Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de irene.autour-de-la-naissance
  • Le blog de irene.autour-de-la-naissance
  • : échanger des vécus, des expériences autour de la grossesse, la naissance, l'allaitement, l'accompagnement haptonomique
  • Contact

Texte Libre

Recherche

22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 00:23

Un témoignage fort  d'une maman racontant ses "déboires" (le mot est faible!) avec une pédiatre de PMI malheureusement il en exite encore pas mal comme ce médecin  et l'allaitement n'est pas encore bien vu dans notre douce France (en comparaison avec tant de pays voisins) y compris dans le monde médical...

 

Dans un autre domaine, avez vous entendu l'émission sur France Inter sur les violences obstétricales? Ce charmant Pr Nizan s'était décommandé au dernier moment mais la "remplaçante" que le syndicat des gynéco a trouvé ne valait guère mieux (s'étant déjà abominablement illustrée dans son bouquin) Marie Hélène Lahaye s'est bien (nous a bien) défendue(s) et Martin Winckler, accusé (mais absent!) par cette "charmante" gynéco a écrit une réponse virulente et pertinente

Mais voici la lettre de la maman allaitante:

 

Borgo, le 13 juillet 2017
Madame,
J’ai eu rendez-vous ce jour avec vous à la PMI de Lucciana. Je suis rentrée chez moi depuis peu et je suis toujours outrée de ce qui s’est passé dans votre cabinet lors de la visite des un mois de mon fils. Tout d’abord, vous l’avez trouvé mignon, « un beau bébé », puis lorsqu’il est passé à l’épreuve de la balance, et de la mesure, Lino avait pris 1kilos500 et 5 cm depuis sa naissance (soit à l’âge d’un mois, un bébé pesant 4kilos250 et mesurant 52cm, soit le poids et la taille de certains bébés à la naissance). Sans mettre en connivence la prise de poids et la prise de taille, sans même regarder si son poids était dans les normes et suivait sa courbe (et c’est le cas). Vous avez déclaré que mon fils était trop gros qu’il fallait que je le mette moins au sein. Or, je ne suis pas censée vous apprendre que l’obésité, le surpoids en général n’existe pas chez l’enfant allaité, encore moins chez un bébé, un nouveau-né de 1 mois. Je ne suis pas censée vous apprendre que l’allaitement se fait à la demande et aux signes d’éveils, qu’un bébé allaité exclusivement n’a pas besoin d’eau, et donc qu’en période de fortes chaleurs (comme c’est le cas actuellement), il est normal que bébé réclame beaucoup. Ne pas lui donner, diminuer le nombre de tétées pourrait inclure, une perte ou une non prise de poids, mais surtout, cela lui fait courir le risque d’une déshydratation, en plus d’être inutile votre conseil est même dangereux.
Suite à cela, lorsque vous aviez fini d’ausculter mon fils et que nous nous sommes assis à votre bureau pour remplir le carnet de santé, Lino s’est mis à râler, en maman responsable, bienveillante et proche de mon fils, je l’ai pris et l’ai mis directement au sein. En me voyant faire, vous m’avez intimé l’ordre d’arrêter de l’allaiter, « on n’allaite pas dans mon bureau, il peut attendre. ». Je me suis emportée car effectivement votre comportement était inacceptable. Je vous ai demandé de répéter, vous avez continué de me dire d’arrêter d’allaiter, par provocation mais aussi en colère, je vous ai répliqué que non, que je n’arrêterais pas et que je n’imaginais pas votre réaction si vous me voyiez allaiter ma fille de trois ans. Suite à cela vous avez tenu des propos qui m’ont profondément heurtée, vis-à-vis de ma fille, qui, elle aussi est toujours allaitée. Selon vous,elle va devenir une « dégénérée », parce qu’elle a trois ans, que c’était « très grave ». Vous avez même osé proférer un : « On verra quand elle sera à l’école, c’est moi qui fait la visite ». Je ne savais pas qu’en tant que médecin c’était votre rôle de me menacer moi et ma fille de la sorte. Je suis donc ravie de voir que vous ne tenez pas du tout compte des revendications de l’OMS :
« Allaitement exclusif jusqu’aux six mois de l’enfant, suivi de la poursuite de l’allaitement en complément de la diversification alimentaire, jusqu’aux deux ans, ou au-delà. »
Vous avez entre autre osé me dire que le lait artificiel était équivalent à l’allaitement maternel, que le sevrage naturel se situait à six mois et des milliers d’autres inepties. Mais je me demande tout de même si vous n’êtes pas trop à la botte de l’industrie du lait infantile. J’espère que les congrès sont agréables et que les cadeaux sont sympas, ce serait dommage d’essayer de faire « foirer » des allaitements juste pour quelques broutilles. En tous cas, votre position vis-à-vis de l’allaitement n’est pas claire. Vous ne pouvez pas, vous n’avez pas le droit de proférer de telles paroles.
Je me suis certes énervée, j’ai perdu mon sang froid, mon calme, je suis sortie de votre cabinet en utilisant des termes peu agréables et sans vous laisser finir de remplir toutes vos observations sur le carnet de santé. Cependant, comment se contenir face à une professionnelle de santé, une pédiatre en prime, me refuse le droit d’allaiter sous prétexte que ça la dérange. Vous avez osé me dire d’aller allaiter dehors dans ma voiture, avec une chaleur avoisinant les 32 degrés dehors, donc globalement du 50 degrés à l’arrêt, garée en plein soleil ? Qu’il pouvait attendre, qu’un biberon ça prend 10 minutes à préparer donc que les bébés savent attendre. Rien ne vous choque dans votre attitude ?
Mais pire, au-delà de vos mots, et de votre bêtise. Comment faites-vous pour conseiller les mamans qui allaitent sur la bonne ou mauvaise prise du sein de leur enfant si la vue même d’une mère en train de nourrir son bébé vous dérange ? Comment pouvez-vous exercer en ayant si peu de compétence dans les rapports humains, en étant si peu informée sur l’allaitement maternel, mais surtout en distribuant de la désinformation à tout va ?
J’en suis à mon second allaitement, et vos conseils je ne les écouterai pas, de la même façon dont je n’ai pas arrêté d’allaiter mon fils dans votre bureau car cela vous dérange. Mon fils, passe avant votre petit confort. Vous avez porté atteinte à mes enfants, à mon rôle de mère, à ma condition de femme. Vous m’avez laissé sortir pleurante et tremblante de la PMI, uniquement par votre attitude totalement déplacée. Je vous revoie encore, « tout le monde le sait qu’on n’allaite pas dans mon bureau ! »
Et bien madame, avec tout le respect que je vous dois, j’allaite, j’allaite partout que ce soit dans votre cabinet ou au fond d’un bois, que ce soit chez moi ou au restaurant, que ce soit dans un commissariat ou dans un supermarché. Si mon enfant a faim, si mon enfant réclame, je le nourri. Quelque part, vous avez de la chance d’être tombée sur moi, car j’ai reçu de bonnes informations avant de vous voir et donc, je sais mettre à la trappe vos conseils idiots et dangereux pour certains. Mais, comment aurait réagi une mère en dépression post partum ? Comment aurait réagi une jeune maman peu informée ?
Madame, je vous écris une lettre, que je rends publique sur les réseaux sociaux, c’est pour cela que votre nom n’apparait nulle part, mais sachez que votre comportement sera aussi signalé à l’ARS ainsi qu’au Président du conseil départemental qui gère la PMI dans laquelle vous travaillez. Parce que je ne veux plus jamais qu’une femme ne se voit interdire d’allaiter, où que ce soit et par qui que ce soit. Parce que si la vue d’un enfant au sein vous dérange, changez de travail. Parce que Madame, il est inacceptable de vous voir continuer d’exercer sans remise en question de votre part, parce que le monde évolue, la science, les connaissances, les recommandations évoluent et que je ne laisserai pas pleurer mon bébé qui réclame le sein pour vous faire plaisir, mais une chose est sûre, je n’allaiterai plus dans votre bureau, car je n’irai plus, dans votre bureau.

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Partager cet article

Repost 0
Published by irene.marraine
commenter cet article

commentaires

Marie-Laure L 25/07/2017 08:16

Je trouve vraiment revoltant que des professionnels puissent agir ainsi