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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 14:26

Tout d'abord Catherine Gueguen, pédiatre et haptothérapeute, :

https://lesprosdelapetiteenfance.fr/vie-professionnelle/paroles-de-pro/rencontres/catherine-gueguen-pediatre-arretons-de-dire-aux-petits-tes-pas-gentil

elle parle des neurosciences, mais aussi des tempêtes émotionnelles que traverse un tout petit qu'il faut savoir nommer, respecter; il faut consoler l'enfant ce qui ne veut pas dire lui céder! et ne pas parler de colère, de caprice etc...

elle parle aussi des enfants qui mordent...

 

Ensuite un article sur les pleurs de bébé (présenté par Isabelle Filliozat) Cela peut peut-être aider certains parents?

n'oublions pas aussi que les bébés "hapto" (et leurs parents!) communiquent très bien par des signes. imperceptibles..

D'ailleurs, dans un  autre ordre d'idées, je connais plusieurs parents qui "signent" avec leur bébé...

 

http://www.magicmaman.com/,comment-decoder-les-pleurs-de-bebe,3469706.asp

 

Enfin, un lien qui parle d'échographie:

l'échographie est un acte médical  (et pas un gadget!) qui peut poser des diagnostics...Il ne faut pas en abuser et il faut être bien conscient que cela n'est pas forcément agréable pour le bébé! Prévenez le avant de ce qui va se passer et ne vous laissez pas distraire par l'image sur l'écran (vous pouvez même demander au professionnel de tout vous expliquer...APRES!) pendant l'écho restez très présente émotionnellement avec votre bébé...retrouvez le avec vos mains le plus vite possible

http://naturellemaman.com/voila-ce-qui-se-passe-vraiment-quand-vous-faites-une-echographie/

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Published by irene.marraine - dans Naissance(s)
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 17:10

Une émission sur l'ostéopathie à ne pas rater ce soir, à enregistrer? à regarder en replay?

Pour mieux connaitre cette médecine qui résoud beaucoup de problèmes chez l'adulte et aussi chez l'enfant et le nouveau-né (vous pouvez vous assurer que votre ostéo a bien fait la formation nouveaux-nés (ou femmes enceintes)

Vivement que la Sécu rembourse ces consultations!...(et surtout espérons que les candidat-e-s qui veulent la réduire, la détruire etc ne l'emportent pas!)

 

voici le lien

https://www.facebook.com/LesPouvoirsExtraordinairesDuCorpsHumain/videos/1830988497155012/

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 21:05

Allez, encore un article à lire attentivement, à méditer...Il faudra s'en rappeler aussi pour choisir son lieu d'accouchement, pour être plus vigilant-e dans les choix qu'on nous propose ou plutôt les décisions qu'on voudrait nous imposer..;
désolée, la traduction de cet article a laissé passer des fautes et je ne peux les corriger

http://babillagesaveclaurie.blogspot.fr/2012/08/si-javais-accouche-la-maison-je-serais.html?m=1

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 20:35

A vrai dire quand je vais sur les forums de lutte contre les violences obstétricales, il m'arrive de lire tellement d'horreurs, de témoignages de femmes qui sont parfois restées des années sans pouvoir en parler, que l'épisiotomie pourrait paraitre une "violence mineure"...Mais elle est d'autant plus violente qu'elle est dans la majorité des cas, superflue et surtout imposée sans le consentement de la patiente et sans s'interroger et l'interroger ensuite sur son vécu traumatisant et pas seulement physique...

Mais les choses commencent à bouger et des médecins eux mêmes, en France où le taux d'épisio est un des plus élevés, arrivent à dire qu'il faudrait les réduire...

Ne faudrait-il pas relier ce taux élevé, à la position "gynécologique "(= logique pour le gynéco" comme j'ai l'habitude de l'appeler) position très répandue en France ...le relier aussi au taux de péridurale (très élevé en France par rapport à nos voisins européens!) et à la méconnaissance pour ne pas dire l'ignorance de notre périnée, de la préparation qu'on pourrait lui donner et de la considération qu'on pourrait en avoir pendant son accouchement? N'oublions pas qu'un bébé (surtout s'il a été bien accompagné haptonomiquement pendant la grossesse) cherche à se faire naître et c'est au périnée de faire lui aussi, activement, l'autre moitié du travail

 

http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/des-gynecologues-et-des-femmes-se-mobilisent-contre-l-episiotomie-21-02-2017-6697542.php

et Marie Hélène Lahaye, juriste qui lutte contre ces violences nous donne l'info suivante:

 

Alice Froussard, journaliste sur RMC, cherche des témoignages de femmes par rapport à l'épisiotomie. Elle est joignable au 06 58 87 70 29.
Appelez-là si vous voulez témoigner.

 

 

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 23:29

Un nouvel article de "Marie accouche la"

 

Femmes qui enfantent, femmes qu’on affame

Posted: 16 Jan 2015 01:55 AM PST

 

Les sociétés patriarcales ont une constante, celle de priver les femmes de nourriture. De nombreuses croyances et coutumes visent à restreindre leur accès à une alimentation riche et de qualité. Certes, chaque culture invoque ses propres raisons, souvent religieuses, pseudo-scientifiques ou traditionnelles, pour justifier de telles pratiques, mais la finalité est la toujours même : affaiblir physiquement les femmes pour mieux les dominer. Afin d’optimiser leurs effets, ces limitations alimentaires sont encore renforcées au moment où les femmes ont le plus besoin d’apports nutritifs, par exemple pendant la puberté, la grossesse et l’allaitement. C’est ainsi que les magazines féminins destinées aux jeunes filles prônent à chaque nouveau numéro un régime aussi culpabilisant que miraculeux, que les traditions auvergnates n’accordent aux paysannes que les restes laissés par leur époux, ou que les futures mères de certaines tribus africaines se voient privées, au nom de superstitions, tantôt d’œufs tantôt de poisson. Les femmes enceintes sont bien sûr une cible toute désignée pour ces restrictions. Tout au long de leur grossesse, elles subissent une pression médicale constante pour freiner leur prise de poids et doivent se soumettre à une liste d’aliments qu’il est de bon ton d’éviter. Comme l’accouchement est le théâtre d’une domination masculine la plus extrême, il n’est pas surprenant que les médecins interdisent purement et simplement aux femmes de manger et de boire pendant qu’elles mettent leur enfant au monde. Examinons donc ce dernier point. 

Le dogme du jeûne pendant le travail obstétrical a été introduit en 1946. Pendant la première moitié du XXème siècle et après avoir tiré les leçons des ratés du chloroforme, la recherche médicale a considérablement amélioré la technique de l’anesthésie générale. C’est dans cette lancée que le docteur Curtis Mendelson a observé que les aliments présents dans l’estomac d’un patient endormi pouvait remonter dans son œsophage et s’introduire dans ses poumons, causant asphyxie ou infection parfois fatales. Il n’en fallait pas plus pour que, du jour au lendemain, toutes les femmes se soient vues interdire de manger et de boire dès leurs premières contractions, au nom des risques qu’elles couraient s’il fallait les endormir en urgence pour pratiquer par exemple une césarienne. Il faut avouer qu’à partir du moment où les protocoles hospitaliers prévoyaient déjà d’attacher les femmes à la table d’accouchement dans la position la plus douloureuse et de mutiler systématiquement l’entrée de leur vagin à l’aide de ciseaux, le fait de les affamer et assoiffer pendant de nombreuses heures ne semblait pas soulever beaucoup de questionnement quant à la violence intrinsèque de cette pratique.

Pendant les sept décennies qui ont suivi, les techniques obstétricales se sont améliorées, les recours à l’anesthésie générale pendant l’accouchement ont dégringolé, les études démontrant le peu d’intérêt de ce jeûne se sont accumulées, mais l’interdiction de boire et de manger est restée.

Pour rappel, l’accouchement constitue un effort physique s’étendant sur de nombreuses heures durant lesquelles l’utérus se contracte de plus en plus fort et de plus en plus rapidement jusqu’à l’éjection du bébé. A l’instar d’une course de fond, ces poussées continues effectuées généralement dans un endroit chaud, incitent la parturiente couverte de sueur à boire encore plus que pendant ses activités habituelles. Quant à l’envie de se sustenter, elle est en général présente en début de travail, surtout s’il a commencé longtemps après le dernier repas, mais s’atténue lorsque la femme est emportée dans le tourbillon des sensations extrêmes. En revanche, lorsqu’elles bénéficient d’une péridurale, les parturientes gardent volontiers leur appétit jusqu’à la naissance de leur enfant. Dans ce contexte, priver les femmes de boisson et de nourriture pendant parfois une journée entière consiste à leur infliger une cruelle épreuve, ressentie pour certaines comme bien plus douloureuse que l’accouchement lui-même. A cela s’ajoute l’humiliation, rarement rencontrée dans la vie, de devoir supplier son entourage pour obtenir quelques gorgées d’eau et se les voir refuser avec autorité, paternalisme voire dédain.

Dès les années 80, les maternités de certains pays comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas se sont montrées beaucoup plus libérales quant à la possibilité pour les femmes de boire et manger, sans provoquer une quelconque différence de mortalité par rapport à celles des pays restrictifs. Il était en effet difficile, depuis les travaux de Mendelson, de trouver dans la littérature des preuves scientifiques démontrant les bénéfices d’affamer et assoiffer les femmes qui enfantent, surtout depuis la généralisation de la césarienne sous péridurale ou rachianesthésie, permettant de maintenir les futures mères conscientes pendant l’opération. Depuis 2010, la science est formelle en indiquant que boire et/ou manger ne présentent ni bénéfice, ni danger particulier tant pour les femmes à bas risques de complications que pour les nouveau-nés, et que le choix de s’alimenter devrait être laissé aux femmes.[1] Cela n’empêche pourtant pas un grand nombre de praticiens de continuer à invoquer cette interdiction érigée en précepte religieux.

Plus risible encore, les obstétriciens qui brillent rarement par leur logique, ne remarquent pas que cette interdiction est en contradiction flagrante avec leurs propres pratiques. C’est ainsi qu’ils parviennent sans sourciller à priver de nourriture toutes les parturientes, y compris et surtout celles qui sont sous péridurale, après leur avoir vanté l’intérêt de cette analgésie qui permet précisément d’éviter l’anesthésie générale. Dans la même veine, s’appuyant sur le constat que la digestion des femmes enceintes est ralentie au point que sa durée peut atteindre 48 heures, les anesthésistes considèrent systématiquement les femmes enceintes comme des personnes ayant l’estomac plein lorsqu’il s’agit d’endormir celles ayant mangé durant les 24 dernières heures. Malgré cela, les médecins n’ont aucun soucis à imposer le jeûne aux parturientes, tout en refusant qu’un accouchement se prolonge au-delà de 12 heures, trop pressés qu’ils sont d’accélérer la naissance au nom du dogme de l’ouverture du col de l’utérus d’un centimètre par heure et des délais arbitraires d’expulsion de l’ordre de 30 minutes. Qu’importent ces incohérences, les gynécologues adoptent avec empressement, gaité et allégresse toute mesure, si aberrante soit-elle, renforçant leur domination sur les femmes, mais émettent les pires réticences à se conformer aux recommandations scientifiques concédant à celles-ci une once d’autonomie et de liberté.

Ces dernières années, l’étau s’est peu à peu desserré sur les femmes qui refusent l’abstinence. Les praticiens dotés d’un peu de bon sens et certaines sages-femmes lassées des implorations de bouches desséchées ont adapté leurs protocoles pour autoriser les femmes à boire, voire même à manger. Ce relâchement ne s’est bien sûr opéré que sous strictes conditions. Pour les uns, les parturientes ne peuvent boire qu’un maximum de 400 millilitres d’eau toutes les heures. Pour d’autres, elles peuvent se désaltérer à l’aide de boissons claires comme le thé, mais se voient bannir l’accès aux boissons énergisantes. Un jus de fruit avec pulpe est tantôt toléré, tantôt pourfendu. Dans les cas où le café est accordé, le nuage de lait et le morceau de sucre peuvent déclencher les foudres du service. La présence de bulles dans le liquide fait l’objet d’âpres débats et déchire la profession tout entière. Parfois, le mécanisme d’autorisation se base sur les caractéristiques physiques de la future mère pour ne l’autoriser à boire qu’en fonction de son indice de masse corporelle ou du nombre réduit de kilos qu’elle a pris durant sa grossesse. Quant à l’éventuel accès à la nourriture, les arbitrages se font soit en faveur de bonbons à sucer, soit au profit d’un nombre limité de biscuits secs, étant entendu que les modalités des commandes de pizza ou des livraisons du traiteur chinois en salle d’accouchement sont rarement stipulées dans les règlements hospitaliers.

Alors qu’elles ne cherchent qu’à répondre à leurs besoins les plus élémentaires, les parturientes se voient toujours enfermées dans des règles rigides, arbitraires et sans fondement scientifique. Au nom de la conception misogyne voulant que les femmes soient par nature dangereuses pour elles-mêmes et leur enfant, une coercition plus forte que dans n’importe quelle institution pénitentiaire est mise en place afin de contenir leur anatomie débordante. Pour l’obstétrique, il ne fait aucun doute que de terribles périls s’abattraient sur les maternités, voire sur la société toute entière, si les femmes se voyaient accorder l’incommensurable liberté d’accéder à leur guise à un verre d’eau ou à une tablette de chocolat.

Que mes lectrices sur le point d’accoucher se rassurent, cette privation de boisson et de nourriture est la mesure à la fois la plus absurde mais aussi la plus simple à contourner. L’accouchement à domicile permet sans conteste un accès inconditionnel au réfrigérateur et au garde-manger. Les sages-femmes investies dans les maisons de naissance, gardiennes de la physiologie et en rendant le pouvoir aux femmes, sont non seulement tolérantes à l’égard de l’alimentation pendant l’enfantement, mais vont jusqu’à prodiguer des conseils sur les breuvages et victuailles les mieux adaptés aux circonstances. Quant aux hôpitaux, l’organisation des services et la pression sur le personnel conduisent les parturientes à être souvent seules, si bien que les nombreuses heures durant lesquelles elles sont abandonnées à leur sort leur permettent de boire et manger selon leurs envies. Dès lors, si vous comptez accoucher dans une structure hospitalière, il est tout à fait superflu de demander une quelconque autorisation de manger et de boire. Il vous suffit d’emporter avec vous un sac de provisions et d’appliquer dans la salle d’accouchement le slogan féministe « ne me libère pas, je m’en charge ».

 

Sources:

Cécile Daumas, Fabrice Drouzy, Françoise-Marie Santucci, « Pour en finir avec quelques préjugés », Libération, 7 avril 2007.

N. Devos, B. Dureuil, « Le syndrome d’inhalation », Société française d’Anesthésie et de réanimation, Conférences d'actualisation 2000, p. 127-139.

Valentina Faitot, Hawa Keïta-Meyer, « Apports liquidiens et alimentaires pendant le travail », MAPAR, Obstétrique, 2008, pp. 391-400.

A. Gaucher, « Anesthésie locorégionale pour césarienne d’urgence », Les Journées Lilloises d'Anesthésie Réanimation et de Médecine d'Urgence. 

Françoise Héritier, « Les femmes sont physiquement trop faibles… », Libération, 10 avril 2007.

Bérénice Kozlowski, « L’hydratation orale pendant le travail d’accouchement. État des lieux des pratiques des sages-femmes dans les maternités d’Auvergne », La Revue Sage-Femme, février 2012, pp. 9-15.

M.C. LATHAM, « Nutrition humaine en Afrique tropicale, Manuel pour le personnel de santé
traitant particulièrement des problèmes de santé publique en Afrique orientale », Chapitre «  Aspects sociaux et culturels de l’alimentation », FAO, 1979.

Curtis Mendelson, « The aspiration of stomach contents into the lungs during obstetric anesthesia», American Journal of Obstetric and Gynecology 1946; 52: 191205.

M. Rège-Walther, G. Théry, L. Thierrin, I. Peytremann-Bridevaux, « Faut-il autoriser les femmes à boire ou à manger pendant l’accouchement ? », revue Cochrane pour le praticien, revue médicale suisse, 20 octobre 2010.

M. Singata, J. Tranmer, GML. Gyte, « Restricting oral fluid and food intake during labour », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2010, issue 1.

Association Césarine,  « Les types d’anesthésie pour une césarienne ».


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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 12:48

Nous voici la veille de Noël qui, rappelons-nous, avant d'être la fête du Père Noël et de la consommation, était la fête de la naissance d'un enfant, à Bethléem (où Marie et Joseph ne pourraient pas se rendre de nos jours puisque ce village Palestinien est coupé du monde par un Mur et des checkpoints) dans la pauvreté, pour répandre la Paix et l'Amour parmi les hommes ...de bonne volonté (il y a encore du boulot!) et bien avant cela, c'était la fête du solstice d'hiver, la fête de la lumière pour donner espoir en annonçant la fin du froid et de l'obscurité...


Bref, c'est l'occasion de parler du nouveau né et de ses cinq sens...

- la vue:

la vue du bébé est très limitée, un peu floue et ayant du mal à "accomoder" (à passer d'une vue lointaine à une vue plus rapprochée et inversement ) rappelons que sa meilleure distance de vision est environ 30-40 cm soit la distance entre son visage au sein de sa mère et le visage de sa mère...! il voit surtout en noir et blanc, les contrastes, la première couleur qu'il percevra bien sera ...le rouge...!

 

- l'ouïe:

déjà, dans sa vie intra-utérine, il "entendait" surtout par vibrations et les vibrations qu'il recevait le mieux étaient celles de la voix de son père qu'il sera donc heureux de retrouver à sa naissance; s'il sursaute en entendant des sons forts ou soudains, il est très sensible et calmé avec des berceuses, ne se préoccupant pas si l'on chante faux ou juste pour lui comptent l'amour et la douceur qu'il y trouve.

 

- le goût

dans sa vie intra-utérine, il a commencé à développer son goût en buvant du liquide amniotique maintenant, il peut découvrir les différentes saveurs du lait maternel si sa maman l'allaite et il en profitera aussi pour déguster de l'ocytocine et des endorphines...

 

- l'odorat

l'odorat du nouveau-né est extrêmement développé; il sera guidé vers le sein par les odeurs secrétées au niveau du mamelon, il est rassuré par l'odeur de sa mère qu'il reconnait entre mille mais peut très facilement être "agressé" par d'autres odeurs (parfums, produits médicaux, etc...) il va vite s'habituer aux odeurs familières et familiales (odeurs corporelles ou spécifiques de ses parents, odeurs de sa maison, de sa chambre) mais peut être perturbé par des parfums et des odeurs du monde extérieur et professionnels et visites devraient éviter tout parfum supplémentaire et superflu qui peut l'incommoder...

 

- le toucher

bien sûr, il s'agit de son sens principal, le premier et le seul pendant les premiers moments de sa vie intra-utérine et toute occasion qui pourra lui rappeler ces douceurs et le rassurer sera bénéfique...

 

Voilà pourquoi le "Peau à Peau" est si important

Le nouveau né y exerce plusieurs de ses sens: l'odorat puisqu'il va ainsi s'approprier l'odeur de sa mère...etéventuellement de son père; l'ouïe puisqu'il va être rassuré par les bruits du coeur qui l'ont bercé pendant toute sa vie intra-utérine et le toucher puisque toute sa peau va être en contact avec celle de sa mère...ou de son père!...

 

La plupart des mères aiment que leur tout juste nouveau-né soit posé sur leur ventre (et il se mettra à la recherche du sein tout seul si on a la patience d'attendre: 99% des nouveaux-nés l'ont trouvé au bout d'un maximum de 60 minutes, choisissant d'ailleurs prioritairement le sein gauche qui les rapproche du coeur!...Bien sûr, quelques femmes ne souhaitent pas ce peau-à-peau, elles ont besoin de se rassembler elles-mêmes, se retrouver d'abord, naître à elles-mêmes dans ce nouveau statut de mères et il faut respecter ce besoin, leur laisser du temps...

Dans ce cas, comme en cas de césarienne où la mère n'est pas tout de suite disponible, ou s'il y a besoin de faire une suture au niveau du périnée, on peut proposer au père de faire du peau-à-peau avec son nouveau-né car ce dernier sera très content de re-trouver son père dont il connait déjà la voix et le toucher en cas de contacts haptonomiques pendant la grossesse et cela va lui permettre de s'approprier son odeur. Certains hommes en ont d'ailleurs spontanément envie...( j'ai d'ailleurs la photo dans ma pièce d'un homme qui avait "emprunté" la chemise de nuit de sa femme pour faire du peau-à-peau avec son bébé). D'autres en seraient plutôt gênés...et eux aussi ont sans doute besoin de temps (il n'y a pas si longtemps, les hommes ne prenaient pas leur enfant dans les bras, même tous deux tout habillés avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines!), et de plus d'intimité... Peut-être d'ailleurs, un homme se sentirait-il plus à l'aise s'il ne se met pas torse nu et, après tout, même à travers l'épaisseur d'un T-shirt, le bébé re-trouvera odeur et toucher (puisqu'il reconnaissait bien la main de son père à travers le ventre!)

Dans cette situation-là, comme dans tant d'autres (ex. l'allaitement, le lieu où dort Bébé, etc...), une fois les besoins du bébé expliqués, reconnus, rien ne doit être systématique ou imposé, il s'agit d'accompagner avec respect et délicatesse chacune et chacun dans son cheminement pour que chacune et chacun puisse prendre la place qui lui revient, qui lui convient pour la satisfaction de tous et en premier lieu de l'enfant...

 

D'ailleurs, il ne faut pas oublier que le cérémonial de la naissance varie beaucoup d'une culture à l'autre (je me souviens d'hommes, d'une culture différente, complètement bouleversés, émus de pouvoir assister à la naissance de leur enfant, ce qui leur aurait été interdit dans leur pays!) d'une époque à l'autre, que nous progressons sans doute dans les réponses que nous pouvons apporter aux demandes et des mères et des bébés mais que nous avançons chacun(e) à notre rythme...

 

Joyeux Noël à toutes et tous grands et petits! Bienvenue aux nouveaux-nés qui rejoindront notre monde ces jours-ci en souhaitant que celui-ci soit pour eux davantage rempli de lumière, de paix et d'amour...Cela concerne chacun(e) d'entre nous de leur construire un tel avenir...

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 23:21

Un texte du blog de "Marie accouche là" dans lequel peu d'entre vous s'y retrouveront j'espère mais il s'y trouve pas mal de descritions très (trop) proches de la réakité...

 

Accoucher, le revolver sur la tempe

Posted: 26 Nov 2014 05:49 AM PST

 

Dans notre société pacifiée, il est rare d’être confronté à des menaces de mort. Il est exceptionnel d’être forcé à accomplir certaines actions en ayant une arme pointée sur soi. Et il est fort heureusement plus qu’inhabituel de devoir obtempérer contre sa volonté pour protéger sa vie ou celle de ses proches. Il existe pourtant un domaine où de telles intimidations ont lieu dans la plus grande banalité, celui de la naissance. 

Durant toute leur grossesse, les femmes sont préparées aux intimidations qu’elles subiront le jour de leur accouchement en étant abreuvées d’une litanie de malformations et maladies auxquelles leur fœtus est exposé dans leur utérus par nature hostile. Même celles qui ne voudront que s’émerveiller devant la magie du petit être qui grandit en elles seront rappelées à l’ordre par les médecins si prompts à leur prescrire bon nombre d’examens, sous couvert d’un discours mortifère détaillant toutes les monstruosités qu’elles peuvent générer en leur sein. Les livres destinés aux femmes enceintes, en particulier ceux écrits par des gynécologues qui ne conçoivent la grossesse que par le prisme de la pathologie, alimentent comme il se doit l’ambiance anxiogène entourant les ventres ronds. Cette rhétorique morbide contribue à soumettre, consultation après consultation, les femmes au pouvoir médical érigé en seule bouée dans cette mer de dangers.

Lorsqu’elles arrivent à la maternité, les femmes se voient imposer une impressionnante liste d’interdits et d’obligations, aussi absurdes que dangereuses, mais assénés au nom des perditions qui les attendent. Il leur est proposé de déclencher l’accouchement parce que le bébé risque de mourir si la date théorique est dépassée. Il leur est interdit de manger et de boire parce qu’une hypothétique anesthésie générale pourrait s’avérer fatale si elles avaient un reliquat de nourriture au fond de l’estomac. Elles sont sommées de rester immobiles, couchées sur le dos, dans une position douloureuse et nuisant à la bonne progression de l’accouchement pour permettre aux praticiens d’être confortablement installés afin de parer à tout décès inopiné. Elles sont priées d’exposer leur sexe à tout le personnel hospitalier, leur laisser y introduire doigts et objets, parce que ces pratiques empêcheraient une mort certaine de leur bébé. Elles doivent subir de pressions violentes sur leur ventre et des injections d’ocytocine de synthèse pour accélérer la naissance et extraire de leur corps un bébé y qui y aurait péri sans l’intervention musclée de professionnels. La faucheuse rôde dans les couloirs des hôpitaux, et seuls des rituels médicaux pratiqués sur les femmes comme autant d’exorcismes semblent pouvoir les protéger d’une agonie certaine.

Bon nombre de femmes vivent mal ces menaces de mort proférées pour leur imposer certains actes dont elles ne sont pas entièrement convaincues de la nécessité. Ces discours terrifiants prononcés avec désinvolture par les praticiens sont ressentis comme une grande violence par ces futures mères n’aspirant qu’à un heureux événement. Certes des complications fatales peuvent malheureusement se produire dans de très rares cas, mais les gestes préventifs adéquats peuvent être suggérés avec tact et bienveillance, sans exercer sur les femmes une coercition digne d'un malfrat braquant une banque.

Lorsque j’ai commencé à écrire sur le sujet de la naissance et dénoncer les violences obstétricales, plutôt que me démontrer le bienfondé de chaque acte médical et justifier leurs pratiques, des praticiens m’ont accusée de vouloir la mort de femmes en couche et l’inexorable agonie de nouveau-nés. Ils m’ont soupçonnée d’être une meurtrière. Ils m’ont à demi-mots suspectée d’être une psychopathe qui commettrait des assassinats en utilisant la technique sournoise de l’écriture de textes politiques sur l’accouchement. Fidèle à mon habitude de sonder les cœurs et scruter les intentions, j’ai toujours été persuadée que ces propos dépassaient largement les convictions de ces médecins, et n’étaient qu’une illustration de leur rhétorique mortifère habituelle.

Ces intimidations intempestives sont non seulement dommageables à la parturiente, mais sont en plus illégales. En effet, la plupart des pays occidentaux se sont dotés d’une loi consacrant le consentement libre et éclairé du patient comme préalable à tout acte médical.[1] Le législateur impose que le consentement soit libre, c'est-à-dire dépourvu de contrainte et renouvelé avant chaque acte. Il doit en outre être éclairé, et donc être précédé par toute l’information nécessaire sur les actes que le patient va subir, des risques normalement prévisibles en l'état des connaissances scientifiques et des conséquences que ceux-ci pourraient entraîner. Enfin, ce consentement, obtenu après tant d’explication et de dialogue, peut être à tout moment retiré par la parturiente.[2] Pourtant, malgré ces lois en vigueur depuis plus d’une décennie, des femmes continuent à subir des assauts sur leur corps et des privations des libertés les plus fondamentales dans les salles d’accouchement sous prétexte d’effroyables dangers.

On peut dès lors se demander pourquoi les obstétriciens préfèrent vociférer des menaces de mort plutôt qu’expliquer calmement aux femmes enceintes les raisons d’un traitement précis ou d’un acte médical envisagé. La réponse est très simple : parce qu’ils n’en connaissent pas la raison. Ils se contentent de reproduire, sans les questionner, les gestes appris durant leurs années d’études. Ils déroulent, sans discuter, les protocoles hospitaliers qui visent plus à veiller à la bonne organisation du service et à la protection de l’institution contre les recours judiciaires qu’à permettre aux femmes d’accoucher dans de bonnes conditions matérielles et psychologiques.[3] Ils ne s’intéressent pas à la recherche médicale sur la naissance et aux découvertes les plus récentes dans le domaine de la naissance.[4] En faisant fi des nombreux articles scientifiques en sens contraire, ils adhèrent au dogme hérité des siècles passés voulant que plus le médecin intervient dans le processus de parturition, plus l’accouchement est sécurisé.

En tant qu’être humain, chaque personne est bien sûr libre de se soumettre à des croyances et des dogmes. On pourrait néanmoins s’attendre à ce que des médecins qui ont suivi de longues études aient eu l’occasion de développer une once de démarche scientifique. Il serait même logique que des professionnels ayant prêté le serment d’Hippocrate soient capables d’user de leur esprit critique. Au-delà-même d’exiger d’eux qu’ils respectent la loi, la décence voudrait au minimum qu’il dépose les armes et s’abstiennent de menacer de mort les femmes qui font preuve de clairvoyance et d'intelligence.



[1] Loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, dite « Loi Kouchner » (France) ; Loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient (Belgique) ; Georges Hermans, « De l’information du patient au consentement éclairé et après… », Bull. Soc. belge Ophtalmol., n° 291, pp. 39-45, 2004.

[2] Ordre national des médecins, « art. 36 – consentement du patient », commentaire de l’Ordre, 11 octobre 2012.

[3] Interview de Céline Darmayan, « ‘Entre leurs mains’, le documentaire entre intimité et poings levés », 26 février 2014.

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 15:22

Je vous joins cet article qui peut vous interesser:

 

Vers un droit à l’intimité pour les femmes qui accouchent ?

Posted: 30 Oct 2014 06:57 AM PDT

Après l’arrêt Ternovszky c. Hongrie qui a reconnu aux femmes le droit de choisir les circonstances de leur accouchement, en ce compris le choix d’accoucher à domicile, la Cour européenne des Droits de l’Homme s’est une nouvelle fois prononcée sur les conditions d’accouchement au regard de la Convention. Dans la présente affaire Konovalova c. Russie, la Cour a estimé à l’unanimité que le fait d’autoriser la présence d’étudiants à assister à un accouchement sans que la parturiente y ait expressément consenti constitue une violation de l’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme garantissant le respect de la vie privée.

Ces deux arrêts récents sont très importants puisqu’ils augurent une prise en compte des violations de droits fondamentaux qui ont lieu quotidiennement dans les salles d’accouchement. Afin poursuivre la sensibilisation des défenseurs des droits humains sur ces violations, j’ai rédigé un commentaire juridique de l’arrêt Konovalova que je vous invite à lire sur le blog phare « Combats pour les Droits de l’Homme » : Vers un droit à l’intimité pour les femmes qui accouchent ? (Konovalova c. Russie).

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 19:30

Je viens de vous transmettre l'interview de Jacqueline ; la seconde partie vient de paraitre vous la trouverez sur le site du collectif

Jacqueline est une sage-femme formidable: j'ai fait plusieurs stages de formation avec elle; sa compétence, son expérience, son humanisme et son militantisme sont extraordinaires...

Elle est aussi dans le film "Entre leurs mains "qui commence à passer en salle...quand des associations en organisent la projection...il est extraordinaire car même si on ne souhaite pas (ou ne peut pas!) accoucher à domicile il suscite beaucoup de réflexions sur ce que doit être le moment où un enfant vient au monde où ses parents l'aident à voir le jour

 

Donc, je crois qu'il y aurait bien des associations dans le coin "Parents simplement" SOS allaitement ou autre qui pourraient organiser la projection? je suis prête à aider...

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 19:28

Collectif de Défense de l'Accouchement À Domicile

Pour le droit de choisir son accouchement : il est de notre devoir de défendre nos droits.

Interview de Jacqueline Lavillonniere (1/2)

Publié le 26 septembre 2014Mis à jour le 27 septembre 2014

Au début de l’été, l’ANSFL et l’UNSSF (1) ont relayé un appel à dons pour financer des actions en justice, en particulier contre le Bureau Central de Tarification (BCT), jugé en partie responsable de la situation de statu quo sur la question des assurances professionnellesarrow-10x10.png. Mais plus que les deux associations représentatives professionnelles, ces démarches sont portées par Madame Jacqueline Lavillonniere, sage-femme libérale.
Afin de vous permettre de mieux comprendre ces recours judiciaires et l’importance du pot commun pour les financer, nous avons interviewé il y a quelques semaines Madame Lavillonniere.
Nous vous présentons aujourd’hui la première partie de cet entretien.

C’est aussi l’occasion pour nous d’inaugurer une nouvelle rubrique sur le blog du Collectif qui nous permettra de vous offrir, aussi régulièrement que possible, d’autres interviews et portraits d’acteurs de la périnatalité, de la naissance respectée et, tout particulièrement, de l’accouchement à domicile.        

Dans cette première partie de l’entretien, nous avons abordé avec Madame Lavillonniere l’évolution du regard de la société sur l’accouchement à domicile (AAD) depuis le début de son exercice libéral, la situation des sages-femmes AAD en 2014 et la question de l’assurance.   

 **********                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

Jacqueline Lavillonniere lors d'une manifestation sages-femmes (5)Jacqueline Lavillonniere lors d’une manifestation sages-femmes (5)

 Vous êtes sage-femme libérale prenant en charge les accouchements à domicile depuis une trentaine d’années. D’après vous, quelle a été l’évolution du regard sur celui-ci depuis   que vous avez commencé à exercer, tant au niveau professionnel qu’au niveau de l’opinion publique ?

 Jacqueline Lavillonniere : Trente ans… un peu plus ! Le premier bébé que j’ai vu naître à la maison a 42 ans ! L’évolution du regard… déjà, aujourd’hui, on parle de l’accouchement à domicile, il y a des reportages, des articles, … même s’il y a peu d’AAD, c’est connu du grand public. Alors que quand je me suis installée en Ardèche, en arrivant de Paris, je n’envisageais pas du tout faire des accouchements à domicile. J’ai répondu à des demandes de parents, mais je n’étais pas, moi, dans cette démarche. A l’époque, quand un bébé naissait à domicile, en mairie, à l’État Civil, ils s’attendaient toujours à voir une sage-femme âgée, pas du tout une jeune sage-femme. C’était déjà bizarre.

Historiquement, dans les années 50, après la création de la Sécurité Sociale, il y avait encore quelques irréductibles qui continuaient à accoucher à la maison, comme elles l’avaient toujours fait ; et ce,     malgré les gros avantages offerts par la Sécurité Sociale, la prise en charge financière, la semaine de congés payés, …Parce qu’on n’allait pas accoucher à l’hôpital pour une question de sécurité renforcée, c’était pour ces raisons là, pour la Sécurité Sociale. Et puis il y a eu un creux entre les années 50 et 70 ; là, toutes les femmes voulaient aller en maternité, le discours changeait.

À partir des années 70/80, on a vu une nouvelle tranche de la population émerger, des gens qui remettaient en cause toute la société, qui avaient des idées sur la politique, l’écologie, et la santé. Beaucoup de remises en question sur la santé. Ca a été le développement des médecines alternatives par exemple… et le retour d’une demande d’accouchement à la maison. C’était vraiment un mouvement, une attente de changement de société en profondeur. Mais ça restait encore assez confidentiel, on les considérait comme des marginaux.
Ça correspond aussi au Mouvement de Libération de l’Avortement et de la Contraception (M.L.A.C.) qui a précédé tous les débats, la loi Simone Veil, … Et de là, le mouvement qui était très marginal s’est amplifié.

Ce qui a évolué aussi, c’est que les parents ont pris de l’assurance. Et qu’on a commencé à se rendre compte que ce n’était pas des gens incultes ou marginaux, au contraire. D’ailleurs, je peux affirmer que sont en demande d’AAD des gens de toutes professions confondues. Y compris, voire beaucoup, des professions de santé. Quand je me suis installée dans le Maine et Loire il y a deux ans, d’emblée cinq sages-femmes sont venues en consultation ! Encore actuellement, nous en avons deux autres en suivi.
Pour l’anecdote, mes collègues en Ardèche ont même eu un procureur de la République !

Et au niveau des professionnels de santé ?

C’était la pensée enseignée par la Faculté de Médecine, dans le sens large du terme, avec tout ce qui est écoles, etc ; son idée dominante était qu’hors de l’hôpital, point de salut. La sécurité, c’était, c’est l’hôpital. Ce sont les parents qui ont commencé à rechigner, à s’interroger sur tout ça ; les professionnels de santé, certains, ont commencé à se remettre en cause à la suite de ça. Ça c’est fait dans ce sens, pas l’inverse.

Dans le premier Plan de Périnatalité en 1994, on remettait déjà en cause la surmédicalisation, la protocolisation autour des accouchements “normaux” ; on disait aussi que les grossesses et naissances pathologiques n’étaient a contrario pas suffisamment prises en charge. Depuis, en vingt ans, on a fait de très gros progrès pour la pathologie, le diagnostic et surtout le suivi et la prise en charge….

Mais pas pour la physiologie …

Non… on a oublié de reconsidérer les positions sur les cas physiologiques, donc la majorité des accouchements.

Je suis persuadée que c’est liée à l’organisation même du travail à l’hôpital. Même si les détracteurs d’une autre approche de la physiologie, et a fortiori de l’AAD, brandissent tout un tas d’études pour prouver la pertinence des choix en cours. Mais c’est le problème des études…

On peut leur faire dire un peu ce qu’on veut ?

Surtout on prend celles qui nous intéressent, qui appuient notre discours et on laisse de côté les autres qui nous dérangent. Et c’est la même chose dans tous les domaines, ce n’est pas spécifique ici.

On dit très souvent de l’AAD qu’il relève d’une démarche très confidentielle et ne concerne au final que très peu de femmes. Sachant que cette alternative est peu développée en France, le postulat n’est-il pas pipé au départ ? Selon votre expérience, et celle rapportée par vos consœurs, la demande d’AAD est-elle naturellement vouée à continuer de décroître ? Ou constatez-vous au contraire une demande stable/croissante mais qui ne peut être reçue favorablement par manque de praticiens (et qui n’est donc pas prise en compte dans les statistiques, qui restent par ailleurs floues) ?

Je ne peux pas dire exactement, je n’ai pas de chiffres en tête. Il me semble que le Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes (CNOSF) avait initié une enquête il y a quelques années, pour estimer cette demande. Mais je ne sais plus si c’était au niveau du public ou des sages-femmes.

Mon expérience personnelle, en près de 40 ans de pratique en Ardèche, c’est que la demande a été de plus en plus croissante. Mais je ne me rendais pas compte de ce que ça représentait vraiment ; c’est même un gynécologue-obstétricien avec qui je travaillais qui m’a fait découvrir que je faisais 8% de l’activité locale !

Donc à partir du moment où il y a des praticiennes pour répondre à la demande, on s’éloigne des 0,5% à 2% d’AAD ?

En effet. Bien sûr, on ne fera pas 50% de l’activité, ce n’est pas le but de toute façon.Mais ça ne me paraîtrait pas hors de propos d’envisager d’atteindre les 10%. S’il y a des sages-femmes disponibles, la demande est exponentielle. S’il n’y en a pas…

Depuis octobre 2013, la profession sage-femme traverse une grave crise et doit mener plusieurs combats de front (statuts, compétences et attributions, salaires, …). Les sages-femmes libérales pratiquant les AAD n’ont pas été épargnées en étant à nouveau épinglées sur leur manquement à l’obligation d’assurance professionnelle.
Ce rappel à la loi est intervenu en plein milieu du tournage du documentaire Entre leurs mains dans lequel le “grand public” a pu vous découvrir à l’automne dernier ; la réalisatrice, Céline Darmayan, a choisi de rebondir sur cette actualité et d’intégrer cette problématique au film en y consacrant la dernière partie [ndlr : du moins de la version courte]. Elle y met en exergue les conséquences auxquelles on pouvait s’attendre suite au courrier du Conseil de l’Ordre.
Votre consœur Muriel Candela, qui est l’une des trois autres sages-femmes suivies par Céline Darmayan, clôt d’ailleurs le documentaire avec une séquence où elle annonce qu’elle arrête la prise en charge des AAD.

Un an plus tard, quel bilan peut-on dresser pour les sages-femmes ? Quelle a été leur réaction ? (arrêts d’activité, mobilisation autour de la question, …)

Muriel a arrêté, oui. Elle explique d’ailleurs très bien dans le film que c’est un tout, qu’elle en a assez de se battre toute seule, de subir la pression constante, les bâtons dans les roues. C’est pour ça que ce passage a autant ému je crois, on voit que sa décision a été prise à contre-cœur. Ce n’est pas spécifiquement dû à la question de l’assurance, ce n’est qu’un aspect. Le plus dur, c’est le quotidien, les relations avec les professionnels de santé, etc. Pour Muriel, il y avait aussi les problèmes pour le plateau technique.

Le problème majeur, c’est qu’il règne une grande hypocrisie. Il n’y a pas eu pour le moment d’interdiction d’exercice prononcée au titre d’un défaut d’assurance. Le CNOSF dit même que c’est en dehors de son rôle que de faire appliquer cette loi. Le discours officiel est aussi de dire qu’ils cherchent depuis plus de dix ans une solution avec nous parce que c’est une situation anormale.

Mais il y a eu des radiations. C’est là où c’est très subversif ! Il n’y a qu’à voir récemment les deux sages-femmes [ndlr : Krista Guilliams et Françoise Servent] (2) qui ont été sévèrement sanctionnées alors qu’il n’y avait, à mon sens, pas de faute majeure. On ne sait même pas vraiment au final quelle est la base de leur radiation.

Aujourd’hui, le CNOSF n’ose pas se lancer dans des interdictions d’exercice à cause de cette problématique d’assurance… par peur des conséquences juridiques ? Parce que c’est complètement ubuesque ?

C’est la même chose du côté du gouvernement, là aussi il y a de l’hypocrisie. D’un côté, l’AAD est un droit sur lequel ils ne peuvent pas revenir, mais de l’autre, il y a cette assurance ; deux aspects totalement incompatibles.

C’est une interdiction déguisée en fait ? De ipse facto ?

C’est tout à fait ça. L’AAD est légal mais les sages-femmes ne peuvent pas l’accompagner.

C’est difficile d’estimer le nombre de sages-femmes ayant arrêté… je ne sais pas… Personnellement, à part Muriel, toutes celles avec qui je suis en contact étroit ont continué. Mais les arrêts d’activité ont débuté dès la loi de 2002. Elles ont été beaucoup à ne pas vouloir continuer, à ne pas se sentir prêtes à se lancer là-dedans, dans le militantisme. Il y avait beaucoup de raisons, les enfants, le stress, … toutes des raisons valables au demeurant. Et aussi les risques de travailler sans assurance, de radiation, etc.

C’est normal qu’il faille qu’elles s’assurent quand même, c’est la loi ! Pourquoi auraient-elles le droit d’y déroger ?” : justement, c’est l’une des critiques habituelles que l’on rencontre lorsqu’on essaye de sensibiliser le public à la défense de l’AAD.

Vos revendications sont-elles bien entendues ? Pouvez-vous nous rappeler en quoi elles consistent ?

Mais je suis bien d’accord ! On ne veut pas y déroger, bien au contraire, on veut pouvoir être couvertes dans notre exercice. Et surtout vis à vis de nos parents ! Ça nous permettrait de leur confirmer qu’en cas de problème – puisque le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais, pas plus à l’hôpital qu’à la maison -, ils ne seraient pas abandonnés au bord de la route, avec un enfant handicapé ; ça les rassurerait.

L’obligation d’assurance concerne en effet toutes les professions de santé depuis la loi Kouchner, qui était en partie une réponse à la problématique soulevée par l’arrêt Perruche. En quoi l’application de cette loi est-elle impossible spécifiquement pour les sages-femmes, contrairement aux gynécologues-obstétriciens par exemple ?

Le problème est que les risques et donc les montants de prime ont été évalués à la louche par les assureurs qui sont tout puissants et sans contrôle. Ils ont calculé en se basant sur le plus gros risque possible en cas d’accouchement tournant mal sans prendre en compte les risques de chaque spécialité médicale, sans calculer la réalité de la sinistralité. Et le plus gros risque, c’est un enfant handicapé ; donc des indemnisations possibles de plusieurs millions d’euros.

Et comme la pensée commune est que “tout accouchement est à risque”, alors pour eux “tout accouchement peut conduire à un handicap à couvrir”.

Vous parlez des risques de chaque spécialité médicale ?

Les sages-femmes AAD prennent en charge les grossesses, donc les accouchements, les moins à risques. Les gynécologues-obstétriciens quant à eux font de la pathologie. Ce ne sont pas les mêmes métiers, ni les mêmes risques.

En fait, les assureurs n’ont pas fait la distinction entre les spécificités de chacun et exigent donc les mêmes montants ?

C’est cela. Sauf qu’il y a une énorme différence de revenus moyens. Parmi les sages-femmes libérales, nous sommes celles qui touchons le moins, il est plus rentable de faire des cours de préparation à l’accouchement, du suivi, … Une sage-femme AAD, ses revenus dépassent difficilement les 22.000€. Un gynécologue-obstétricien touche autour de 90.000€.

Est-ce qu’il y a d’autres raisons qui font qu’il est plus facile pour les gynécologues-obstétriciens d’honorer leurs cotisations d’assurance ?

Oui, ils disposent d’une aide de la Sécurité Sociale. Le Ministère s’était ému à l’époque de cette problématique, puisque les gynécologues-obstétriciens ont aussi été confrontés à la flambée des prix d’assurance, et il a créé cette aide en retour. Ils perçoivent donc une subvention substantielle.

Mais pas les sages-femmes AAD ?

Pas les sages-femmes AAD. Nous sommes totalement entre les mains des assureurs qui ne sont pas des philantropes ; ce qui est normal en même temps. Mais les politiques ne sont pas favorables à l’AAD.

Au sommet de la pyramide décisionnelle dans ce domaine, on trouve le Bureau Central de Tarification. Qu’est-ce que c’est ?

Le rôle du BCT est de trouver une solution pour les gens qui ne peuvent pas s’assurer. Il ne peut être saisi que par une personne physique.

Donc une sage-femme en l’occurrence. Et quelle est la démarche pour le saisir ?

J’ai demandé à deux assureurs, réputés dans le domaine de la Responsabilité Civile et Professionnelle (RCP) médicale, de me couvrir dans mon activité AAD. La MACSF m’a envoyé un courrier pour m’informer qu’ils n’assuraient pas les AAD. La SHAM ne m’a même pas répondu.

C’est une fois ces refus essuyés, dans le délai imparti, que j’ai pu saisir le BCT. J’ai du choisir entre les deux assurances laquelle je voulais voir relancée ; ça a été la SHAM qui m’assure déjà par ailleurs. Le BCT les a donc sommé de me faire une proposition. Et là ils m’ont enfin répondu en me disant ok et en me proposant une assurance… à 22.000€.

Et ?

Et c’est tout.

Le BCT n’a rien fait de plus ?

Non.

C’est pour ça que L’ANSFL et l’UNSSF initient aujourd’hui une procédure de recours contre le BCT, pour laquelle une souscription publique a été ouverte ?

En quoi consiste cette démarche ? Quel est le résultat escompté ?

C’est moi qui lance cette procédure, puisqu’elle fait suite à ma demande d’assurance ; là encore une association ne peut pas se substituer à une personne physique. Mais oui, l’ANSFL et l’UNSSF me soutiennent. Ainsi que tous ceux qui participent à la souscription.

Il y a en fait deux démarches parallèles.
Pour la première, je saisis le Tribunat Administratif de Paris, dont dépend le BCT puisque c’est là qu’il se trouve ; mon avocat a rédigé un mémoire mettant en évidence les contradictions et les anomalies sur mon dossier.
Pour moi, et mon avocat, le BCT n’a pas rempli sa mission en ne se penchant pas sur les spécificités du métier de sages-femmes AAD, sa sinistralité ou encore sur mes revenus. Il aurait du étudier en profondeur le dossier au lieu de se dégager comme il l’a fait en disant juste aux assurances de prendre en charge et de me faire une proposition.
Le but est de forcer le BCT à peser plus fortement sur les assurances, à ne pas les laisser être seuls décisionnaires.

Par ailleurs, nous avons fait appel à un constitutionnaliste qui a lui aussi rédigé un mémoire qui a été adressé au Conseil Constitutionnel. L’objectif là est d’abolir, ou du moins redéfinir, revenir sur la loi responsable de cette situation.

La loi Kouchner ?

Il me semble [ndlr : nous n’avons pas eu le temps de trouver l’article de loi exact soumis à une Question Prioritaire de Constitutionnalité]. Tout remettre à plat afin de nous permettre d’avoir une RCP à un tarif accessible. Et en rapport avec les spécificités de sinistralité de notre métier.

Les fonds versés sur le pot commun s’élèvent aujourd’hui à 13.000€, quelle somme sera nécessaire pour finaliser le dossier ?

Je ne peux pas dire exactement. Ce sont des procédures très coûteuses… mais les 13.000€ ont en tout cas été déjà utilisés pour régler les premiers honoraires des juristes. Le seul mémoire pour le Conseil Constitutionnel a coûté 8000€.

Lors de l’émission débat de Public Sénat sur le sujet de l’AAD (2), la sociologue Béatrice Jacques regrette de constater qu’en une dizaine d’années rien n’a changé.

Jacqueline Lavillonniere, aux côtés de Madame la députée Muguette DINI, lors de l'émission débat sur Public SénatJacqueline Lavillonniere, aux côtés de Madame la députée Muguette DINI, lors de l’émission débat sur Public Sénat


Pourtant, durant cette période, d’autres démarches ont été entreprises afin d’améliorer la situation de l’AAD et de ses praticiennes en France. Qu’en est-il par exemple des travaux menés par le groupe MUTATION ? Pourquoi rien ne progresse, au contraire ? (3)

On a en effet tenté beaucoup de choses, mais rien n’a abouti. Le groupe MUTATION était pourtant une piste à laquelle on croyait. En 14 ans, j’ai rencontré beaucoup de gens, avec le CNOSF, avec des juristes, etc. On a été à leur rencontre pour expliquer ce qu’est réellement le métier de sages-femmes AAD. Le groupe MUTATION m’a permis par exemple de longuement discuter avec le Directeur Général de la SHAM. Et avec beaucoup d’autres.
Dans ces réunions, on a affaire à des “humains”. Ils opinent du chef, ils sont très ouverts, ils essayent de comprendre. Lors d’une rencontre avec des assureurs organisée par le groupe MUTATION, il y avait même deux jeunes hommes, représentants des assurances, qui avaient été très attentifs ; ils venaient de vivre un accouchement à l’hôpital et ils étaient très impressionnés par ce que je leur présentais de l’AAD parce que ça n’était pas du tout ce qu’ils avaient vu et vécu à l’hôpital.

Le problème, c’est qu’une fois sortis de ces réunions, quand ils retournent devant leur bureau, ils redeviennent des “professionnels” ; le discours change, ils se plient à nouveau aux normes, aux directives.

C’est la même chose avec les gynécologues-obstétriciens. En relation singulière, ils sont parfois, régulièrement, même totalement d’accord avec nous ; mais le discours officiel est tout autre, ils suivent la position du Conseil National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Ça a été le cas d’ailleurs par exemple avec le Docteur CARBONNE lors de l’émission de Public Sénat. Sur le plateau, le discours était très convenu. Alors que dans les couloirs, on se baladait, lui, Mme DINI et moi-même, valise à la main en discutant. Son discours était beaucoup plus nuancé, beaucoup plus ouvert.

On se comprend entre “humains”. Mais entre “professionnels”, c’est autre chose.

 

[...]

- FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE DE L’ENTRETIEN -

 

Nous aurons le plaisir de publier dans les jours prochains la suite de cette interview, portant sur les autres problèmes qui pèsent sur l’accouchement à domicile aujourd’hui en France.

Si vous souhaitez participer au pot commun : www.lepotcommun.fr/pot/70u3kyuf

 

 

1 : http://choisirsonaccouchement.wordpress.com/2014/07/10/lansfl-et-lunssf-initient-conjointement-une-procedure-de-recours-contre-le-bct/
2 : http://choisirsonaccouchement.wordpress.com/2014/05/17/avril-2014-radiation-de-deux-sages-femmes-liberales-pratiquant-les-accouchements-a-domicile/
3 : http://www.dailymotion.com/video/x1kilqz_accoucher-autrement-le-debat_news
4 : http://ciane.net/blog/2006/11/assurancercdessages-femmesetaccouchementadomicile/
5 : photo d’illustration issue du site du film Entre leurs mains : http://www.entreleursmains.org/presentation-des-quatre-sages-femmes/

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