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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 00:42

Ce soir, j'étais à l'Assemblée Générale de l'association "Soutenez le Belvédère"

Cette association qui a maintenant plusieurs années et est composée aussi bien de soignant(e)s (sages-femmes, aide-soignantes, médecins) que d'"usagers" (quel horrible mot!) veut sauvegarder les valeurs, l'esprit qui font la spécificité de cette maternité (et cela depuis des décennies), de cet hôpital public qui comme tous les services publics se voit imposé des contraintes budgétaires, des restrictions de personnel, une gestion administrative qui risquent d'être au détriment de la qualité de l'accueil, de l'écoute, de la prise en charge qui se veut garantir la sécurité affective autant que la sécurité médicale. Le personnel, qui a toujours voulu travailler dans ce sens, veut préserver cette qualité mais est parfois au bord du découragement face aux multiples pressions rencontrées...

Oui, je sais, il y a aussi d'autres maternités où le personnel peut être attentif à la qualité des soins mais le Belvédère en a toujours été la référence (parfois jalousée, copiée, rarement égalée!)

l'association a besoin du soutien de toutes et tous: celles et ceux qui connaissent et ont utilisé (ou vont utiliser!) le Belvédère mais aussi tou(te)s les citoyen(ne)s qui souhaitent préserver les valeurs d'une naissance respectée, d'une prise en charge humaine dans les soins , qui refusent que cela soit bradé au nom de la gestion et de la rentabilité. La patience des "patient(e)s a des limites et il est temps de refuser d'être des numéros, des actes médicaux qui rapportent plus ou moins d'argent, bref, il est temps de nous prendre en main et de non seulement défendre ces valeurs mais les répandre partout

Nous avons besoin de vos témoignages, de votre soutien...

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 23:14

voici encore un article de "Marie accouche là" avec des moments et des lieux où elle va intervenir

Au fait, ayant eu des problèmes d'ordinateur à ce moment là, je ne sais plus si je vous avais dit qu'elle était passée sur France Culture dans "Sur les Docks"?

Le respect des femmes pendant l’accouchement est une question féministe

Posted: 08 Oct 2015 12:39 AM PDT

Le respect des femmes pendant leur accouchement est, à mes yeux, une question éminemment féministe. Ce qui m'a poussée à lancer mon blog, était l'absence de réflexion sur l'accouchement dans les milieux féministes. Les seules positions considérées comme féministes étaient dans la droite ligne du discours médical traditionnel: « La médecine sauve des vies », « la péridurale libère les femmes de l'injonction biblique tu enfanteras dans la douleur ».

Billet après billet, je déconstruis ce discours communément admis pour toucher l'essence de la domination masculine extrême qui s'impose aux femmes lorsqu'elles mettent leur enfant au monde.

Deux ans plus tard, j'ai le plaisir de constater une prise de conscience de ce sujet dans les milieux féministes. En voici deux exemple:

1. J'ai eu l'honneur d'être interviewée par la célèbre féministe Crêpe Georgette. Vous pouvez lire mon interview ici: Interview de féministe #12 : Marie-Hélène

2. J'aurai le plaisir d'intervenir dans la grande conférence du réseau belge d'études de genre Sophia, « Unrully Bodies. Gender/Norms/Resistance », qui aura lieu à Bruxelles les 29 et 30 octobre. Mon intervention intitulée « la femme qui accouche: un corps dangereux soumis au corps médical » aura lieu le 30 octobre matin. Toutes les informations utiles se trouvent sur le site de Sophia.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 23:58

C'est la semaine mondiale de l'allaitement maternel: dommage qu'il n'y ait qu'une semaine par an qui soit consacrée à promouvoir l'allaitement maternel et que la France soit vraiment à la traine mais profitez-en pour vous informer, dire vos expériences (bonnes ou moins bonnes) échanger etc

Voir l'article du Monde sur l'allaitement en France

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/09/22/pourquoi-les-francaises-n-allaitent-pas-assez-longtemps_4766590_3224.html

Je vous conseille aussi la page:

Allaitement Materveille avec des photos magnifiques et des articles intéressants

Et cette année encore, il y aura une "Grande Tétée" organisée par SOS Allaitement; je ne pourrai pas y être mais c'est très sympa et la météo est annoncée bonne.

Je vous communique l'annonce de SOS Allaitement

Dimanche 11 octobre aura lieu la 10ème édition de la Grande Tétée nationale (GTT pour les intimes). C'est de nouveau SOS allaitement qui l'organise à Rouen, cette année sous l'égide de Sandra et de sa team de compétition; merci à Annabelle, Annie-Aude, Roxane, Sarah et Stéphanie de s'être portées volontaires!

Le rendez-vous est à 10h45 au kiosque du Jardin des Plantes (Rouen rive gauche). Vous y retrouverez une bonne partie des bénévoles de l'association, un petit bout de bibliothèque, un tirage au sort, et d'autres surprises!

La photo souvenir a lieu à 11h précises, ainsi que le comptage des présences que nous devons faire remonter aux organisatrices nationales pour qu'elles en fassent part à leur tour à la presse.

L'association vous convie ensuite à un brunch participatif; nous nous chargeons des boissons (bios!) et vous invitons à apporter des victuailles à partager.

Nous sommes actuellement en quête de lots pour notre tirage au sort GTT. L'année dernière ils étaient magnifiques. Nous avons proposé de nouveau à nos partenaires de participer s'ils le souhaitaient. Si vous avez des idées ou des propositions à nous soumettre nous sommes preneuses.

Nous aurons aussi besoin de bras pour transporter et installer tables et chaises prêtées par la ville de Rouen à partir de 10h ou 10h30.

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 20:44

Je vous ai déjà parlé de cette amie (dans le Nord qui a créé un tissu spécial peaux sensibles, eczéma, psoriasis etc pour les bébés, enfants ou adultes...

sa marque a de plus en plus de succès: elle est passée à la télé l'an dernier, ces jours ci sur France 3, à la radio etc et a beaucoup de contacts avec des chefs de service pédiatrie, dermato etc

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 17:11

J'ai encore vu un bébé qui présentait une légère déformation du crâne et le médecin avait dit aux parents "ça va passer" ! Mais ça passe rarement tout seul, les conséquences peuvent être importantes et les conseils de prévention ou, s'il y a déjà une légère déformation observée, de correction sont importants de même qu'une consultation chez un(e) ostéopathe est la bienvenue...

Je vous transmets le lien qu'une amie ostéo justement m'a communiqué:

http://marjolainedey.com/conseils/prevention-ttt-pp/

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 21:15

Des nouvelles plus réjouissantes que l'article précédent:

Le prochain Congrès International d'Haptonomie aura lieu à Paris les 19 et 20 mars 2016

http://evenements.haptonomie.org/

le thème sera "Haptonomie et prévention"

Je ne crois pas que des témoignages de parents soient prévus en conférence plenière mais éventuellement, cela pourrait sans doute être envisagé dans les "ateliers" (ou bien sûr, dans la partie "questions/ réponses" des interventions en conférence;) Les autres fois, il y avait toujours des parents présents qui intervenaient...

Vous pouvez aussi envoyer des témoignages écrits...

Les sages-femmes hapto de Normandie (Basse et Haute!) préparent une intervention à plusieurs voix (dont sans doute la mienne!) je ne manquerai pas de vous tenir au courant

Comme nous le faisons 2 ou trois fois par an, nous nous sommes retrouvées, une petite douzaine de sages-femmes hapto de Normandie + notre "superviseuse" de Paris, hier, du côté de Bernay, pour partager, échanger nos pratiques, progresser (eh oui! c'est toujours possible!et même indispensable) parler, voir et surtout SENTIR l'approche haptonomique telle que nous la vivons et essayons de la faire vivre aux couples que nous accompagnons...

Nous avons abordé la question de prévenir chez les couples, la différence, parfois déstabilisante, entre ce qu'ils ont vécu pendant la grossesse et chez eux en début de travail et ce qu'ils peuvent trouver parfois à l'arrivée à la maternité où la (hyper)médicalisation peut parfois risquer de les emporter...

Nous avons évoqué l'importance essentielle de la présence authentique de l'homme pour aider sa compagne à rester dans son projet et pour accompagner le bébé si sa mère a une péridurale (rappelez vous l'histoire de la barque! en plus, les muscles anesthésiés de sa mère ne soutiennent plus l'enfant- qui peut alors prendre une position compliquée qui risque d'aboutir à forceps, ventouse etc- et il a un besoin important de garder le lien...Il y a aussi le cas de ces péris posées très tardivement, parfois fortement "conseillées" par l'équipe!, alors que la naissance aurait été imminente mais alors le travail est ralenti et l'enfant stoppé dans son élan vital et ne le comprenant pas forcément...)

Nous avons vu, et pratiqué, les différentes positions que peut prendre la femme au moment de l'enfantement et comment elle peut quand même rester dans les bras de son compagnon , assis derrière elle ou à côté mais l'enveloppant de sa présence réconfortante...

et , une fois de plus, nous sommes reparties plus riches de ces échanges et de la qualité des réflexions

Et, là aussi, nous sommes très preneuses de vos témoignages...

Hier, parmi nous il y avait une étudiante sage-femme, stagiaire chez l'une d'entre nous: elle découvrait l'haptonomie et nul doute que cela va lui donner un autre regard sur son (futur) métier.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 20:28

Une émission de France Culture sur les "traitements/maltraitances" des femmes chez les gynécos et les réactions que cela a libérées:

http://www.franceculture.fr/2015-09-30-il-me-fait-un-bisou-sur-un-sein-maltraitance-gynecologique-vos-temoignages

Vous aussi vous pouvez réagir!

et bien sûr notre chère "Marie Accouche là" participait à l'émission:

Les maltraitances gynécologiques dénoncées sur France Culture

Posted: 29 Sep 2015 02:33 AM PDT

L’émission « Sur les Docks » de ce lundi 28 septembre, à laquelle j’ai eu le plaisir de participer, fait le point sur les dénonciations des maltraitances gynécologiques qui ont surgit sur la scène médiatique ces derniers mois. Illustré par des lectures de témoignages recueillis sous le hashtag #PayeTonUtérus et sur le trumblr Je n’ai pas consenti, le documentaire revient sur le point du mari et sur l’affaire des touchers vaginaux sur des patientes endormies que j’ai dénoncée avec Clara de Bort et Béatrice Kammerer dans une tribune cosignée par une cinquantaine de personnalités.

Les propos les plus édifiants étaient, sans surprise, ceux de Jean Marty, président du syndicat des gynécologues et obstétriciens de France, et d’Elisabeth Paganelli, secrétaire générale de cette même instance.

En contrepoint aux témoignages de violences obstétricales et d’humiliations subies par des femmes dans des cabinets médicaux, le gynécologue Marty se place dans le déni : « La maltraitance vis à vis des femmes, je tombe des nues. Pour moi, c'est du domaine soit du fantasme soit effectivement des faits divers parce qu'il y en a un ou deux qui ont violé. Ce qui est l'horreur mais ce qui existe dans tous les domaines ». Il se défend en usant d’un machisme suranné en assurant que « c’est pour nous un tel honneur d’avoir des femmes qui nous font confiance ». Sur le point du mari, le gynécologue part dans une indignation presque risible, lui qui quelques mois plus tôt déclarait dans le Monde « la chirurgie est du domaine de l'art, on peut penser que certains médecins ont eu l'idée qu'en modifiant un peu leur façon de suturer, ils amélioreraient un peu la sexualité, et ça, ça ne nous choque pas ». Quant aux touchers vaginaux sur patientes endormies, il en confirme bel et bien la pratique, expliquant qu’« il n’y avait aucune raison d’aller expliquer à une femme qui dormait qu’on en profitait pour apprendre aux étudiants à faire des examens alors que la personne dormait pour une pathologie. C’était l’occasion de montrer aux étudiants cette pathologie. Et c’était pour nous absolument naturel ».

Les propos de la gynécologue Paganelli sont encore plus illustrateurs de la misogynie et du mépris pour ses patientes. Elle s’insurge tour à tour contre les femmes qui ont leurs règles sur le mode « entre les dames qui me disent ‘je viens pour un examen gynéco et un frottis’ et qui finalement sont le jour de leurs règles et qu'elles m'en mettent plein partout, alors moi j'ai envie de leur dire ‘Bah excusez moi mais vous pourriez quand même me dire qu'il y a les règles, parce que là, vous en mettez partout et la suivante, elle va...’ Enfin vous voyez, il y a du non respect dans les deux sens en fait », contre les femmes qui « maintenant demandent tout ce qu'elles veulent aussi, c'est marrant », ou encore contre les patientes en surpoids qui refusent de monter sur la balance.

A l’instar de la plupart des gynécologues, elle se montre incapable d’appliquer la loi Kouchner sur le consentement libre et éclairé du patient, en expliquant qu’elle demandera à sa secrétaire de préparer un papier avec une liste d’examens à cocher pour se protéger en cas de procès, alors que Martin Winckler insiste sur l’importance du dialogue et de l’écoute entre le soignant et son patient. Elle dérape enfin en affirmant sans sourciller que les médecins peuvent se passer du consentement des patientes dans un CHU puisque ce type d’hôpital est un lieu de formation pour les étudiants. Clara de Bort répond très justement que ce lieu de formation des futurs médecins devrait être l’excellence, y compris en terme de respect de la loi sur le consentement des patients.

Face à ce mépris pour les femmes et ces violences institutionnelles, Martin Winckler conclut en insistant sur l’importance pour les femmes de choisir son gynécologue ou sa sage-femme avec beaucoup de soin, par exemple parmi la liste des soignants respectueux Gyn&Co. Pour ma part, et cela n’a malheureusement pas été repris dans l’émission, j’estime qu’il faut dépasser ce colloque singulier entre les patientes et leur gynécologue, et poser la notion du respect des femmes par le monde médical en une question politique et de société. C’est précisément pour cette raison qu’a été créée en Belgique la Plateforme pour une naissance respectée.

Vous pouvez écouter cette émission, disponible en podcast sur France Culture : « Collection Témoignages : Maltraitance

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 23:18

Attention!

Demain est le dernier jour pour vous inscrire pour un massage lundi

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 23:14

Pour un autre éclairage sur la question des migrants/ migrantes et pour relativiser nos problèmes pour accoucher?...Marie accouche là a encore écrit

Ces réfugiées qui accouchent sur la route vers l’Europe

Posted: 21 Sep 2015 03:18 AM PDT

En cette période où l’actualité est celle des réfugiés, et face aux manipulations tentant de faire croire à l’opinion public que seuls des hommes fuient la guerre et les exactions, je voudrais évoquer la situation de personnes encore plus fragilisées qui se heurtent dramatiquement aux frontières de l’Europe, à savoir les femmes qui accouchent sur les routes de l’exil.

La situation de ces mères étant très peu documentée, j’ai choisi de vous traduire un des rares articles consacré à ce sujet, celui d’Associated Press « Refugee women give birth on way to Europe, even on boats ».

VARSOVIE ( AP ) - Les prénoms de bébé qui portent la marque de la lutte et de la gratitude

Une mère migrante nigériane a appelé sa petite fille Gift (Cadeau) après un accouchement difficile sur un navire de la marine italienne qui l'a sauvée en Méditerranée. Une Ghanéenne a prénommé son bébé Angela Merkel, par admiration pour la chancelière allemande. Ces derniers temps, d'autres femmes migrantes qui ont accouché au cours des voyages risqués vers l’Europe ont donné à leur bébé des prénoms comme Lucky (Chanceux) et Hope (Espoir).

Parmi le nombre croissant de migrants sur les routes vers l'Europe, des femmes enceintes accouchent, que ce soit en Libye durant leur attente avant de traverser la mer, sur les navires de sauvetage en Méditerranée ou encore à la gare de Budapest-Keleti en Hongrie. Ce weekend, un bébé de 5 jours et deux femmes enceintes de neuf mois figuraient parmi les 284 réfugiés entassées sur un bateau de pêche en détresse dans le détroit de Sicile, a déclaré lundi dernier la marine italienne.

« C’est dangereux, mais ces personnes sont désespérées », explique Meron Estefanos, le directeur de l'Initiative érythréen sur les droits des réfugiés. « Elles pensent ‘soit je meure avec mon enfant à naître, soit j’ai de la chance et j’y arriverai’ »

Un certain nombre des nouveau-nés survivants semblent voués à un avenir plein de promesses, ce que leurs prénoms suggèrent, surtout depuis que l'Allemagne a accepté d’accueillir des centaines de milliers de demandeurs d'asile en provenance de Syrie et d'autres pays en proie aux conflits.

Mais il existe aussi de nombreuses issues dramatiques. Des nouveau-nés sont morts dans des naufrages ou en raison d'un manque d'aide médicale. Ceux qui survivent doivent faire face à des problèmes de santé étant donné le stress et les blessures subies par leurs mères qui ont parfois été sous-alimentées et maltraitées par leurs passeurs.

Quand un bateau transportant plus de 500 réfugiés a chaviré près de l'île italienne de Lampedusa en octobre 2013, l'une des victimes était une femme érythréenne qui s’est noyée alors qu'elle donnait naissance à un petit garçon. Quelques jours plus tard, lorsque les plongeurs italiens de la Garde côtière ont retiré leurs cadavres de l'eau, ils étaient toujours reliés par le cordon ombilical.

Plus récemment, le 5 septembre, un nouveau-né est décédé, lorsqu’un un bateau avec des Syriens a chaviré en navigant de la Turquie vers Agathonissi, une petite île grecque de 152 habitants dépourvue d’hôpital et même de médecin permanent. « L'enfant était tombé dans la mer et a avalé beaucoup d'eau », a déclaré le maire Vangelis Kottoros . « Il était à moitié mort quand il a été ramené à terre ». Le navire de patrouille de la Garde côtière était à la recherche d'autres survivants du bateau, et il a fallu deux ou trois heures avant que l'enfant soit transporté à Samos, l'île la plus proche comportant un hôpital. « Je ne peux pas assurer que l’enfant aurait survécu s’il y avait eu un médecin ici », a ajouté le maire, « mais nous n’en avons pas eu un seul durant ces deux derniers mois ».

L'ONU et l'Organisation internationale pour les migrations ne disposent pas de chiffres sur le nombre de femmes enceintes qui font le voyage. Mais il est clair que les gens qui fuient la Syrie et d'autres pays ravagés par les conflits sont tellement désespérés que la grossesse, même à un stade très avancé, ne retient pas les femmes. Elles ressentent parfois même une urgence encore plus grande de fuir les conditions de vie horribles de pays comme la Libye, où les passeurs leur refusent souvent les soins médicaux, affirment certains travailleurs humanitaires.

En août, la Syrienne Amina Asmani a dû se battre contre des policiers anti-émeute macédoniens armés de matraques, afin d’accéder à un train avec son mari et son fils 10 jours, né sur une île grecque au cours de son voyage. « Les policiers nous ont finalement permis de monter seulement parce qu'ils étaient désolés pour le bébé », a-t-elle dit à l'AP.

Barbora Sollerova, une sage-femme qui travaille sur le Dignity I, le navire de Médecins Sans Frontières qui mène des opérations de sauvetage au large de Malte depuis la mi-juin, affirme qu’environ 10 % des femmes qui montent à bord sont enceintes. Récemment, son navire a secouru une Nigériane en plein accouchement qui a promis de prénommer sa fille Dignity, en hommage au bateau. L’équipe a également pris à bord un bébé âgé de 5 jours, né dans un centre de détention en Libye. Sa mère n'a pas été autorisée à se rendre dans un hôpital pour accoucher et a juste été aidée par sa belle-mère.

Certaines femmes mettent aussi au monde des enfants prématurés en raison du stress du voyage ou de la violence qu'elles endurent de la part des passeurs.

« Les femmes expérimentent de façon répétée des violences sexuelles, physiques et psychologiques. Elles sont utilisées comme travailleuses forcées. Elles sont privées de nourriture et n’ont souvent pas accès aux soins prénataux ou postnataux », a déclaré Sollerova. « Elles sont même souvent forcées à avoir des relations sexuelles non protégées, les exposant au risque de la syphilis ou du sida. »

Sollerova est convaincue que ces abus et un tel stress pourraient avoir un impact à long terme sur santé mentale de ces femmes et leur capacité à tisser les liens avec leurs enfants.

De futurs apatrides

Pour les bébés en bonne santé, il y existe également des risques juridiques potentiels pour ceux qui sont nés sur les routes en dehors de leurs pays d'origine. Certains parents fuient sans carte d’identité, si bien que les bébés ne se voient parfois pas délivrer de certificats de naissance. De plus, les femmes de certains pays, y compris de la Syrie, n’ont même pas le droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants, ce qui pose un énorme problème potentiel dans les cas où aucun père n’est présent. Les bébés ne peuvent pas compter sur l'obtention de la citoyenneté européenne, même si ils sont nés sur le sol européen, parce que les États européens accordent la citoyenneté fondée sur le droit du sang, à savoir la nationalité des parents. Il y a cependant quelques exceptions, comme la France qui donne souvent plus facilement la citoyenneté aux enfants apatrides que d’autres pays.

Certains enfants risquent donc d'être apatrides, une condition juridique qui affecte quelque 10 millions de personnes dans le monde, dont 600.000 en Europe. Les gens qui sont apatrides sont souvent incapables d'obtenir des documents d'identité et souffrent de graves limitations à leurs droits et à la liberté de circulation. Les travailleurs humanitaires invoquent parmi ceux-ci le droit d'aller à l'école, bien que cela ne doive pas être un problème en Allemagne.

L'ampleur de la situation n’est pas encore claire mais le HCR, l'agence onusienne pour les réfugiés, estime que le problème pourrait se développer au milieu de la plus grande crise de réfugiés que connaît l'Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

« Une naissance durant un voyage de migrant est non seulement extrêmement dangereux pour la santé, mais elle rend les enfants très vulnérables», a déclaré Fanny Dufvenmark, une experte en droit de la migration auprès de l'Organisation internationale pour les migrations.

Les personnes les plus à risque de devenir apatrides sont des enfants nés de mères syriennes dont les pères sont morts ou absents. En effet, la Syrie - dont beaucoup fuient désormais la guerre – n’octroie pas aux femmes le droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants, une forme de discrimination de genre encore pratiquée dans 27 pays. Ainsi, par exemple, une femme qui donne naissance en dehors de la Syrie alors que son mari est décédé ou a disparu dans le conflit, ne serait pas en mesure de transmettre sa nationalité à son enfant.

Le HCR indique que près de 70 % des enfants syriens nés au Liban, où de nombreux Syriens se sont réfugiés pendant la guerre civile, n’ont pas de certificat de naissance officiel, et que la situation est probablement aussi élevée dans les pays avoisinants.

Selon le HCR, certains réfugiés, qui sont incapables d'obtenir des certificats de naissance dans les pays d'accueil au Moyen-Orient, prennent des risques énormes pour résoudre ce problème, en organisant le passage clandestin de nouveau-nés vers la Syrie afin de les enregistrer comme si ils y étaient nés ou en y renvoyant des membres de leur famille pour obtenir ces documents critiques. De gens ont trouvé la mort dans ces tentatives.

« Le nombre d'enfants apatrides devrait croître compte tenu du nombre de Syriens fuyant à l'étranger », a déclaré Inge Sturkenboom, une experte de l'apatridie auprès de l'agence pour les réfugiés des Nations Unies. Elle-même et d'autres experts soulignent qu’il s’agit d’un problème dont les dimensions complètes n’apparaîtront que plus tard.

William Spindler, porte-parole de l'agence onusienne, affirme que le bon enregistrement des demandeurs d'asile une fois qu'ils sont en Europe est d'une importance vitale dans la situation actuelle « car au moins il y aura la preuve que quelqu'un est arrivé. »

Vanessa Gera, Associated Press (Nicholas Paphitis à Athènes contribué à ce rapport)

Malheureusement, face à ces drames, nos responsables politiques brillent par leur incapacité à apporter une réponse à la hauteur des enjeux et des valeurs européennes, tant ils sont paralysés par les discours de haine proférés par les extrémistes de tous bords et par l’illusion d’une Europe forteresse s'arc-boutant face au reste du monde.

Pour celles et ceux qui ont des doutes sur la capacité de l’Union européenne à prendre en charge dignement ces personnes qui fuient la guerre, et craignent une invasion incontrôlée de musulmans dans nos pays, je rappelle quelques chiffres.

L’Union Européenne compte 500 millions d’habitants. Jean-Claude Juncker a proposé de répartir 160.000 réfugiés entre les différents États membres.

La France accueillerait 24.000 réfugiés. Sur 66 millions d’habitants en France, cela représente un réfugié pour 2750 habitants. Cela représente une famille de Syriens avec deux enfants pour une ville de 11.000 habitants. Oui, juste une seule famille pour une petite ville française ! Malgré ces chiffres dérisoires, un certain nombre d’États européens s’obstinent à refuser ces quotas, en agitant des peurs irrationnelles auprès de leur population.

Quand bien même le nombre de réfugiés exploserait de façon incontrôlée, quand bien même il serait multiplié par dix en atteignant un chiffre démesuré d’un million et demi de réfugiés déferlant vers l’Europe, cela ne représente pas plus de dix familles pour cette ville française de 11.000 habitants. Plutôt ce céder à l'effroi face à un spectre d’invasions barbares et de hordes de migrants, il suffit de raison garder. Seules un peu de solidarité et une simple organisation sont à mettre en place pour accueillir ces personnes. A plus long terme, un accompagnement et un parcours d’intégration permettraient à ces réfugiés de se fondre dans la société française, et d’y apporter leurs compétences et leurs qualifications.

La liberté et le respect de l’être humain sont les fondements des valeurs de l’Union européenne. Elles se défendent par la main tendue aux personnes qui fuient la guerre et les exactions. Ni par la peur, ni par la haine. Ni par les barbelés.

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 17:52

Je vous laisse découvrir le très beau et très fort récit de naissance d'une jeune maman que je remercie beaucoup pour nous faire partager son vécu

Avant, encore un RAPPEL pour une journée éventuelle de massages le lundi 28 septembre:

Pensez à vous inscrire au 0629156379 directement auprès de Sylvie

Bonne lecture: n'hésitez pas à faire part de vos commentaires...

et bon week-end

Une journée pas comme les autres

Récit de naissances.. celle d'une petite merveille et celle d'une maman. Je tiens à partager cet événement car je suis reconnaissante d'avoir pu me nourrir des témoignages d'autres femmes en préparant cette étape puissante d'une vie. Je la raconte telle que je l'ai vécue, en toute authenticité par rapport à son intensité, la douleur, les doutes, les forces et faiblesses car c'est sa vérité et j'estime qu'un événement aussi important mérite de ne pas être sous-estimé ni édulcoré. Chaque femme, chaque naissance sont uniques, il paraît. Voici mon histoire...

Depuis que la naissance se rapprochait et se comptait en petites semaines, je me demandais si je pressentirais ce moment, et quand, (la veille ?.., le matin même ?... Est-ce que je sentirais en moi « oh, il se passe quelque chose en moi. C'est pour bientôt. » comme on peut sentir l'électricité dans l'air annonçant un orage) ou bien, continuerais-je ma vie sans m'en douter jusqu'au moment où les choses sérieuses commenceraient, avec les premières contractions ou une perte des eaux ? Et bien malgré une relation très intense et suivie avec mon corps et mon âme ces derniers mois, c'est de manière totalement imprévue que les choses sont venues. En dehors des dates prévues, que ce soit par les prévisions médicales, les intuitions...

Et c'est ainsi qu'un matin, alors que le programme de la journée était décidé et annonçait diverses sorties enthousiasmantes, c'est ainsi qu'à l'aurore, des premières douleurs se firent sentir dans mon bas ventre. Des premières sensations douloureuses diffuses, de la même trempe que les crampes menstruelles. Encore diffuses, mais suffisamment inconfortables pour empêcher le sommeil de revenir. Concentrée sur mes sensations, toujours sans ressentir d'appel en moi, je guettais ces douleurs qui se révélaient en discontinues. Elles venaient et repartaient. Finalement, elles pourraient ressembler à des contractions, et si ce n'est pas le cas, cela me semblait inquiétant. Au bout de 20 minutes je me lève pour gérer la douleur par le mouvement, et commence les aller-retours dans le couloir à écouter mon corps. Il devient clair que ce sont des contractions, et pour vérifier si ce sont des « vraies », je m'oriente vers un bain chaud qui atténuera un peu les douleurs dans le dos sans les ralentir ou les diminuer. Elles se précisent, sont très intenses et rapprochées (environ toutes les 5-6 minutes, d'une durée de 30-40 secondes). Alors que nous décidons avec mon compagnon qu'il restera avec moi, je profite des bienfaits de l'eau chaude en dansant sous la douche lors des vagues de contraction, et en me reposant et m'étirant dans le bain entre deux. En suivant mon instinct et en réutilisant tous mes apprentissages de ces derniers mois, j'utilise la respiration, profonde abdominale et dirigée vers le col et la sortie, les sons (des « aaaa » et des « ooo » vibrant dans le bas du ventre), les mantras « cette naissances se passe dans l'harmonie, la joie, l'amour... » « l'accouchement est rapide... » « je m'ouvre, je lâche » ainsi que la visualisation « une fleur qui s'ouvre, un tunnel ouvert doré et accueillant... ». Pendant ce temps afin de noter leur fréquence, j'annonce l'arrivée des vagues à mon compagnon qui finissait de préparer les sacs et chargeait la voiture. La douleur est vraiment intense, mais il me semble que ça avance, je me concentre sur le moment présent et le lien avec mon enfant, pour lui signaler que nous travaillons ensemble et qu'il sera bientôt parmi nous. Au bout d'une heure et demi, je sens qu'il faut sortir et aller à la maternité (Belvédère). Une fois sortie, je sais que je ne tiendrais pas en place, qu'il faut que ça avance. Départ immédiat à la maternité donc, après avoir croisé un voisin qui comprend bien ce qu'il se passe et nous souhaite bonne chance. En voiture, la position assise impose de redoubler de concentration sur le moment présent, la respiration. Ne pas penser à tout ce qu'il y a encore à surmonter, comment les choses pourraient évoluer, seulement être pleinement dans le présent à gérer ce qui vient, pas après pas. C'est le moment également de prévenir des proches que nous

sommes en route, afin de bénéficier de leurs pensées et énergies.

Arrivés à la maternité, après un premier examen qui permet de constater que le travail est bien avancé (je n'ai pas voulu savoir sur le moment pour ne pas me déconcentrer, mais la dilatation était déjà à 6 cm, 4 heures après les premières contractions) nous allons directement en salle de naissance. Bonne nouvelle, celle « nature » équipée d'une baignoire et d'une jolie fresque murale (et là on se dit que c'est si important ces décors peints qui font voyager!) est disponible et nous accueillera pour ce grand événement. De nouveau quelques examens, monitoring, antibiotique pour le streptocoque, puis la liberté de mouvement retrouvée. Car une naissance physiologique était notre souhait, avec la liberté de mouvement et l'absence de péridurale, d'interventions médicales. Une fois tranquilles, je prend conscience que maintenant tout se jouera dans cette pièce, c'est à la fois rassurant d'être si près du but et à la fois terriblement impressionnant car on ne peut plus reculer, la machine est en route ! Le passage des vagues se vit beaucoup mieux en ondulant du bassin (en dessinant des ronds ou des lémiscates -8-), accrochée à un radiateur en fonte et concentrée sur les sensations pour être pleinement présente, en respirant profondément et enchaînant les « oooo » et les « je lâche je lâche je lâche / je m'ouvre je m'ouvre je m'ouvre » pour lâcher mes peurs, doutes etc. pouvant empêcher le col de bien s'ouvrir. Je visualise également une fleur, un tournesol, qui s'ouvre et illumine ce passage pour aider et accompagner le bébé dans sa sortie.

C'est très douloureux, mais je ne veux pas trop me poser de questions. Je suis si concentrée, que je refuse dans un râle la proposition de mettre de la musique, celle là même pour laquelle plusieurs heures ont été consacrées à préparer divers cds (musiques festives, ensoleillées ou de méditation, d'ancrage, de mantras...). Le silence et mes propres sons deviennent ma bulle dans laquelle je me concentre autour de mon corps et du bébé. J'ai faim, n'ayant pas petit-déjeuner par précaution et craque pour un jus de fruits, que mon corps ne retient finalement pas.

Après un moment, je demande le bain chaud pour me soulager et faciliter la mobilité du bassin et l'usage de différentes positions pour détendre le dos. Pendant les contractions, mon compagnon me masse le dos, me tient la main, me serre contre lui. Et il respecte mes besoins, évite certaines paroles et gestes...le silence, juste le silence. Entre deux, il me parle et me change les idées, me fait rire. Alors qu'il se croit inutile, sa présence confiante et son amour m'aident à supporter la douleur, et j'ai confiance en lui pour oser être moi même et exprimer les choses à ma manière... je trouve le temps long, et c'est si intense et douloureux... j'espère que je tiendrais le coup, je me conforte en me disant « je peux y arriver, je peux y arriver ». Au bout d'une heure et demi, des poussées commencent, c'est nouveau et si violent, comme si tout le corps allait sortir. Je veux sortir du bain, bouger debout et appeler la sage-femme et l'aide-soignante pour être rassurée et accompagnée dans cette nouvelle étape. Je me demande si le bébé peut déjà sortir ?

Hors de l'eau, j'ai de plus en plus de mal à supporter la douleur, et demande l’acupuncture. On me dit que cela n'apaisera pas la douleur, mais accélérera les choses. En les intensifiant la fréquence et l'intensité... Cela me semble déjà si intense, je me demande si je supporterais, mais il faut que ça avance. L'aide-soignante m'encourage à respirer en faisant des « aaa » pour aider à lâcher et ouvrir le col. Un nouveau monitoring et la pose des aiguilles m'imposent d'être allongée, ce qui rend plus difficile la gestion de la douleur. En effet, après la dernière aiguille (sur le petit orteil de pied, une zone particulièrement sensible) le travail s'accélère avec la rupture soudaine et quasi immédiate de la poche des eaux. Les poussées sont de plus en plus fortes et impressionnantes. Je doute, c'est si éprouvant. La respiration en « S » soulage un peu, et il est de plus en plus difficile de visualiser. Je dis à l'aide-soignante que si ça continue, je vais

peut être craquer et demander la péridurale. Un nouvel examen révèle que je suis bien avancée, la sage-femme m'encourage à continuer. Mais peu de temps après, le monitoring note que le cœur du bébé ralentit un peu, ce qui fait dire qu'« il faudrait peut être mieux finalement poser la péridurale au cas où il faille une césarienne ». Une césarienne, ce que je redoutais (même si je m'étais préparée à tout, et aussi à ça), et en même temps je dois être honnête et avouer qu'une part de moi s'est alors dit « au moins, je serais soulagée de toute cette douleur et ce sera fini ! ». Mais il faut croire que ce bébé n'en voulait pas non plus, car les sensations sont devenues encore différentes, les poussées plus fortes et dans un mouvement de panique il nous a été demandé de retenir les poussées pour permettre à l'équipe de se préparer à recevoir le bébé. Tous les trois autour de moi vont alors me soutenir dans les dernières poussées pour me dépasser et accompagner la sortie de notre enfant. Ce fut un des moments les plus intenses et violents, à aller renforcer cet élan naturel d'éjection alors que les forces manquent et que le corps est éprouvé par ces heures de douleur intense. Grâce à eux, et toutes les bénédictions qui m'entouraient, quelques poussées plus tard feront voir le jour à notre petite fille, cette merveille de la vie posée sur mon ventre dans un grand soulagement. Moment magique, irréel, où le temps, les douleurs s'arrêtent. Elle est si grande ! Comment croire qu'il y a quelques instants, elle était lovée dans mon ventre ! Émotion intense et gratitude envers la Vie et cet être qui me semble si familier. Elle va bien elle est arrivée naturellement sans interventions et j'en suis si heureuse et reconnaissante. 8 heures 30 après les premières contractions.

Après un moment intime d'accueil de cet enfant avec mon compagnon, qui pourra lui couper le cordon, les choses sérieuses reprennent et doivent aussi il me semble être dîtes. Le placenta ne semble pas vouloir sortir seul malgré diverses solutions naturelles, y compris la première tétée, et l'équipe ne veut pas attendre trop longtemps. On parle à nouveau d'anesthésie (cette fois-ci une rachianesthésie) pour aller le chercher. L'anesthésiste est appelée, je suis un peu déçue mais tellement soulagée que mon enfant est été préservé d'une intervention que cet imprévu médicalisé me semble dérisoire. Mais mon compagnon me fait rire, impossible de me rappeler pourquoi, ce qui provoque l'expulsion soudaine du placenta contre toute attente (et sans réceptacle prévu...). L'anesthésiste arrive et attend le temps que la sage-femme vérifie l'intégrité du placenta. Des membranes semblent manquer à l'appel, elle préfère aller les retirer par précaution. La rachianesthésie est toujours à l'ordre du jour. Mon compagnon prend alors à son tour notre enfant en peau à peau pendant qu'on me prépare. Je suis submergée par l'émotion en les voyant tous les deux. L'anesthésiste croit que ce sont des pleurs de déception, mais en cet instant je suis si heureuse bien que très épuisée. Le répit accordé par l'anesthésie au niveau de la douleur des contractions qui continuent toujours un peu, ainsi que la sensation de brûlure provoquée par une petite déchirure naturelle fut donc finalement apprécié. La sage- femme récupéra donc le reste des membranes et réalisa quelques points de suture, avant une dernière toilette intime avant de pouvoir quitter la salle de naissance après les deux heures légales. Deux heures de tranquillité entre nous, à observer cet enfant et à se reposer. Le calme total. Enfin, notre enfant est pesé, séché et habillé, et nous pouvons rejoindre tous les trois, fiers et heureux, la chambre pour le reste du séjour.

Et là, commence une autre histoire, ou plutôt des histoires, qui parle d'allaitement (pas si facile finalement!), de montagnes russes émotionnelles, de l'apprentissage à être parents (pas simple non plus!), de pleurs, de croyances, de l'ego, de pertes de repères, de retrouvailles avec son corps, de choix à faire... car encore une fois, de la difficulté j'apprends et grandis ! Et n'est-ce pas cela aussi, être parent ? Avancer avec les défis quotidiens, en étant intensément immergé dans le moment présent... mais cela je peux le dire après deux mois de recul. Et je crois que quand on dit que l'intensité de l'accouchement prépare à celle d'être parent, je suis d'accord pour

ma propre expérience. Je ne m'attendais pas à autant, j'ai été et reste encore étonnée et même choquée par la violence de ces poussées, de cette force dans le corps pour donner la vie. C'est à la fois si beau et si brutal. Je ne regrette pas ce choix, cette expérience, aussi éprouvante a-t-elle été, m'a fait grandir et découvrir en moi une force et un courage que je ne me connaissais pas. En toute honnêteté et tant pis pour la modestie, je suis fière d'avoir réussi ce premier enfantement aussi rapidement et je sais que je pourrais compter sur cette force pour tous les futurs challenges de la vie, même si je la souhaite douce et harmonieuse. Mes prochains enfantements, je les envisage aussi physiologiques mais il me faut du temps pour retrouver mes forces et du courage ! Et nous nous tournerons à nouveau vers l'haptonomie qui nous a si bien préparés à l'enfantement, tout en rendant la grossesse plus enrichissante et merveilleuse. Et je suis profondément reconnaissante envers mon compagnon qui a été parfait et indispensable, l'équipe bienveillante qui a témoigné d'autant d'attentions et d'enthousiasme à nous accompagner dans notre projet de naissance, tous mes proches et relations qui nous ont entourés de leurs pensées et énergies, et envers cet âme qui nous a rejoint et s'est formidablement bien débrouillée en faisant preuve de détermination et de courage dans son épreuve.

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Published by irene.marraine
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