qui se sont détachés très facilement. Le tout dans un climat de sérénité et de dialogue.

Le lendemain matin, je sortais de l’hôpital, après avoir longuement débriefé de façon très libre avec différents soignants, y compris avec la cheffe de service de la maternité, sur la façon particulière et en dehors des protocoles dont ils m’ont accompagnée. Il faut dire que j’avais choisi un hôpital qui, depuis quelques années, veut se placer à la pointe de la recherche sur la naissance respectée, notamment en intégrant en son sein le premier gîte de naissance intrahospitalier.

Trois jours plus tard, sous sommes allés mettre en terre nos tous petits. Nous les avons ensevelis dans la campagne, au pied d’un arbre, dans le village de mon enfance et de mes ancêtres.

Pour des fausses couches respectées

Quand j’ai lancé mon blog, j’ai cherché à démontrer les différentes formes de violences que subissent les futures mères lorsqu’elles mettent leur enfant au monde. L’alternative à ces violences est le concept de « naissance respectée » qui s’appuie sur la reconnaissance des capacités intrinsèques de chaque femme à mettre son enfant au monde, et cherche à prendre en compte, en premier lieu, les besoins et les souhaits des parturientes.

L’expérience intime de l’accouchement telle qu’elle est vécue par bon nombre de femmes est encore largement taboue, ce qui laisse perdurer les maltraitances gynécologiques en toute impunité. Le fait que l’expérience de la fausse-couche soit encore moins dicible décuple les risques de mauvais traitement qui s’ajoutent à la douleur de l’événement.

Pourtant, mon expérience a montré qu’il était possible de ne plus subir une fausse couche, mais de la vivre pleinement en toute dignité, non pas en se soumettant aux protocoles hospitaliers, mais en s’appuyant sur ce que la médecine a de meilleur. A l’instar de la naissance, il faut maintenant développer le concept de « fausse couche respectée ».

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Published by irene.marraine
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 19:17

Projection du film « Entre leurs mains » qui sera suivi d’échanges. Le 20 mai 2016 à Education et Formation 6 place Waldeck-Rousseau à Petit Quevilly, dans le cadre de la semaine mondiale de l’accouchement respecté 2016

Comment considère-t-on la naissance et le corps de la femme aujourd’hui ? Quelle place laisse-t-on encore à l’humain dans l’acte de donner la vie ? Muriel, Jacqueline, Sidonie et Cécile accompagnent des personnes qui souhaitent donner naissance à domicile. Ces sages-femmes nous invitent à découvrir leur pratique et leur vision de la venue au monde.

En France, le choix de cette alternative prend, aujourd’hui, la forme d’une lutte. Même si cette pratique n’est pas officiellement illégale, les préjugés sont tenaces. Les sages-femmes sont soumises à des pressions administratives sans cesse plus étouffantes, tendant à faire disparaître une des dernières alternatives à l’accouchement médicalisé.

20 mai 20 h 15

Lieu
Education et Formation
6 pl. Waldeck Rousseau
LE PETIT QUEVILLY,
76140

les sages-femmes qui sont dans le film ne seront malheureusement pas présentes vendredi mais il y en aura d'autres...

Il ne s'agit pas que toutes les femmes accouchent à domicile mais que celles qui le souhaitent puissent le faire en étant accompagnées par une sage-femme

Il s'agit aussi que TOUTES les femmes, TOUS les bébés soient respectés dans les choix proposés (place et désir du bébé en cas de déclenchement? de péridurale? etc

VENEZ NOMBREUSES, NOMBREUX!

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