Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de irene.autour-de-la-naissance
  • Le blog de irene.autour-de-la-naissance
  • : échanger des vécus, des expériences autour de la grossesse, la naissance, l'allaitement, l'accompagnement haptonomique
  • Contact

Texte Libre

Recherche

16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 18:42
RETOUR DE CONGRÈS: SUITE

Voici enfin que je reviens pour continuer ce compte rendu...

Voici donc le texte de mon intervention même si, prise par le temps, je n'ai pas pu lire tous les témoignages prévus...

Par contre, j'ai pu projeter, en fond d'écran pendant que je parlais les photos de Paul et de Mona...

Bon, désolée, je vois que dans mon "copié/collé" les photos n'apparaissent pas! Pourtant le regard de Paul et le sourire de Mona ont fort impressionné le public!

Catherine Dolto nous a présentées en disant que nous allions faire une symphonie...D'emblée, je me suis permis de rectifier en disant que cela serait plutôt un concerto, à plusieurs voix, voix du dedans, voix du dehors mais dans tous les cas, voix du coeur et j'avais l'honneur d'en jouer l'ouverture! Nous nous étions bien concertées avec les deux autres sages-femmes et amies de Rouen, par contre, celles de Caen s'étant rajoutées au dernier moment, je ne vous assure pas de pouvoir vous transmettre leurs interventions...

Dedans / dehors ou comment la sage-femme,

dans son accompagnement haptonomique périnatal,

s’inscrit dans la prévention

Quand un couple choisit une sage-femme pour un accompagnement haptonomique, il n’a pas les mêmes attentes que s’il choisissait un médecin, un ostéo, un kiné, un psychologue…

Quand un couple est suivi par une sage-femme en hapto il ne recherche pas les mêmes choses que si c’est un suivi avec une sage-femme qui ne fait pas d’hapto…

Si ces différentes approches peuvent être complémentaires, quelles sont donc nos spécificités de sages-femmes haptothérapeutes ?

En tant que sages-femmes, nous avons une place privilégiée dans la venue au monde d’un enfant, dès la grossesse (parfois même avant), pendant sa naissance et dans les mois qui vont suivre. Nous avons un rôle spécifique dans le soutien de la force des femmes et dans l’accompagnement d’un couple qui devient parent.

Depuis la nuit des temps, nous savons reconnaître et respecter le processus physiologique de la grossesse et de la naissance. Nous savons aussi détecter tous les signes de pathologie au cours de ce processus, essayer de les éviter, de les réduire surtout s’ils sont induits par une hypermédicalisation ou un état d’angoisse.

L’haptonomie faisant appel au côté sain de la personne offre donc à la sage-femme de remplir complètement son rôle dans la sécurité affective, médicale et surtout dans la prévention de tout ce qui pourrait entraver la construction du lien, de la confiance, du bien naitre, du bien-Etre

La confiance et le respect de la temporalité de chacun sont des valeurs essentielles en haptonomie; ce sont aussi des outils de prévention en obstétrique qui vont ainsi limiter des blessures psychiques souvent difficiles à réparer par la suite

Quelques exemples vont pouvoir mieux illustrer ces propos

En tant que sage-femme hapto je vais proposer à l’homme la possibilité d’OSER VOULOIR prendre toute sa place de conjoint et de père aimant et soutenant tout en lui offrant les renseignements plus médicaux qu’il recherche souvent

Pascal vient pour la première rencontre en haptonomie : il ne sait pas vraiment en quoi ça consiste mais il apprécie d’être seul en couple, il veut mieux comprendre comment se déroule la grossesse et l’accouchement mais aussi rencontrer son bébé « à l’avance »…

Pascal est très intéressé par toutes les explications sur la physiologie de l’utérus, le processus de l’accouchement, le rôle des hormones etc mais il est surtout bouleversé de ce lien qui se crée entre eux trois, de la confiance que cela leur donne « on se connaissait déjà » dit-il après

Je vais aider à garder le lien quand pathologie et médical s’invitent tout en donnant les informations médicales en notre connaissance et à le préserver même quand ce lien est fragilisé

Témoignage de la mère de Paul :

Avant d'être enceinte ma plus grosse angoisse était d'avoir un enfant handicapé. C'était pour ça que nous avions choisi un hôpital niveau 3, pour le côté rassurant du médical. Heureusement sinon nous n'aurions pas su pour la malformation cardiaque et nous n'aurions jamais connu Paul. Nous avons voulu faire de l'haptonomie pour inclure plus le papa dans la grossesse. Nous avons bien fait de faire ce choix car ça nous a vraiment aidés tous les trois.

En effet d'un côté la "surmédicalisation" nous permettait de connaître l'évolution de Paul où je me disais qu'il ne fallait pas m'attacher et de l'autre l'haptonomie nous aidait à être en contact avec lui et Paul nous disait » j'existe bien et je vis ». C'est sûrement grâce à ça que nous y croyions. Avec le recul notre entourage nous a dit que nous avions l'air de tout prendre avec plus ou moins de légèreté, mais je crois que nous devions sentir depuis le début la soif de vivre de Paul.

. Je pense que ça nous a donné la force pour continuer la grossesse au mieux. Vous avez été d'un réel soutien aussi bien pendant la grossesse qu'à Necker. En ce qui concerne la césarienne, je ne regrette pas non plus. Certes je n'ai pas connu ce que certaines décrivent comme une bouffée de bonheur quand Paul est né. Mais nous l'avons eu tous les trois quand Paul nous regardait droit dans les yeux alors qu'il avait encore le thorax ouvert.

Sa naissance a été pour nous une incroyable histoire humaine, j'espère que l'on gardera toujours en nous cette force que l'on a eu tous les trois pendant cette période. Pour rien au monde j'aurais voulu manquer cette expérience."

Nous sommes quelquefois confrontés à la « menace d’accouchement prématuré » :

Véronique et Simbad sont tous deux médecins et attendent leur 1er enfant…Nous avons déjà eu plusieurs rencontres quand Simbad, (medecin anesthésiste !) m’appelle pour annuler le prochain rendez-vous car sa femme a des contractions et la gynéco leur a dit de ne plus toucher son ventre ! J’insiste pour maintenir le rendez-vous……je leur apprends à faire la différence entre des contractions physiologiques et celles qui pourraient être « menaçantes » et surtout ils constatent combien un toucher non-médical mais aussi tendre et subtil que peut être un contact psycho-affectif haptonomique, non seulement réduit les contractions mais les rassure tous les trois… ils terminent l’accompagnement et Mona nait à terme et…souriante !

Parfois, le couple, ou d’autres collègues ont des « fausses attentes » sur ce qu’est l’haptonomie

Amélie et Charles arrivent très inquiets à leur séance d’haptonomie prénatale juste après l’écho du 8ème mois: on leur a annoncé que le bébé était en siège, programmé une version, et parlé de césarienne... mais l’échographiste leur a aussi dit qu’en hapto des « exercices » pouvaient faire se retourner le bébé !

Je vais devoir leur expliquer comment se passe une éventuelle version, un accouchement par le siège, et surtout leur expliquer que les « exercices » indiqués vont surtout consister à offrir un giron assez tendre, assez souple pour que le bébé, s’il le veut, et s’il le peut, ose se retourner. Et s’il doit rester en siège, je montre aux parents comment ils pourront rester en lien avec lui dans un contexte plus médicalisé.

« Un bébé bien porté devient bien portant ! »

la maman d’Elisa fait un AVC un mois après la naissance, pendant qu’elle donne le biberon ; la petite tombe mais va bien , la maman est opérée, hospitalisée plus d’un mois dans un état critique ; les parents reconnaissent toute la force que leur a donnée Elisa leur permettant de tenir le coup : elle rayonne de joie de vivre, est très autonome, elle marche à 9 mois, la maman remarque « comme si elle me disait « t’en fais pas Maman, je vais bien, je me débrouille, occupe toi de toi ! »

Le chemin de naissance : Récit de Sarah

Après 15h où bébé a manifesté toutes les 3 minutes son envie d'arriver, voilà qu'il ne s'engage pas dans le bassin. Plus d'une heure à rouler des hanches à la Shakira sur le ballon ne l'a pas décidé à descendre davantage... Le temps passe... 1h45 plus tard ..., la sage femme commence à évoquer la césarienne... Mais nous n'avons pas encore tout essayé... Le chemin de naissance, il nous semble évident d'inviter une dernière fois bébé à descendre. Plusieurs appels de la main et 10 minutes plus tard, bébé était engagé !!!! La césarienne ne sera pas, Noam est né après 45 minutes d'efforts communs !!!!

Rester dedans sa bulle sans être perturbé par le dehors :

A. est sage-femme, O. est médecin ; c’est leur troisième enfant, leur troisième accompagnement haptonomique. Pour leur deuxième, déjà d’un bon poids (4700g) ils avaient pu bénéficier de la salle nature, éviter la péridurale etc…Le troisième étant prévu à plus de 5kg , ils arrivent très sereins et en lien avec lui à la maternité ; la dilatation est bien avancée mais ils sentent le stress de l’équipe qui leur conseille péridurale, salle médicalisée etc… A. accepte surtout pour calmer le stress de ses collègues mais la bulle de sérénité qu’ils formaient à trois est quelque peu « effritée »… ce n’est que quand ils se retrouvent seuls qu’ils peuvent retrouver et consolider le lien un peu distendu et vivre une naissance eutocique d’un bébé de 5100g

L’accompagnement peut aussi être réparateur d’une grossesse ou d’un accouchement précédent qui a été mal vécu :

Clothilde et Jean-Marc arrivent pour une 4ème grossesse ; c’est le premier accouchement qui a été traumatisant : césarienne et intervention de l’équipe très mal vécues par Clothide…pour les deux accouchements suivants, elle a changé à chaque fois de maternité sans surmonter cette mauvaise expérience. Cette fois-ci, elle a décidé de retourner à la première maternité (son mari la trouve « maso » mais il la suit…) c’est la maternité où j’ai travaillé : on va décortiquer les conditions de son premier accouchement, envisager ensemble comment elle va pouvoir affirmer ses choix pour cet accouchement là, en souhaitant une « voie basse » mais surtout l’aider à reconstruire sa confiance en elle-même et en l’ équipe ; elle comprend qu’il lui faudra accepter une péri pour éviter une nouvelle césarienne ; pendant les premières séances, elle n’arrive pas à inviter son bébé vers son cœur… cela déclenche des flots de larmes puis elle y arrive lors des dernières séances et lui montre aussi le chemin de naissance. L’accouchement se révèle très réparateur. Jean-Marc y a trouvé une place qu’il n’avait pas les autres fois et Clothilde a reconquis sa confiance en elle-même et en son bébé (le premier pleurait 19h sur 24 pendant un an !) celle ci est calme et souriante

Quelles que soient les institutions et les situations, nous allons DEVOIR, nous allons POUVOIR rester à la fois dans nos connaissances de sage-femme et dans notre présence haptonomique pour développer et maintenir ce sentiment de base aussi bien avec le couple qu’avec l’entourage, l’équipe.

Justement, Marie va témoigner de « Comment faire équipe avec l’équipe »

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 00:56

Toujours pas très disponible ces jours-ci pour écrire des articles! Promis, je "reviens" bientôt!

En attendant, juste dispo pour passer des infos telles que celle-ci:

Le film "Entre leurs Mains" passe à Rouen

Réservez votre soirée!

Plusieurs sages-femmes seront présentes pour échanger ensemble

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article
6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 12:53

fabien-et-maitie@univers-fnm.com

Juste pour vous informer que MaÎtié Trelaun donne ce soir une "web- conférence " sur l'importance de la place de l'Homme aujourd'hui , c'est gratuit et je pense que vous pouvez vous inscrire...

je ne pourrai pas la suivre. J'ai beaucoup apprécié Maïtie, sage-femme, et en particulier son livre "J'accouche bientôt et j'ai peur de la douleur" (il a été réédité sous un autre titre je crois) ainsi que certaines des conférences qu'elle a organisées l'an dernier pour le "Sommet de la Naissance d'aujourd'hui": j'en avais rendu compte ici. D'autres (surtout les intervenants ) avaient un aspect un peu New-Age qui faisait émettre des réserves...

Mais je pense qu'il peut être intéressant de s'interroger sur la place de l'homme, sans oublier son rôle spécifique en hapto

Bonne écoute et partagez vos réactions!

Voir les commentaires

Repost 0
Published by irene.marraine - dans humanité
commenter cet article
5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 12:27

Lors de mon dernier compte rendu, je vous ai parlé d'imposture...J'espère que parmi les femmes que j'accompagne peu se reconnaitront dans ce sentiment...Mais j'en connais certaines cependant dont les vécus parlent à mots couverts d'imposture ou même de violences obstétricales dont il est beaucoup question en ce moment (grand temps sans doute pour toutes celles qui, certaines depuis des années, n'osent pas en parler...)

le lien ci-dessous avec ses photos et témoignages évoque cela avec délicatesse et émotion...

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/04/accouchement-difficile-serie-photos_n_8207866.html

Repost 0
Published by irene.marraine - dans accouchement
commenter cet article
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 22:47

Congrès (3)

Après le déjeuner, il y a 3 carrefours :

  • carrefour d’haptopsychothérapie
  • carrefour d’haptosynésie (= soins médicaux)
  • carrefour périnatal

C’est bien sûr à ce dernier que je suis présente (et participante) et vous n’aurez mon compte-rendu des premiers que parce qui nous en sera rapporté le dimanche matin !

Et revoilà Charles Gilliot …

Il nous présente la césarienne comme un acte de naissance.

La sécurité technique est-elle un minimum nécessaire et suffisant ?

En France, où la césarienne atteint maintenant 20%, il est important de se demander si elle est nécessaire ? Imposée ? Demandée ? de convenance ? et surtout de la rendre humaine pour l’enfant, le couple, l’équipe…

La pose de la rachi-anesthésie va perturber l’être- ensemble de la mère et l’enfant et c’est l’arrivée du père (il faudrait quand même s’informer quand on choisit sa maternité si la présence du père est permise, encouragée ! NDLR !) qui va permettre de retrouver ce contact.

L’équipe doit être avec, autour d’eux ; Besoin d’un temps d’accueil et d’attention : il faut respecter ce temps (et le faire comprendre à chaque changement d’équipe !)

Dès l’ouverture de l’utérus, il y a un mouvement de l’enfant pour se faire naître…Charles n’ouvre pas la poche des eaux (ni n’aspire le liquide : trop de bruit !!) et…l’enfant chemine, perce lui même sa poche, se fait naître ! le silence est total, ému et respectueux (j’avoue n’avoir jamais vu de césarienne de cette façon mais imagine combien cela doit être émouvant). Charles salue alors l’enfant, lui souhaite la bienvenue, lui dit que s’il est la première tête que l’enfant voit, les personnes essentielles, ses parents, sont là, derrière le champ et qu’il va les rejoindre…

Il ne s’agit pas de banaliser, d’abandonner mais de SORTIR LE BON DE TOUS LES INSTANTS.

Et là, au cours d’un bref temps d’échange avec la salle, un obstétricien Brésilien, arrivé depuis peu en France, intervient pour dire qu’au Brésil, il y a 80% de césariennes ! (je pense que cela ne prend pas en compte les accouchements dans les bidonvilles ou les classes pauvres où, là, des césariennes sauveraient sans doute des vies !) césariennes qui sont programmées, la présence du père est acceptée et normalisée depuis longtemps, c’est la fête et les enfants naissent beaucoup moins fatigués, bousculés qu’après une naissance naturelle et les femmes ne sont ni meurtries ni déçues !

Vous imaginez les murmures et les réactions dans la salle (Charles nous dira après, habitant pas loin de l’endroit où le médecin brésilien exerce « il va falloir que j’aille discuter avec lui ! »)

On revient à l’accouchement naturel où l’enfant est actif, acteur de sa naissance. Quand on parle de « mobile fœtal », on pense qu’il est mobile selon notre mobilité mais pas selon sa mobilité à lui ! Il avance, accompagné par sa mère (surtout si elle n’a pas de péridurale !) et c’est comme si elle lui faisait un grand modelage (cf « sculpture » des jambes) de son corps tout entier…

Gaël Hubert, médecin généraliste et formatrice en Haptonomie périnatale nous parle de

« Emergence du sentiment d’imposture maternelle.

Apport de la continuité de l’accompagnement pré et post natal »

En effet, il n’y a pas que pour l’enfant que l’accompagnement post-natal est important, il est essentiel aussi pour permettre à la femme de retrouver sa complétude, de la remettre dans sa base.

Il (lui) arrive de voir des femmes qui se sentent meurtries, vides, parce qu’elles se sont senties manipulées, objectivées lors de l’accouchement. Cela peut-être le cas lors de péridurales souvent accompagnées d’extractions instrumentales, de césariennes, d’épisio, d’anesthésie générale, d’accouchement mal vécu alors que médicalement, il paraît avoir été normal… « je me suis faite avoir » citera une autre intervenante…

Elles « n’ont pas pu » et après elles ne « peuvent pas ».

C’est en faisant prendre conscience de leur « fond endothyme » (en hapto, c’est ce lieu très intime, c’est le sentiment de base) que les femmes révèlent ce « sentiment d’imposture ». Cela réveille des sensations qui permettent l’émergence de sentiments qui n’étaient ni conscients, ni connus.

Ce « sentiment d’imposture » fait qu’elles se sentent extérieures à elles-mêmes, toutes petites…en fait aussi petites que leur bébé ! Ce qu’elles éprouvent ne correspond absolument pas à un tableau psychotique ou même dépressif mais elles se sentent endosser un rôle qu’elles n’éprouvent pas intimement. Elles s’occupent d’ailleurs très bien de leur bébé mais c’est parfois avec la sensation de « jouer un rôle » sans être vraiment présentes affectivement et souvent avec un emploi du temps strict pour ne pas avoir à sentir ce qui est « bon » pour lui. L’enfant les a « remplies » pendant la grossesse, après, elles se sentent vides. La brèche tissulaire pendant l’accouchement permet à d’autres brèches de se réveiller. Elles ne sont pas dans leur authenticité, dans leur discernement et il faut alors les aider à éprouver leur sentiment de complétude.

Cela révèle donc l’importance d’un accompagnement périnatal dans la durée !

J’espère n’avoir pas été trop confuse (ou lapidaire !) dans ce résumé, il est vrai que je commençais à penser à notre intervention qui allait suivre !

Repost 0
Published by irene.marraine - dans Haptonomie
commenter cet article
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 22:31

Donc, je continue mon compte-rendu...

Congrès (2)

LA NAISSANCE : QUEL SENS ?

Charles Gilliot, gynécologue-obstétricien

Il nous parle de la relation humaine dans la subtilité de la relation haptonomique

Il lui faut allier ses connaissances obstétricales et ses connaissances haptonomiques et respecter le temps, temps qui est peut être un véritable challenger mais aussi nécessaire, sécurisant

L’accompagnement hapto c’est être là, prendre soin de la mère et de l’enfant, installer la confirmation réciproque de la place de chacun

Les mouvements de l’enfant, en hapto, ce ne sont pas les mouvements réflexes des membresc’est le mouvement VERS …

Faire confiance dans la capacité de l’enfant de sentir ce qui est bon, ce qui n’est pas bon…Il va développer ses propres compétences à participer à la grossesse, à sa naissance…

Dans notre monde, le couple est placé dès le départ dans une situation d’insécurité : sera-t-il capable d’avoir un enfant, qu’il soit « normal », de mener la grossesse à terme etc ? l’accompagnement périnatal redonne au couple le désir d’être là, de participer.

Il faut que la mère se sente elle-même dans du bon et non pas dans la peur…

il rentre dans une chambre où une femme est hospitalisée pour retard de croissance de l’enfant ; il lui demande comment ça va, elle regarde les appareils ! quand il lui dit de prendre contact avec son bébé, il y a tout de suite une transformation du tonus, une reprise de la confiance.

En salle de naissance, avec le savoir technique, on a dépossédé les humains ; la prise en charge sous-entend que l’équipe a le savoir et qu’il faut se garantir de tous les risques ce qui aboutit souvent à la sidération des personnes…Si la mère reste avec son enfant, elle pourra dire « je n’ai même pas poussé, j’avais l’impression de le suivre »

Evelyne Petroff, gynécologue-obstétricienne

Elle nous expose les troubles relatés en consultation post-natale après une césarienne : soulagement et déception, frustration mêlés chez la femme, exclusion et impuissance chez l’homme.

La césarienne…ce n’est pas « extraire un fibrome qui pleure » !

Elle et son équipe s’efforcent de remédier à cel en organisant :

  • des ateliers de préparation à la césarienne (quand prévue d’avance !) avec une anticipation appropriée et sensorielle et la narration des gestes qui seront effectués (et quand c’est possible, la visite réelle du bloc
  • en cas d’urgence, le choix des mots, les explications précède les actes, les sensations
  • juste après, à 3 jours, 5 jours et en consultation post-natale, analyse du vécu, des émotions
  • séminaire de réflexion clinique autour des pratiques professionnelles avec jeu de rôles

Bien sûr, tout ceci est adapté à chaque situation et le travail d’équipe remis régulièrement en jeu (changement d’internes…)

Georgette Tinjod, sage-femme

Elle nous propose la photo de cette statue du 6ème siècle avant JC, d’une femme en train d’accoucher (Musée anthropologique de Mexico)

La femme est assise , à genoux dans sa verticalité, vivante et sereine ; il émane d’elle un sentiment de complétude

Elle nous interroge :

Que s’est-il passé depuis le temps où les femmes savaient (s’) accoucher et maintenant on les accouche ?

Pourquoi les femmes sont elles en train de devenir un (bon) mannequin obstétrical pour médecins et sages-femmes ?

Pourquoi n’a-t on gardé de Madame de Coudray (une des premières sages-femmes) que l’invention de la machine qu’elle a créée (bassin et mobile fœtal) pour expliquer la naissance dans toute la France, en laissant de côté sa très grande finesse, sa très grande sensibilité ?

Pourquoi la péridurale qui est au départ une générosité humaine, devient elle un acte systématique…avant tout pour le confort…des médecins ! ( un obstétricien :« on n’aime pas quand les femmes n’ont pas de péri, car on ne peut pas faire ce qu’on veut » !) ?

Comment aider la femme à accompagner l’enfant dans le chemin de la naissance ?

Comment aller chercher la sécurité profonde, là où la femme devient autre, empathiquement avec son enfant ; elle devient lumineuse, sans trace d’adrénaline ?

Comment restaurer ce dialogue silencieux et vibrant ? ce dialogue hormonal : l’enfant dit « je suis prêt » et la mère lui dit « va ! »

Savons-nous que toutes nos bonnes pratiques médicales doivent être dans le sens de cette rencontre ?

Jacques Espinas ; Educateur de Jeunes Enfants

Découvrir l’être ensemble avec l’enfant dans l’eau

Il nous montre un très beau film où des parents , au début mal à l’aise, contrôlés par la peur, le faire, le souci de bien-faire, découvrent la confiance et l’être ensemble avec leur enfant qui déploie toute sa sécurité de base dans l’eau

Jean-Louis Revardel ; biologiste

Rencontre affective et flux émotionnels

Ce n’est pas nous qui allons vers la profondeur de l’être (et vers l’enfant), ce sont les tissus qui nous laissent passer…

Les fibres lisses n’ont pas besoin de neuro-récepteurs pour répondre au contact

Il existe un flux d’information anatomique mais aussi un flux du vécu antérieur

La perception peut-être autrement que par les cinq organes des sens…S’ensuit une très intéressante description des « synesthètes » mais là ; j’avoue que je n’ai pas tout suivi, tout compris même si c’était plutôt passionnant mais faim…fatigue…et approche du moment où nous devions intervenir, m’ont fait un peu décrocher !

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article
28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 19:06

En attendant la suite de mon compte rendu du Congrès et parce qu'il y a été et sera encore question de césarienne...ce petit intermède

http://www.huffingtonpost.fr/monet-moutrie/temoignage-cesarienne-accouchement_b_7271892.html

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 17:46

RETOUR DE CONGRÈS

Des interventions très intéressantes, le plaisir de retrouver, d’apprécier certaines personnes et surtout, se sentir entourée, soutenue par mes ami(e)s et collègues de Rouen, l’impatience mêlée d’un peu d’appréhension mais pas trop, de faire notre intervention…

En attendant de produire nos textes, quelques citations entendues, quelques réflexions que j’ai envie de partager et que je livre ici un peu en vrac :

Je n’ai pas tout noté, confiante dans la captation de séance qui était faite, cameraman pas loin de moi, dans les « Actes du Congrès » qui paraitront plus tard, consciente pourtant que ces Actes ne traduiraient pas forcément ce qui était dit…mais je ne voulais pas que la prise de notes enlève mon attention…

C’est Anne-Marie Veldman Van Polen, co-fondatrice du CIRDH (et assistante et veuve de Frans Veldman, fondateur de l’Haptonomie) qui ouvre le Congrès :

Je retiens surtout une phrase :

« L’haptonomie permet de prendre sa place dans le monde actuel »

Ce qui sera développé par J-C Sécheresse ensuite :

« L’haptonomie est dans la prévention pour qu’il n’y ait pas d’exclus

Quel serait le sens de la vie si nous n’y prenions pas part ? …si nous n’y prenions pas plaisir ?

Nous vivons actuellement avec l’incertitude du lendemain, avec des irruptions de la violence, avec la perturbation de la parentalité…

L’hapto nourrit un humanisme, s’occupe de la personne malade avant de s’occuper de sa maladie (ou en même temps !) et est basée sur LE RESPECT, LA RECONNAISSANCE, LA CONFIRMATION AFFECTIVE.

La maltraitance commence par le regard posé sur autrui surtout si « autrui » est différent : bébé, vieillard, étranger, personne porteuse de handicap etc…

Pendant la grossesse, il y a l’éblouissement de la rencontre, la confirmation réciproque qui porte un désir de vie.

Quoiqu’il advienne du couple parental, l’enfant nait avec un sésame d’ouverture sur le monde !

L’hapto donne et redonne à la naissance son sens symbolique (coupure du cordon puis présentation au monde de l’enfant soutenu par sa base par son père) : il y a là détachement et non pas abandon !

En hapto, on parle de contact psycho-tactile et non pas de toucher et c’est toujours vécu dans la réciprocité…

Il y a toujours, chez toute personne, une partie saine, mobilisable qui conserve de l’autonomie et est digne de considération et de respect »

Intervention de Dominique Decant-Paoli, Présidente du CIRDH

Avec sa verve habituelle, elle nous entraine dans… «Il était une fois »

D’abord, l’histoire de ce petit pantin de bois, « un être animé de mouvement n’est pas pour autant un être vivant et être vivant ne rend pas forcément un être aimant… » Pinocchio commencera à désobéir à son grillon et à sa marraine la fée bleue jusqu’à ce qu’il découvre le sens de l’effort, l’effort pour l’autre et la réciprocité ; il n’a pas encore de « for intérieur » il a besoin de « fort extérieur » il va alors apprendre à différer ses pulsions, à distinguer le bien et le mal, à aller vers l’autre

« il y a d’abord JE, puis il y a TU, puis il y a NOUS » Buber.

Puis elle nous conte l’histoire du robot d’Intelligence Artificielle » de Spielberg qui fait la découverte déchirante et violente qu’il n’est pas unique, l’importance de l’amour qui donne vie, la conscience du « jamais plus »

Enfin, un autre film « Her » ( ???) où un homme souffrant de solitude croit la combler en acquérant un logiciel de présence vocale…présence qui finira par le tromper, le délaisser…

Qu’est-ce qui sied à un humain ? Qu’est-ce qui le différencie d’un robot ?

Et Dominique rend hommage à Germaine Tillon, résistante, féministe, défenseure des droits de l’homme et des Droits des peuples opprimés (Algérien en l’occurrence) qui a toujours montré une intégrité intellectuelle sans faille et qui a dit « Comprendre ce(ux) qui vous écrase(nt) c’est le(s) dominer » c’est engager un dialogue, une navette qui va modifier chacun des deux côtés.

Plus l’individu est dans sa sécurité affective, plus il est authentique, dans son for intérieur, et plus il pourra supporter et modifier les contraintes sociales ou du travail en faisant appel à sa responsabilité toujours possible de changer les choses là où il se trouve, là où il travaille :

Pour qui on roule ? on fait marcher et on rentabilise l’hôpital ou on s’occupe des malades ?

Quand il y a une vraie rencontre et que le geste se prolonge d’un outil (scalpel, speculum etc…) il est une extension de cette rencontre !

Et elle termine par cet avertissement :

« Si vous êtes ici, c’est qu’il vous échoit d’être responsables et d’être passeurs d’humanité ! »

Voilà une belle consigne…à remplir de notre mieux

A suivre

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article
9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 22:24

Pas trop le temps d'écrire en ce moment, comme vous pouvez le constater!

je vois des couples merveilleux, des bébés sublimes...et suis en train de préparer notre intervention de sages-femmes pour le Congrès International d'Haptonomie des 19 et 20 mars! Bien sûr, je vous tiendrai au courant...

En attendant, et parce que cette question revient beaucoup dans les témoignages de ce que les femmes vivent durant leur grossesse et leur accouchement, voici un texte de la juriste "Marie accouche là" Bonne lecture et bons commentaires!

Qu’est-ce que la violence obstétricale ?

Posted: 09 Mar 2016 05:38 AM PST

« Comment définir la violence obstétricale ? » est une question qui m’est régulièrement posée. J’ai donc décidé de vous livrer l’état de mes réflexions sur cette violence particulière qui a lieu pendant la grossesse et l’accouchement.

La violence obstétricale est l’addition de deux types de violences : la violence institutionnelle et les violences basées sur le genre.

De nombreux auteurs ont décortiqué la violence institutionnelle produite dans les institutions de soin, d’éducation ou de rééducation, telles que les hôpitaux, les homes pour personnes âgées ou pour enfants ou encore les lieux d’accueil pour les personnes handicapées. Toute institution a tendance à fabriquer de la violence, notamment par la mise en place de procédures, de gestes techniques et d’organisation du service, qui surplombent voire annihilent les besoins fondamentaux des personnes qui y sont prises en charge. Il s’agit non seulement de violence physique ou verbale telles que la brutalité, la coercition et l’humiliation, mais également de « violence silencieuse », celle qui nie la personne, rend aveugle aux signaux de l’autre, procède à sa néantisation la plus totale.

La violence de genre, quant à elle, est un phénomène massif et spécifique qui touche les femmes parce qu’elles sont femmes. Elle est issue de rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers envers les secondes. Elle s’appuie également sur les stéréotypes de genre qui assignent des caractéristiques physiques et mentales différentes selon les sexes, justifiant un rôle prédéfini dans la société pour les hommes et pour les femmes. Il s’agit par exemple de l’idée que les hommes seraient forts, rationnels et responsables, tandis que les femmes seraient faibles, intuitives et futiles. L’organisation sociale s’appuyant sur ces stéréotypes crée une hiérarchie entre les rôles masculins et féminins, et permet notamment aux hommes de s’approprier les capacités productives et reproductives des femmes. La violence obstétricale qui s’exerce à ce moment précis qu’est la grossesse et l’accouchement, s’inscrit pleinement dans cette appropriation du corps et des capacités reproductives féminines. La pathologisation de phénomènes physiologiques normaux que sont la grossesse et l’accouchement est un moyen de soumettre les femmes aux médecins, et donc assurer un contrôle sociétal très puissant sur leur corps au moment où elles exercent leur capacité de reproduction.

La violence obstétricale, un concept né en Amérique latine

Le concept de violence obstétricale est apparu en Amérique latine, semble-t-il au début des années 2000. Une série de travaux scientifiques couplés à des démarches militantes ont mis en lumière les différentes formes de maltraitances que subissaient les femmes dans les maternités, et ont conduit le Venezuela, puis l’Argentine, à inscrire la violence obstétricale parmi les infractions pénales.

En 2007, le Venezuela a adopté la toute première loi de lutte contre les violences faites aux femmes dans laquelle figure la violence obstétricale qui est définie comme « l’appropriation du corps et du processus reproducteur des femmes par les personnes qui travaillent dans le domaine de la santé, appropriation qui se manifeste sous les formes suivantes : traitement déshumanisé, abus d’administration de médicaments et conversion de processus naturels en processus pathologiques. Cela entraîne pour les femmes une perte d’autonomie et de la capacité à décider en toute liberté de ce qui concerne leur propre corps et sexualité, affectant négativement leur qualité de vie ».

En 2009, l’Argentine s’est à son tour dotée d’une telle loi définissant la violence obstétricale comme « celle qu’exerce le personnel de santé sur le corps et les processus de reproduction des femmes, un traitement déshumanisé, l'abus de la médicalisation et la pathologisation des processus naturels ».

Dans les années suivantes, le terme de « violence obstétricale » s’est répandu dans le monde anglo-saxon et francophone. Bien qu’aucun autre État n’ait adopté une loi punissant la violence obstétricale, ce concept fait aujourd’hui l’objet de plus en plus d’études académiques et scientifiques.

Ma définition de la violence obstétricale

En tant que juriste, je considère que les définitions sud-américaines sont intéressantes, mais néanmoins difficilement applicables puisqu’elles appellent elles-mêmes des définitions supplémentaires. En effet, sur base de quels critères objectifs peut-on déterminer si un traitement est « déshumanisé » ? A partir de combien d’actes techniques considère-t-on qu’il y a « abus de médicalisation » ? Comment quantifier une « perte d’autonomie » de la parturiente ?

J’ai dès lors choisi de définir la violence obstétricale comme:

« tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé, qui n'est pas justifié médicalement et/ou qui est effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou de la parturiente. »

Cette définition contient quatre éléments constitutifs:

1. « tout comportement, acte, omission ou abstention » : cette énumération couvre l’ensemble des événements qui peuvent se produire dans une maternité ou lors d'une consultation. Il ne s'agit pas uniquement d'actes posés, mais aussi de l'attitude du personnel soignant, les mots déplacés qu’il utilise, le manque de respect, l'infantilisation de la femme, la violence psychologique en général. S’ajoutent l'omission et l'abstention qui visent l'absence de réaction ou d'acte face à une demande la parturiente, la négation de son ressenti, la non prise en compte de sa douleur ou de ses besoins ou souhaits particuliers.

2. « commis par le personnel de santé » : ces termes visent l'ensemble du personnel, donc pas seulement les obstétriciens, mais également les sages-femmes, médecins, infirmiers, pédiatre, anesthésistes, aides-soignants, etc.

3. « pas justifié médicalement » : il s'agit d'une référence à l'evidence based medecine (EBM), la médecine basée sur des preuves scientifiques, c’est à dire l'utilisation consciencieuse et judicieuse des meilleures données (preuves) actuelles de la recherche clinique dans la prise en charge personnalisée de chaque patient. Ces données proviennent d'études cliniques systématiques, telles que des essais contrôlés randomisés, des méta-analyses, éventuellement des études transversales ou de suivi bien construites. L'EBM est relativement récente dans notre médecine puisqu'elle date de la fin des années 90. Néanmoins, après plus de quinze ans d’existence, il est urgent qu'elle soit intégrée dans toutes les disciplines médicales, y compris en obstétrique. Cette référence à l'EBM permet donc de considérer que tout acte justifié non pas par des données scientifiques mais par des propos de type « c'est ce qu'on m'a appris pendant mes études », « c'est le protocole », « c'est pour faciliter l'organisation du service », « ça permet au gynécologue d'être plus confortablement installé, mieux voir ou mieux contrôler la situation », « ici, on ne prend aucun risque » tombe dans la définition de la violence obstétricale.

4. « le consentement libre et éclairé de la parturiente » : ces mots renvoient à la loi Kouchner. Toute atteinte au corps sans le consentement de la personne est une violence. Quand cette atteinte est faite au sexe, il s'agit même d'une agression sexuelle, voire d'un viol. Les termes « libre et éclairé » impliquent une information préalable de la part du professionnel, un dialogue entre le médecin et la future mère, un échange d'information pour que la parturiente puisse donner son consentement de façon lucide, et l'absence de toute pression, menace et autre procédé afin que le consentement soit libre.

J'ajoute « et/ou » dans la définition afin de couvrir l'ensemble des situations, notamment celle où un acte médicalement nécessaire est posé sans le consentement de la parturiente, ou un acte médicalement non nécessaire mais souhaité par la future mère lui est refusé.

Trucs et astuces pour identifier la violence obstétricale

Plus concrètement, pour déterminer si une situation relève de la violence obstétricale, je propose un truc très simple: transposer un acte qui a lieu dans une salle d’accouchement en dehors du contexte hospitalier. Si, dans la vie quotidienne, cet acte présente une forme de violence, il s'agit de violence obstétricale lorsqu'il est posé au moment d’un accouchement.

En voici quelques exemples.

Vous marchez dans la rue, quelqu'un s'approche de vous, vous fait une piqûre et vous injecte un produit. Il s'agit clairement de violence. Le fait que cette personne se fonde en justifications sur le mode « je suis médecin, je vois que vous n'allez pas bien, c'est pour vous soigner » ne change rien à la violence de la situation, puisque vous n’avez émis aucun consentement et vous ne savez même pas ce que contient la seringue. Dès lors, faire une injection d'ocytocine à une parturiente sans lui avoir expliqué l'intérêt du produit, ses avantages et ses inconvénients, et sans lui demander son accord préalable, est une situation de violence obstétricale.

Lorsqu’il fait 40°C, que vous avez extrêmement soif et que vous demandez un verre d'eau qui vous est refusé malgré vos supplications pendant des heures, c'est de la violence. Si cette situation se produit dans une salle d'accouchement, c’est de la violence obstétricale.

Dans certaines prisons, les femmes sont attachées à leur lit pendant qu'elles accouchent, ce qui constitue une autre forme de violence. Lorsqu’une femme est attachée à une table gynécologique alors qu’elle met son enfant au monde, il s’agit de violence obstétricale.

Forcer une personne à se maintenir dans une position inconfortable et douloureuse est de la violence. Donc imposer l’immobilité et la position gynécologique à une parturiente est une violence obstétricale.

Vous vous promenez dans la rue avec votre bébé, et on vous l'arrache pour le confier à un inconnu qui disparait avec lui, puis on refuse de vous le rendre pendant des heures. C'est de la violence. Un même geste pratiqué dans une salle d'accouchement est de la violence obstétricale.

Vous êtes installée à la terrasse d'un café, un quidam soulève votre robe et introduit deux doigts dans votre vagin. C'est de la violence sexuelle. Donc un toucher vaginal non consenti est de la violence obstétricale. Juridiquement, il s'agit même d'un viol.

La violence obstétricale est (malheureusement) la norme

Tous ces exemples sont d’une grande banalité dans la plupart des maternités. La violence obstétricale est en réalité la norme dans l'écrasante majorité des hôpitaux, tant les soignants font primer les protocoles sur l’accompagnement bienveillant des futures mères, voire sur les notions élémentaires de bon sens ou de politesse dans les rapports humains.

De nombreux témoignages font même état de violences supplémentaires, notamment d'actes douloureux infligés aux femmes tantôt volontairement, tantôt par exaspération ou fatigue du personnel hospitalier. Il s'agit notamment de césariennes à vif ou effectuées sans tenir compte d’un défaut de l’anesthésie, de révision utérine sans anesthésie générale ou de mutilation sexuelle telle que l’épisiotomie. Ces faits présentent une gravité encore plus grande que la violence obstétricale, en tombant dans la catégorie d’actes de torture ou de barbarie.

La violence obstétricale constitue une atteinte à l’intégrité physique et psychique des futures mères. Elle doit pleinement être reconnue parmi les violences faites aux femmes. Il est dès lors indispensable de mobiliser les moyens de lutte pour l’éradiquer et changer de font en comble la façon dont les femmes sont (mal)traitées lorsqu’elles mettent leurs enfants au monde. En ce début du XXIème siècle, le respect des femmes qui sous-tend notre société égalitaire doit être mis en œuvre partout, dans toutes les sphères de la société. Y compris dans les hôpitaux.

Sara Cohen Shabot, « Making Loud Bodies “Feminine”: A Feminist-Phenomenological Analysis of Obstetric Violence », Human Studies, A Journal for Philosophy and the Social Sciences, 9 octobre 2015.

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article
10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 16:12

En attendant de vous écrire un article moi-même voilà un lien qui donne à réfléchir pour toutes les mamans qui préparent leurs valises pour partir à la maternité ...et pour toutes les autres aussi, concernées par les mamans et les bébés du monde entier

http://bebe.doctissimo.fr/blog/21848-La-valise-de-maternite-selon-7-femmes-de-pays-differents.html?xtor=CS1-8

je vous rappelle aussi le site de "papa-positive" qui met, environ une fois par jour, des articles très intéressants

https://www.facebook.com/Papa-Positive-392274327609148/?fref=nf; ils ne sont pas que sur FB!

Repost 0
Published by irene.marraine - dans Humanité
commenter cet article