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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 19:55
e fais passer ce message;
c'est un peu long mais je vous en prie lisez jusqu'au bout: c'est super important, c'est une très juste analyse! il est grand temps que les sages femmes soient VRAIMENT RECONNUES
 
 
Bonjour à toutes, bonjour à tous,
Nous, sages-femmes, voudrions revenir sur certains points car ce que nous lisons, entendons, ces derniers temps ne nous semble pas refléter la réalité de notre mouvement de grève.
Un communiqué de presse émanant du gouvernement et relayé partout annonce qu'on nous aurait accordé 500 euros d'augmentation mensuelle: 183 euros du Ségur (que nous ne considérons pas comme une avancée puisqu'elle rattrape simplement un oubli incompréhensible: les sages- femmes avaient été "oubliées"!) + 78 euros indiciaires + 240 euros de prime (qui ne seront donc pas versés si arrêt maladie ou congé maternité et qui ne comptent pas dans le calcul des retraites) =78 euros. Merci beaucoup mais on est loin des 500 annoncés.
Les sages-femmes territoriales (sages-femmes de PMI) auront uniquement les 78 euros.
Les libérales n'auront rien. Pour info, les sages-femmes (profession médicale, 5ans d’études) gagnent, en libéral, en moyenne autant qu'un orthoptiste ou un podologue (3 ans d'études), et 1200 euros net de moins qu'une infirmière (3ans d'études aussi). Ces professions paramédicales sont pourtant bien loin de notre niveau de responsabilité, nous qui veillons sur la santé et la vie des femmes et de leurs enfants.
Depuis de nombreuses années on nous remercie pour la qualité de notre travail de prévention. La dernière fois c'était en septembre par le ministre de la santé lui-même. En effet, la prévention est un investissement sociétal qui permet de faire des économies majeures : en prévenant et dépistant, on baisse les coûts de santé puisque les pathologies n'apparaissent pas. Donc on économise sur les passages aux urgences, les opérations, les médicaments, les consultations... mais aussi sur les dépenses sociales qui n'auront pas lieu (protection de l'enfance par exemple)
La liste des actions de dépistage et de prévention menées par les sage-femmes est vertigineuse (dépistage du diabète, de l'hypertension, aide au sevrage tabagique, violences au sein des familles, cancer du col de l’utérus, mort subite du nourrisson, maladies sexuellement transmissibles, vaccination, dépressions anténatales et du post-partum, ivg... ) Et plus les années passent, plus on rajoute de cordes à nos arcs. Nous sommes en accord avec cela, mais malheureusement, la prévention prend du temps car elle nécessite de faire de la pédagogie en plus de réaliser des actes techniques. Les consultations des sages-femmes sont donc largement sous- évaluées et ne permettent pas/plus aux sage-femmes de faire le travail de qualité qu'elles voudraient faire : Nos actes n'étant pas assez valorisés, les structures qui emploient les sages-femmes n'ont pas intérêt à augmenter leur masse salariale en embauchant plus de sages-femmes... Donc les hôpitaux et les PMI resserrent les effectifs, réduisent la qualité des soins apportés à la population et les plus fragiles en pâtissent les premiers. Est-il normal que les structures de soins soient gérées comme des entreprises? Puisque la qualité de nos actions est reconnue implicitement en nous mettant toujours plus en avant, ne pensez-vous pas que nous méritons une valorisation concrète de nos actes? On sait nous dire combien coûtera notre "augmentation" qui n'en est pas une mais qui peut chiffrer les économies colossales qui sont faites grâce à nous? Quand décidera-t-on que les sages-femmes seront enfin rémunérées à hauteur de leurs compétences?
On nous accorde une 6ème année d'études et c'est très bien pour nos étudiants exsangues qui font actuellement 1400h de plus en 5ans que les étudiants dentistes qui font déjà 6 ans d'études. Mais qui va accepter de faire 6 ans d'études avec notre niveau de responsabilité en étant si peu rémunéré (actuellement 1700 euros à l'hôpital en début de carrière) quand bien même nous aurions 78 euros de plus et une prime de 240 euros? C'est ridicule tout simplement.
De plus, dans les hôpitaux les sages-femmes sont gérées par les affaires paramédicales alors qu'elles exercent une profession médicale. Pourquoi ?
L'autre requête majeure des sages-femmes est qu'elles demandent une révision indispensable et urgente des décrets de périnatalité. Ceux-ci régissent notamment les effectifs des établissements selon leur nombre d'accouchements par an. Les décrets actuels sont basés sur une pratique hospitalière qui n'a plus cours puisque de nos jours les femmes qui accouchent veulent de plus en plus pouvoir se mobiliser, souvent sans péridurale ou avec une péridurale déambulatoire, et que leur projet de naissance soit respecté le plus possible. Nous soutenons ces évolutions, qui sont encouragées par ailleurs par l'HAS (Haute Autorité de Santé), et qui permettent aux femmes de se réapproprier leur corps, leur individualité et la naissance de leurs enfants. Mais cela nécessite beaucoup plus de temps de présence. Sans compter que les décrets de périnatalité ne tiennent pas compte des accouchements survenus avant 22 semaines d'aménorrhée ni de ceux qui font suite aux interruptions médicales de grossesse qui se font aussi en salle de naissance, ni des heures consacrées à la surveillance des femmes présentant des pathologies nécessitant une surveillance continue de la mère et de son enfant à naître (poussée hypertensive, fièvre importante, menace d'accouchement prématuré en phase aiguë, hémorragie de la délivrance, etc...) qui sont prises en charge en salle de naissance également... Ces femmes, ces couples nécessitent d'être choyés, d'être accompagnés pour traverser des angoisses quelques fois massives, et pour certains des deuils éminemment douloureux lorsqu'ils perdent un enfant. Les sages-femmes sont là aussi pour eux. Au-delà des images d’Épinal de notre profession, c'est peut être là que notre profession prend tout son sens. En accompagnant la vie dans toutes ses dimensions, de la plus grande des joies à la plus dure des réalités.
Nous demandons que tout soit mis en oeuvre pour nous permettre d'accompagner toutes nos patientes le mieux possible. Les décrets de périnatalité et leur application à la lettre font qu'actuellement, partout sur le territoire français, les sages-femmes sont en grande souffrance institutionnelle car en grand sous effectif. Dans de nombreux établissements, la charge de travail est telle qu'il n'est même plus question pour les sages-femmes d'avoir le temps de manger ou même d'uriner lors de leurs gardes de 12h. Et, inévitablement, la qualité des soins physiques et psychiques apportés aux patientes/aux couples s'en ressent. Au détriment des femmes. Encore des femmes... Pourtant, il s'avère que la 1ère cause de mort maternelle en France après une naissance est le suicide. Comment est-il possible de savoir cela et de négliger à ce point les conditions d'accouchement des femmes? Quand se décidera-t-on à refuser résolument les violences obstétricales engendrées par le système?
Si certaines sages-femmes ont peut être été satisfaites des qualités d'écoute de notre président-candidat, la plupart d'entre nous attendent beaucoup plus de sa part et pour le moment le compte n'y est pas du tout.
Alors que les violences faites aux femmes étaient la grande cause du quinquennat, les maternités sont en danger de désertion et de burn out. Si le président a "tout compris" comme l'a dit notre consœur interrogée par LCI, il sait que ce ne sont pas ses mots qui sauveront le système de soin obstétrical mais :
- des décrets pour permettre aux femmes d'accoucher comme elles le méritent, en sécurité, et en étant accompagnées pleinement par des sages-femmes disponibles pour elles dans ce moment fondateur unique qu'est la naissance d'un enfant, et
-des engagements économiques à la hauteur du niveau de formation et donc de compétence des sages-femmes, maillons indispensables de la santé des femmes.
Bien à vous,
Vos sages-femmes, celles de vos mères, de vos femmes, de vos filles.
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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 13:14

https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-du-mardi-19-octobre-2021?fbclid=IwAR2AX5U08UMSGHrKYw-KtV5_43CYZhN-BLX3CnJan8hxLXTHJUhyzGPm3_s

 

Une émission super interessante!

le livre de Marie Richeux a l'air très bien

Les propos de Chantal Birman (que j'ai l'honneur de connaitre et apprécie beaucoup! mais aussi ceux de Simone de Beauvoir et de Françoise Dolto) sont très importants soulignant ce soin extrême à apporter à la femme en train de devenir mère (pendant la grossesse, en accouchant, après... ) est précieux et essentiel; soulignant la maltraitance dont elles sont souvent victimes (du fait de l'économie de gestion et de profits devenue prioritaire à l'hôpital!... maltraitance dont y sont aussi victimes les sages femmes à l'hôpital)

Plein de questions, de réflexions à partager!

 

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30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 23:16

De la lecture encore un peu ou des émissions à écouter

https://www.madmoizelle.com/12-militantes-feministes-a-suivre-quand-on-sinteresse-a-la-maternite-1119859?fbclid=IwAR0FilKNU0LGmSd5gFYRN6DHAdw7xsFvY6EBj6ujK455psr32jz1pgvUfDI

 

https://apprendreaeduquer.fr/portage-bebes/?fbclid=IwAR0-Q3KpTgy-6soNzy_Yaov1tVLD3ZkD2pF0oa3XoWZ39HAuAQ9f9GCgs0Q

 

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-30-novembre-2020?fbclid=IwAR1I8F9cEzkt8q5CDwF-QrNHxb1Q18GFFGNkCeH20mYX45OvAZuojXbH36M

Et parce que le "Quatrième" trimestre de grossesse est trop souvent oublié, ignoré, négligé, par l'entourage, la famille, le conjoint, le monde médical mais surtout par les femmes elles mêmes:

https://www.lequatriemetrimestre.com/etre-mere-sans-soublier-mission-impossible/?fbclid=IwAR1_q6uISJCL80Se38zUAqW-ZiKwmxXt0uSUZLFOXo-K6i7WRtorMchtnWw

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30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 20:04

Un formidable livre que je vous conseille pour cet été (et pour toujours!)

il s'agit de

ENCEINTES

La vie en soi

de Laurence AUBRUN

avec une préface d'Alice Ferney

éditions Emmanuel

 

Laurence Aubrun, je l'ai rencontrée car une connaissance commune nous avait mises en contact  puisque Laurence réunissait des témoignages pour son livre (je crois qu'elle me l'a présenté comme un "essai") Nous avons passé plusieurs heures à échanger, j'ai regretté ensuite de m'être laissée entraîner sur mon sujet favori...l'hapto sans avoir assez élargi à toutes les situations où j'ai pu rencontrer le désir, tout comme le non-désir d'enfant et toute la palette de nuances entre ces deux positions

Je n'en ai pas encore fini la lecture, je savoure: ce livre est vraiment superbe,  brillant, très agréable à lire et très éclairant

Alice Ferney écrit:

" Ce livre est formidablement incarné... Laurence Aubrun sait donner la mesure de l'évènement "attendre un enfant"

c'est d'un tout autre niveau que le bouquin sans cesse réédité d'une autre Laurence!

et la quatrième de couverture dit aussi:

Dans cet essai original et brillant, l'auteur nous fait vivre l'odyssée de la grossesse, ce corps -à- corps intime, commun à toutes les mères et toujours hors du commun, qui fut pour chacun d'entre nous le premier chapitre de la vie

j'avais envisagé d'en acheter plusieurs pour pouvoir vous le proposer mais cela complique peut être plus les choses?

Bref, je vous en souhaite bonne lecture!

 

Pour rester dans le domaine des livres, puisque maintenant, je n'ai plus de raison d'être réticente à déborder de ma vie professionnelle et que d'autre part, certain-e-s d'entre vous ont aimé mon premier livre "Fée d'hiver" j'ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon deuxième "Portraits et Confidences", plus léger et rafraichissant, avec en troisième partie de très beaux textes d'une amie que j'ai embarquée dans l'aventure... Parfois, on me réclame un témoignage sur mon métier! Cela viendra peut être plus tard? le troisième en route n'est pas sur ce thème là!

Peut être une image de arbre, plein air et texte qui dit ’Portraits et confidences d'ici et d'ailleurs Textes d'Irène Pergent et de Viviane Rogé Éditions La Galipote’

Peut être une image de plein air, arbre et texte

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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 17:13

HNI

Grâce à une maman qui pratique (avec son conjoint bien sûr) la HNI avec son enfant, je sors de ma torpeur et de mon silence...

La HNI, ?? c'est

l'HYGIÈNE NATURELLE INFANTILE

J'en ai vu à plusieurs reprises les bons résultats, impressionnants, avec son enfant...

Certaines critiques disent que la HNI ressemble un peu à du dressage! C'est peut être vrai dans certains cas quand les parents sont stressés ou autoritaires ou... car, sinon, en fait, c'est tout le contraire!

Il s'agit d'une attention bienveillante et respectueuse envers l'enfant qui l'aide à acquérir de plus en plus d'autonomie dans l'épanouissement de sa personnalité...

Vous voyez que ce n'est pas vraiment éloigné de l'haptonomie! Comme certains parents m'ont dit être intéressés, je vous communique les références du livre que conseille cette maman:

 

Rokiyah Osen (psychomotricienne)

Hygiène Naturelle et Infantile

Se passer de couches dès la naissance

Préface d'Emilie Antoine psychologue

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 21:45

un clip très sympa qui décrit très bien notre situation

 

https://www.youtube.com/watch?v=37bpGE_zhvA&feature=share&fbclid=IwAR1GhLU_hCM5DyK555Y0hkDTCD-vb2ZTaCQ6glO1DgLNG96Q-yuAn05f7G0

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11 juillet 2020 6 11 /07 /juillet /2020 21:33

Voici un article qui nous vient de Belgique mais qui trouve tout à fait son intérêt en France...

https://www.rtbf.be/info/dossier/les-grenades/detail_accouchement-respecter-les-femmes-ferait-economiser-50-millions-d-euros-par-an-a-la-securite-sociale-les-grenades?id=10415642&utm_source=rtbfinfo&utm_campaign=social_share&utm_medium=fb_share&fbclid=IwAR3Q1r0__ShvERQsB3sFVkKt6hCvNjk68iccv8OLLaVKHWHW5ev1MEcTYdc

Comme beaucoup de femmes, d'hommes aussi, et pas seulement des féministes enragé-e-s (euh je voulais dire "engagé-e-s") je ne décolère pas de voir un ministre de l'intérieur accusé de harcèlement, de viols (n'est ce pas lui aussi qui avait oublié de déclarer ses impôts étant quasi "allergique" à toute démarche administrative?) ,...mais bien sûr, il sera sûrement bien protégé par un ministre de la justice tenant des propos si insultants auprès des femmes et soutenant la drague, le harcèlement et même le viol! Les Droits des Femmes ont de beaux jours devant eux! Raison de plus pour demander des  conditions les plus humaines et respectueuses possible pour accoucher!

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 16:22

cet article me parait très beau et réconfortant pour celles qui se sentiraient "déçues" d'un accouchement par césarienne

http://www.huffingtonpost.fr/monet-moutrie/temoignage-cesarienne-accouchement_b_7271892.html

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 22:29

Et voilà que ces jours-ci, un couple m'a posé la question de savoir sur quels critères, on pouvait choisir où accoucher, ou plus exactement sur quels critères choisir sa maternité et c'était d'ailleurs plutôt: "Est-ce que la maternité où nous nous sommes inscrits est la bonne?" car quand on me pose la question, l'inscription est déjà faite!... et il n'y a plus qu'à se dire que c'est le bon choix, quitte à , au long de la grossesse, introduire d'autres critères de choix, s'affirmer en tant qu'acteurs(et non pas seulement patients/ passifs, poser des demandes courtoises mais précises...

Car les critères de choix d'une maternité sont très nombreux, ils devraient être listés et hierarchisés et leur ordre d'importance peut et va sûrement varier au long de la grossesse au fur et à mesure qu'on prend conscience de certaines choses essentielles. Il est fort difficile de changer de lieu de son plein gré science à l'équipe de demandes et de besoins au cours de la grossesse mais rien n'empêche de faire prendre conscience à l'équipe de demandes et de besoins et de refuser certaines pratiques....

et puis, la discussion s'est élargie: on a parlé:

- "plateaux techniques" (= une maternité ayant passé contrat, convention avec des sages-femmes libérales qui pourraient y venir pour accompagner lors de leurs accouchements les femmes qu'elles ont suivies pendant la grossesse (mais déjà combien de femmes savent qu'elles seront très bien suivies par une sage-femme pendant leur grossesse (et leur suivi gynéco contraceptif, de la puberté à ...après la ménopause...tout aussi bien et parfois mieux ...qu'ailleurs?)

pas du tout d'actualité dans l'agglo rouennaise, ça commence à bien exister en Francee

- maisons de naissance: très répandues dans de nombreux pays d'Europe (qui ont d'aussi bons résultats, si ce n'est meilleurs qu'en France) mais presque pas en France ; la semaine prochaine, l'Association Nationale des Sages-femmes libérales organise un colloque à ce sujet tant cela nous tient à coeur

- et...accouchement à domicile... et quand j'ai prononcé ce mot, j'ai vu l'effroi, l'effarement envahir le visage de la jeune maman

...

je ne résiste donc pas à vous transmettre encore un article de "Marie Accouche là" assez éclairant sur le thème surtout dans les liens en fin d'article, car, comme toujours les articles de cette Marie là sont bien documentés... Le problème, c'est qu'en France, il devient de plus en plus difficile de trouver une sage-femme car...la "chasse aux sorcières" (oui, au Moyen-Age, les médecins- hommes!- qui ressemblaient beaucoup aux médecins décriés par Molière, ont déclaré la chasse aux accoucheuses qu'ils appelaient "sorcières" ne supportant pas qu'elles soignent les femmes mieux qu'eux) la chasse donc continue, cette fois-ci en demandant aux sages-femmes de payer des assurances qui engloutiraient tous leurs revenus!

Le mythe de l’accouchement qui dérape en quelques secondes

Posted: 18 Mar 2015 01:50 AM PDT

Il suffit d’évoquer l’idée d’accoucher en dehors d’un hôpital pour qu’une armée de médecins s’élève en brandissant les innombrables risques de cette entreprise. L’argument le plus utilisé est que toutes les femmes, y compris celles en excellente santé, à la grossesse idyllique et ne présentant aucun risque apparent, peuvent voir leur accouchement se compliquer sans la moindre raison et virer au drame en quelques instants. Un médecin peut se limiter à prononcer cette phrase pour contrer toute proposition visant à offrir aux femmes des lieux plus respectueux pour donner la vie, tels que les maisons de naissance ou la possibilité d’accoucher à domicile. Qu’importe si cet argument est irrationnel et en contradiction avec les données scientifiques, la terreur est la meilleure arme pour dissuader les femmes de toute aspiration à la liberté et les maintenir dans une soumission la plus absolue au pouvoir médical.

Certes, tout gynécologue pourrait évoquer une situation impérieuse personnellement vécue, où il s’est précipité tambours battants au chevet d’une parturiente, et où la naissance aurait abouti à une issue fatale s’il n’avait pas eu à portée de main scalpel, forceps et machines bruyantes pour sauver in extremis une mère ou son enfant. Ce qu’il ignore cependant, c’est que cette urgence apparente est bien plus due à l’organisation hospitalière qu’aux vices du corps féminin qui s’enraillerait par pure frivolité. Une comparaison fine entre les conditions d’accouchement vécu à l’hôpital et de celui accompagné d’une sage-femme à domicile permet en effet de relativiser ce mythe de l’urgence vitale impromptue.

Pour rappel, l’objectif d’une sage-femme accompagnant un accouchement à domicile est de préserver la physiologie et de mettre en place toutes les conditions tant matérielles qu’affectives assurant à la parturiente un confort maximal lui permettant de mettre son enfant au monde. Par sa connaissance intime de la future mère construite au fil des mois durant la grossesse, sa présence auprès d’elle dès les premières contractions et par son observation constante et discrète tout au long du processus, la sage-femme veille à une naissance la plus naturelle possible, en ne posant de geste médical que s’il est indispensable et avec la volonté de retourner au plus vite vers le fonctionnement physiologique du corps.

En revanche, l’organisation hospitalière consiste à effectuer sur la femme qui accouche une série de gestes médicaux standardisés, visant à faire naître le bébé selon des protocoles qui énumèrent les positions autorisées, les durées maximales des différentes phases ainsi que le rythme des contrôles effectués par sages-femmes et instruments. Chaque fois que le processus d’accouchement menace de sortir de ce carcan normatif, des gestes médicaux sont posés pour qu’il reste bien calé dans le cadre protocolaire. C’est ainsi que les femmes sont reliées à un monitoring contrôlant la fréquence et l’intensité des contractions, subissent des touchers vaginaux réguliers pour observer si la dilatation du col suit la courbe d’un centimètre par heure et reçoivent des injections d’ocytocine pour augmenter l’activité de leur utérus. Si la naissance présente certaines lenteurs, l’enfant est extrait sans ménagement par l’action de ventouse, forceps ou bistouri, voire par césarienne.

Lors d’un accouchement à domicile, les praticiens s’adaptent à la femme. Lors d’un accouchement à l’hôpital, c’est la femme qui s’adapte aux praticiens.

Les dérapages au bas de la cascade

Accoucher à l’hôpital présente dès lors plus de risques de complications qu’à la maison. Comme je l’ai expliqué dans mon billet « Si je n’avais pas accouché à l’hôpital, je serais morte et mon bébé aussi ». Ah bon ?, chaque geste médical est assorti d’une liste d’effets secondaires qui entraînent d’autres, se transformant en une cascade d’actes pouvant aboutir à des complications qui n’auraient jamais lieu lors d’une naissance respectée.

Prenons l’exemple d’une des complications les plus graves et les plus meurtrières puisqu’elle constitue la première cause de mortalité en couche dans les pays occidentaux : l’hémorragie de la délivrance. En temps normal, l’utérus, après avoir effectué moult contractions pour expulser le bébé puis le placenta, se rétracte afin d’obstruer les vaisseaux sanguins qui ont assuré les échanges entre la mère et l’enfant durant toute la grossesse. Il arrive parfois que l’utérus soit atone, c’est-à-dire tellement fatigué qu’il devient amorphe, ou qu’un morceau de placenta resté à l’intérieur de la cavité utérine empêche cette rétractation. S’en suit dès lors une perte de plus de 500 millilitres de sang considérée comme une hémorragie du post-partum.

Bon nombre d’actes médicaux posés sur les parturientes pour accélérer l’accouchement augmentent ce risque d’hémorragie. C’est le cas des injections d’ocytocine de synthèse administrée à fortes doses dans tous les hôpitaux, qui intensifient douloureusement les contractions pendant le travail, et qui augmentent jusqu’à cinq fois le risque d’hémorragie de la délivrance.

Parfois, les obstétriciens, dans leur quête de rentabilité maximale et dénués de tout égard pour les femmes qu’ils espèrent juste garder vivantes, administrent aux futures mères du Cyctotec, un médicament ayant reçu une autorisation de mise sur le marché pour soigner les ulcères d’estomac. Comme cette molécule très bon marché a pour effet secondaire de déclencher des fausses-couches par des contractions utérines, il n’en fallait pas plus pour qu’il soit, sans la moindre considération pour la mise en garde de la Haute Autorité de Santé, détourné dans le but de déclencher des accouchements. Tantôt ses dosages à la petite semaine sur-stimulent l’utérus et augmentent le risque d’atonie lors de la délivrance, tantôt ce produit réduit le col en bouillie rendant toute réparation d’urgence impraticable, ce qui provoque parfois un véritable torrent de sang entre les jambes de la jeune mère, dont seule l’ablation de l’utérus en urgence la laissant définitivement stérile peut la sauver in extremis. Les gynécologues font preuve de la plus grande désinvolture face à ces complications sévères puisqu’en réponse à la mise en garde de l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) sur le détournement de ce médicament contre les ulcères, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens français s’est offusqué en demandant « quel est le médicament qui, provoquant des contractions utérines dans le but de déclencher l’accouchement n’augmente pas les risques de rupture utérine, d’hémorragie ou d’anomalies du rythme cardiaque fœtal ? ».

Lors d’un accouchement à domicile, comme aucun acte médical n’est posé sans nécessité, il est logique qu’aucune complication liée à ces actes inexistants ne puisse se produire. Certes, des hémorragies de la délivrance ont parfois lieu, malgré le respect absolu des parturientes et tout le soin apporté au confort de ces dernières, mais elles sont généralement bien moins sévères que celles produites suite aux agressions physiques et chimiques de l’utérus dans les hôpitaux. Dans ce cas, la sage-femme, qui dispose d’un important matériel de secours et de premiers soins, administre une injection d’ocytocine qui, en contractant l’utérus après l’éjection du placenta, limite les pertes sanguines, ce qui permet un transfert serein vers un hôpital pour une prise en charge médicalement justifiée. Cette piqûre sera d’autant plus efficace que la femme n’aura pas subi d’injection de cette hormone tout au long de son accouchement.

L’obstétrique et le manque d’anticipation

Des complications, parfois même très graves, peuvent malheureusement aussi se produire en dehors de toute brutalité médicale. Il est néanmoins possible de les anticiper avant qu’elles ne tournent à l’impératif vital. Que ce soit pour un défaut de progression du travail, une rupture utérine ou une souffrance fœtale, certains indices parfois très ténus apparaissent au cours de l’accouchement et dont l’observation fine permet de prendre des dispositions bien avant que l’extrême urgence ne soit déclarée.

Lors d’un accouchement à domicile, la sage-femme qui est en permanence aux côtés de la parturiente, a précisément pour mission d’identifier les signes de potentielles complications. Par sa connaissance intime de la femme dont elle a suivi la grossesse, elle peut aisément repérer un malaise soudain, un changement d’état d’esprit, un ralentissement de la progression de l’accouchement, des saignements anormaux, une douleur imprévue, un rythme cardiaque du fœtus qui dévie de la normalité. Elle dispose d’un grand nombre d’indices présageant une difficulté, et l’incitant, au moindre doute, à organiser un transfert vers un hôpital dans de bonnes conditions. Pour permettre une sécurité optimale de l’accouchement à domicile, une sage-femme me confiait s’être donnée cette règle de conduite : « dès que je me pose la question du transfert, je transfère ».

En revanche, dans un hôpital, cette anticipation fine des potentielles complications n’a pas d’intérêt puisque non seulement la parturiente est déjà à proximité directe d’un bloc opératoire, mais en plus, l’accouchement est par définition considéré comme une succession de complications qu’il faut traiter par des gestes médicaux standardisés. Les femmes y sont généralement abandonnées à elles-mêmes durant une grande partie du travail, observées à distance par des machines automatiques, et délaissées à des sages-femmes débordées et interchangeables qui se limitent à des gestes techniques visant plus à optimiser l’occupation des salles d’accouchement qu’à assurer le bien-être des parturientes. Lorsque les indicateurs virent subitement au rouge, un branle-bas de combat est organisé dans les couloirs de la maternité, par lequel gynécologue, anesthésiste, pédiatre, sages-femmes et infirmières accourent pour délivrer, à grand renfort de stress et d’appareillage sophistiqué, la femme ou son bébé d’une complication fatale que personne n’avait pris la peine de devancer.

L’accouchement à domicile est aussi sûr qu’à l’hôpital

Cette différence d’approche entre la naissance à l’hôpital et à domicile permet de relativiser le mythe de l’accouchement qui dérape en quelques secondes. Les études scientifiques apportent la preuve que l’accouchement à domicile n’offre pas plus de risques qu’hôpital pour les femmes en bonne santé lorsqu’ils sont accompagnés par une sage-femme, et permettent en outre de leur éviter bon nombre d’actes médicaux inutiles et toutes les séquelles qui en découlent. Depuis décembre 2014, la plus haute autorité de la santé britannique (NICE) recommande même aux femmes à bas risque d’accoucher à domicile ou en maison de naissance plutôt qu’à l’hôpital.

Malheureusement, bon nombre de praticiens préfèrent ignorer ces études en s’accrochant aux idées reçues sur la dangerosité intrinsèque des femmes, sur leur corps défaillant et sur la versatilité inhérente à leur sexe, pour les priver de la liberté d’accoucher comme elles le souhaitent. A la rigueur des recommandations médicales, ils semblent préférer l’adage sexiste et misogyne « souvent femme varie, bien fol qui s’y fie ».

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